‹ Vie et aventures de Pigault-LebrunChapitre 26 sur 379 · ACTE I, SCÈNE XIll · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XIll

iiiîifvK. — Kn est-il un qui vous fasse uu orimc d'un moment ilc

faiblesse olVacé [Kii- (li\-liiiit ans lie vfilii-.?

1.A i:iro\RN^B iPtiRiicii HI-. — lltMireiise fille, tu ne eonnais pas l'état d'un cieui- touiineiiti' parle simveiiir «l'une faute iiiéparable ! Julien vivra ilaus l'aisanec; mais il ilevra tout a Déricnurl, à Dériciiurt cpie j'ai IniMipé, (|ue je trompe encore, et «|ue je ne peuv éclairer sur eet alïreux événement. Homme bienfaisant, épiuu sensible, il est loin <lc souproiiner <|ue ses ([ualités mêmes ajoutent à mes tourments.

liM.i.>ï à iHirl. — t^>ue son étal me louelie!

i.A OJTOVKNNK DhBicoi Kr. l'avoue eepcMilanl i|ue le mariai;c d'Adèle et de lilinvillc atloueit l'amerlume de ma situation : ma fille épouse un liomme aimable, elle sera lieureuse, et ee lien ealme des craintes i|ui devciiaii'nt plus vives eliaipie j(mr.

iiKLKNK. — là ijue pourriez-voMS eraimlre encore:'

LA ciToïK.Nst riKKu:oiiKT. — Tc l'avoucrai-je , ma elière Hélène? J'avais cru remar(|uer entre Ailcle et Julien de ces clioses i|ui ne ressemblent p.is à la siini>le amitié : rcijards furtifs, soupirs contraints, extrême c<uiliaiicc, extrême réserve, |;aielé sans cause, tristesse sans motif, la pâleur de la crainte, le coloris de l'espoir et tic la ]mdeur...

FRANCisijUK. — Vous Verrez qu'on ne |H)urra pas croire ce qu'on a vu et entendu.

iiKi.i;N«. — l'.t i|u'as-tu entendu? NUjons.

KHANCisoin. — Ailèle embrassait son pi're, et Julien était à >eS|;cnou>>-

iiKLKtiK. — (Ju'est-ce que cela prouve?

tiiAM:isi,irK. — Ou'on les marie.

iiKi.iNB ihiiuc. — Te tairas-tu avec tes suppositions?

rHANCisoi B. — Je suppose à présent ! El le noUiirc (|uc je vais elierclier ?

iiki,I;ne. — C'est pour le maria|;o d'Adèle.

f»AM:isouK. — Ave<- .lulien. ^

iiKi.J-\K. — Avei: lilinvillc.

r»AN(.isi,ii B. — Avec Julien, vous dis-jc. Il remerciait le citoyen Déricourt avec une tendresse, un feu, un...

uiaiM:. — Il l'associe à son commerce, et le notaire doit ilresser l'acte de société.

KKANCisyiF. (■Iiiniic. — lîali!

iiKi.KNE le cuntreftiisant. — Dali! Ailèle épouse lUinville; c'est une alVaire arrangée de ce matin.

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ADÈLE. — Voilà mon portrait, je le destinais à mon époux. Mon père t'a permis de l'être. (Acte II , scène XV.)

Rien n'échappe à l'œil d'une mère. J'ai frémi cent fois en pensant que le crime, ainsi que la vertu , peut être héréditaire; alors je me suis reproché d'avoir gardé près de moi ce malheureux Julien. Cependant, que pouvais-je faire? Trop fière pour confier ma faiblesse, trop tendre pour abandonner un enfant h qui, toute coupable qu'elle est, la nature devait une mère , j'ai mieux aimé exposer mon repos que son existence... ^Vlais Déricourt, Déricourt, qui parle de ma vertu, qui nomme Julien son second enfant, qui me remercie... l'affreuse vérité est loin de son cs])rit; clic est tout entière dans sa bouche, et me tue... Hélène, Hélène!

iiÉiiiNK. — Calmez-vous, de grâce, calmez-vous... Des larmes!

LA ciTovENNE DKRicin RT. — Jc u'ai pas même la triste satisfaction de leur donner un libre cours. Ah ! laisse-les couler, ces larmes que je ne puis verser (|ue dans ton sein!

hblLme se remettant très-promptement. — (^'est Francisque. Ucmettez-vous, rentrez.

LA CITOYENNE DKRicoi BT. — llélèuc , tu lu'aimeras toujours, tu me l'as promis. Je ne l'ai que trop allliijée de ma douleur; mais si j'ai perdu mes droits à ton estime, j'en ai encore à la sensibilité. (Hélène lui baise la main; elle l'embrasse et rentre.)

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