LE PÈRE DE MARGUERITE
Claude Alacoque, né le 27 mars 1615 aux Janots de Lhautecour, épousa Philiberte Lamyn. Le contrat est du 15 mai 1639.
C'était un homme de bien, recommandable par sa piété. Il avait conquis par sa droiture et sa capacité l'estime et la confiance de la noblesse des environs qui lui avait confié l'administration de la justice de la plupart des seigneuries voisines. C'est ainsi que nous le voyons qualifié de « Juge du Terreau, de Corcheval, de la Roche, de Pressy-sous- Doudain et de Marchizeuil ».
Notaire royal en résidence à Lhautecour, il était le notaire ordinaire des seigneurs du Terreau et de Corcheval, comme on peut juger par les archives de ces deux maisons.
Il était charitable, dans une fortune médiocre : l'avoir de M'"*' Alacoque, après la mort de son mari, était évalué à six cents livres de rente.
Nous avons des témoignages de l'estime dans laquelle le tenaient ses collègues et ses chefs, dans une lettre de M" Philibert, notaire à Pressy-sous-Dondain — 16 août 1655 — et dans deux lettres, en date du 14 juin 1652 et du 7 mai 1654, de M*' Philibert Droyn d'Espierres, pre- -mier lieutenant général civil et criminel au bailliage du
LA FAMILLE ET LE PAYS DE LA lUENIIEUREUSE 48î
Charollais, au tribunal duquel ressortissaient les sentences judiciaires de M. Alacoque.
Dans un procès soutenu plus tard par la veuve, l'avocat reprochait aux habitants de Verosvres leur ingratitude pour les services rendus au pays par feu M. Alacoque.
Nous savons que dans son testament il eut des souvenirs pour ses enfants, notamment pour Marguerite, comme on I apprend par une clause de son propre testament à elle :
« Iteniy donne et lègue à honneste Jacques Alacoque son Irère... un lit tel qu'il lui a esté donné par le testament dudit delTunt, M^ Claude Alacoque son père. »
Marguerite-Marie, qui avait passé plusieurs années chez sa marraine, était rentrée dans la maison paternelle quand son père mourut. L'acte mortuaire ne se trouve point aux registres de Verosvres ; on n'a donc pas la date précise de sa mort. Cependant, d'après diverses pièces authentiques, on peut la placer vers le 10 ou 11 décembre 1655. Le médecin fut mandé près du malade le 7 décembre et paraît avoir fait sa quatrième et dernière visite le 10 du même mois. Selon la nature des remèdes fournis — on a le mémoire de lapothicaire de Charolles — on peut conjecturer qu'il fut emporté par une fluxion de poitrine. Il n'avait pas achevé sa 41® année. 11 fut inhumé dans l'église de Verosvres « audessous les saints fonts baptismaux, joignant la muraille». On le sait par les actes de sépulture des deux frères aînés (le Marguerite et de sa mère: 24 avril 1663 — 25 septembre 1665 et 27 juillet 1676, lesquels mentionnent le lieu précis de la sépulture du chef de la famille.
M. Alacoque avait encore agrandi la situation déjà fort honorable de sa famille, développé les relations d'amitié des Alacoque avec les maisons seigneuriales du voisinage. Sa fille, notre chère Bienheureuse, fut tenue sur les fonts du baptême par dame Marguerite de Saint-Amour, épouse de M. de Fautrières, seigneur de Corcheval, lequel signa l'acte de baptême. Un de ses fils, Claude-Philibert, avait eu
Marjnerile-Marie Alacoque. — III. 31
pour marraine Couronne d'Apchon, épouse du seigneur du Terreau. Une autre fille, Gilberte, morte en bas âge, avait été tenue sur les fonts sacrés par Gilberte Arleloup, dame du Terreau.
Les Alacoque, comme les principales familles de la bourgeoisie de ce temps, avaient leurs armes parlantes : « D'or à un coq de gueules en chef et un lion de même en pointe. » D'Hozier ^ assigne ces armes à Ghrjsostome Alacoque, maire perpétuel du Bois-Sainte-Marie, frère de notre Bienheureuse. On les voit sur les murs de l'appartement des Janots transformé en chapelle, sur le sceau d'une lettre de Jacques Alacoque à son frère Ghrjsostome, en date du 14 février 1678, et aussi sur le portrait de la Bienheureuse possédé par la famille Dulac de Savianges. Ces armoiries auraient été primitivement: (( D'azur à un coq d'or en chef et, en pointe, un lion de même, armé et lampassé de gueules. »