FIDÉLITÉ CONSTANTE ET ENTIÈRE AU CŒUR DE JÉSUS
Soyez aussi constamment fidèle à la pratique du bien que
1. Nous suivons ici Vital, quia séparé ce morceau de l'avis précédent. Mais nous pensons que les trois fragments reproduits ici, sous les nos V, VI et VII, ne formaient qu'un seul avis: Ms. 7, p. 111. — Languet, p. 274. — A et B, xxvm. Cette séparation en trois morceaux n'a pas d'importance, le texte restant exactement le même, et elle nous permet de suivre jusqu'au bout la classification du recueil authentique qui a été traduit à Rome.
vous connaissez ; vous savez assez tout ce que vous devez faire pour vous faire une grande sainte. J'espère que vous la serez avec le secours de la grâce ?A votre fidélité. Il faut pour cela mettre toute votre confiance au sacré Cœur de Jésus, y avoir tout votre recours en toutes vos nécessités, lui découvrant toutes vos peines comme un enfant à son père, car il vous a enfantée sur la Croix ; c'est pourquoi il ne vous abandonnera pas si vous ne l'abandonnez la première, ce que je sais que vous ne voulez pas faire.
Il désire que vous lui fassiez des sacrifices de tout ce qui coûte à la nature lorsqu'il vous en fournira les occasions, et s'il vous fait trouver de l'amertume et de l'inconstance dans les créatures, c'est parce qu'il vous aime et ne veut pas que vous vous attachiez à ce qui est périssable, mais à lui, qui seul peut contenter votre cœur, et il le contentera et le remplira à mesure que vous le viderez des créatures. Ah ! ma chère sœur, si nous pouvions comprendre l'ardent amour qu'il a pour nous et comme il fait bon l'aimer et d'être toute à lui, nous mépriserions bien tout le reste pour rendre du retour à son amour, en l'aimant plus d'effets que de paroles. Cet amour vous fera aisément embrasser toutes les occasions de mortification et d'humilité, comme des moyens qu'il vous présente pour vous unir à lui en vous sanctifiant. Ne conservez jamais aucun ressentiment envers les personnes dont il se sert pour vous les procurer.
Tâchez de vous former votre vie sur le modèle de l'humble douceur de l'aimable Cœur de Jésus ; unissez-vous à toutes ses saintes intentions, la pureté desquelles vous lui offrirez pour réparer tout ce qu'il pourrait y avoir d'imparfait dans les vôtres, soit à l'oraison ou ailleurs. Mais surtout, je vous conjure de ne point souiller votre langue d'aucun défaut de charité, de ne point faire de fauté avec vue, et lorsque vous en aurez fait, imposez-vous quelque pénitence.
Adieu, ma toute chère sœur. Si je pouvais contribuer en
quelque chose à votre sanctification, il n'y a rien, je vous assure, que je ne voulusse faire.
Soyons donc tout à Dieu par amour, tout à nos supérieures par soumission et tout à notre prochain par charité !
Une chose que je vous demande encore : c'est de ne vous point troubler ni décourager dans vos fautes, mais d'aimer et chérir l'abjection qui nous en revient, laquelle est toute puissante pour nous unir au sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Voilà, ma chère sœur, ce qui m'est venu en sensée pour vous dire. Je prie sa bonté de tirer sa gloire de tout, et vous, de ne me pas oublier en sa présence.