‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 266 sur 284 · Acte de contrition vers le Cœur de Jésus-Christ · texte numérisé non relu

Acte de contrition vers le Cœur de Jésus-Christ

O très sacré et adorable Cœur de Jésus, me voici humblement prosternée devant vous, avec un cœur contrit et pénétré de la vive douleur de vous avoir si peu aimé et tant fait d'injures par mes égarements, ingratitudes, perfidies et autres infidélités, par lesquelles je me suis rendue indigne de vos miséricordes et de toutes les grâces et faveurs de votre pur amour. Et la honte et le regret que j'en ai ne me laissent d'autre parole pour m'exprimer, sinon de vous dire : J'ai péché contre vous. J'ai péché, ayez pitié de moi qui suis indigne de toute miséricorde. Ne me condamnez pas pourtant, ô Cœur divin, plein de charité. Je vous conjure de signaler l'excès de vos bontés en faisant grâce à cette pauvre

criminelle que voici devant vous comme anéantie dans l'abîme de son néant et de sa misère. Hélas ! ô sacré Cœurr j'ai péché contre vous. Mais ne m'abandonnez pas à la rigueur de votre justice, qui infailliblement punirait mes manquements d'amour envers vous par la privation éternelle de ce même amour. Ah ! que plutôt tous les tourments, peines et misères viennent fondre sur moi, que d'être un seul moment privée de vous aimer! Et puisque c'est vous, ô Cœur divin, source d'amour, qui avez reçu l'injure de toutes mes infidélités et de mon peu d'amour, prenez donc soin vous-même de vous venger. Et si vous voulez me condamner à brûler éternellement, j'y consens, pourvu que ce soit dans les feux dévorants de votre pur amour. O Cœur pitoyable, sauvez-moi par l'excès de vos miséricordes. Ne me laissez pas périr dans le déluge de mes iniquités. O Cœur d'amour, je crie à vous de l'abîme de ma misère : Sauvez-moi par votre ardente charité. Sauvezmoi, je vous en conjure par tout ce qui est en vous de plus capable à vous inciter à me faire cette grande miséricorde. Ayez donc pitié de cette pauvre criminelle qui attend son salut de vous.

Hélas ! sauvez-moi donc, ô Cœur miséricordieux, à quel! prix que ce soit. Sauvez-moi et ne me privez pas de vous aimer éternellement. Que plutôt tous les moments qui me restent de vie ne soient qu'amertume et douleur et affliction.

Mais ne suis-je pas assez punie d'avoir aimé si tard un Cœur si plein d'amour ! et j'ai tant de regret de vous avoir si ingratement offensé, mon souverain Bien, pour l'amour de vous-même, que je voudrais avoir souffert toutes les peines de l'enfer, dès le moment que j'ai commencé à pécher, pour me servir de préservatif, plutôt que d'avoir tant commis de péchés, quoique j'espère que votre miséricorde m'ea exemptera. C'est de quoi je vous prie, en vous criant merci de tout mon cœur. Pardonnez, pardonnez donc, s'il vous

plaît, à ce pauvre cœur affligé qui a mis toute sa confiance et n'a d'espérance qu'en vous. 0 Cœur de Jésus, mon Sauveur, exercez sur moi cet office qui vous coûte si cher, et ne perdez pas le fruit de tant de peines et dune mort si douloureuse. Mais honorez-la dans mon salut, afin que mon coeur vous puisse aimer, louer et glorifier éternellement. Soyez donc, ô sacré Cœur, notre refuge et notre secours, maintenant et à l'heure de notre mort.

Prenez ma cause en main ; justifiez-moi et détournez les rigueurs que mes péchés ont méritées. Hélas ! vous êtes mon vrai ami ; répondez et payez pour moi. Retirez-moi de cet abîme où mes péchés m'ont déjà précipitée. Ecoutez, écoutez donc, s'il vous plaît, les gémissements de ce pauvre cœur affligé qui espère tout de votre bonté. Et si votre justice le condamne comme indigne de pardon, il en appellera au tribunal de votre amour, étant prêt d'en souffrir toutes les rigueurs, plutôt que d'être un seul moment privé de vous aimer. Coupez, brûlez, tranchez ; pourvu que je vous aime, cela seul me suffit. N'épargnez ni mon corps, ni ma vie, lorsqu'il s'agira de votre gloire. Je suis à vousr ô divin et adorable Cœur. Opérez donc mon salut, je vous en conjure; et ne m'abandonnez pas à moi-même, en punissant mes péchés par de nouvelles rechutes dans ces mêmes péchés. Ah ! plutôt mille morts que de vous offenser, vous que j'aime cent fois plus que ma vie!

Hélas ! quelle gloire vous donnerait la perte d'un chétif atome ? et vous en sera une grande de sauver une si misérable pécheresse. Sauvez-moi donc, pur amour, car je vous veux aimer éternellement, à quel prix que ce soit. Oui, je vous veux aimer, quoi qu'il m'en doive coûter, je vous veux aimer de tout mon cœur.

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