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LA PAROISSE NATALE ET LE PAYS DE LA BIENHEUREUSE MARGUERITE -MARIE

VEROSVRES

Dès le xi'^ siècle on trouve, dans un pouillé du diocèse d'Autun, le nom de Veraurus. Un autre pouillé du :x[V^ siècle donne Voroure (Vorovre), dans l'archiprêtré de Bosco (Le Bois-S^'^-Marie). Divers titres en latin, du XV® siècle, portent Voroura (Vorovra). On va voir qu'à la fin du xvii'', à l'Evêché d'Autun, on écrivait Verôure (Verôvre). Mais dès le commencement de ce même xvii*' siècle — les registres de catholicité de la paroisse en font foi — on écrivait communément Verosures (Verosvres).

Une feuille de visite, retrouvée récemment aux Archives de l'Evêché d'Autun donne des détails intéressants sur cette paroisse — trois ans après la mort de notre Bienheureuse — nous la reproduisons intégralement. Verôure ^ Le sieur curé de Verôure s'appelle M^i

j693 Antoine Alacoque, natif de la paroisse

d'OzoUe, diocèze d'Autun, âgé de cinquante-cinq ans, curé dudit lieu du despuis vingt-trois ans. Il y a quatre cent cinquante communiants. Tout le revenu peut valoir cinq à six cents livres. Le patron de l'Eglise est S^ Bonnet. Le collateur de la cure est lel

1. La paroisse de Verosvres dépendait de Tarchiprêtré du Bois- Sainte-Marie.

LA rA.Mii.i.i: i:i i.i; i'a\s m: i.a i!ii;Mii;nu:i:si: (iD-*!

-icristain de Cluny '. Une partie de la paroisse est du bailliage de Màcoii, du Parlement de Paris, de l'intendance de Dijon. L'autre partie est du l)ailliage de Gharolles, du Parlement et de l'intendance de Bourgogne.

On y fait le catéchisme.

Il n'y a ni vicaire ni annexe.

Il n'y a aucun bénéfice de nomination rovale.

Dans l'église est la chapelle de Nostre-Dame-de-Pitié^ où ledit curé doit, par semaine, deux messes, moyennant un dixme qu'il lève, qui est admodié environ trente mesures rde seigle.

Dans l'étendue de la paroisse il y a le prieuré de Dromp-

vent, dont est prieur M^ Claude Delaforest, prestre, dont

[ il retire par an environ cinquante écus, à la charge d'y

1 dire une messe tous les quinze jours. La chapelle est assez

I propre.

Dans le Chasteau du Terreau il y a une petite chapelle non fondée et où l'on dit quelquefois messe ; médiocrement ornée.

6« et 7"

Il n'y a ni couvent ni chapitre.

Il est à croire que tel était à peu près l'état de la paroisse, quarante six ans plus tôt, à la naissance de Marguerite

i. Le pouillé du xiv« siècle, dont il est question ci-dessus, donne comme patron ou collateur de la cure de Verosvies : prior de Massi' lias, le prieur de Mazille. Il était peut-être en môme temps sacris-

itainrle C7wai»/. Cependant on trouve dans ce pouillé une autre paroisse

iquia pour collateur « Sacrisla Clur/niacensis ».

Alacoque. Le curé était alors x\ntoine Alacoque, oncle de celui qui est signalé dans l'acte de visite, lequel lui avait succédé en 1670. Lui-même était neveu de Jean Alacoque qu'il avait remplacé à la tête de la paroisse.

Il y eut donc trois x\lacoque successivement curés de Verosvres :

1^ Jean, grand oncle de Marguerite. Les registres de catholicité de Verosvres qui commencent en 1611 portent sa signature comme curé, et il continue à signer les actes,, en cette qualité, jusqu'au 30 décembre 1637 ; après quoi, ili en signe encore quelques uns comme « ancien curé » oui « prêtre de Verosvres ». Le 4 janvier 1646, en vertu d'un acte reçu par Claude Alacoque, notaire royal à Verosvres, , il devint aumônier des chapelles du Terreau, sises tant dans l'église dudit Verosvres que dans l'enceinte du Château du Terreau. Après sa mort il fut inhumé dans l'église de Verosvres, le 9 mai 1649.

2® Antoine, neveu du précédent et cousin germain du père de Marguerite, né en 1607, signe les registres paroissiaux, le 6 novembre 1633, comme « prêtre de Verosvres », en 1636 comme « curé de la Chapelle-sous-Dun » et, le' 30 décembre 1637 comme « curé de Verosvres ». Il baptisa, le 25 juillet 1647, sa petite parente Marguerite^ dont il fut le parrain représenté par Toussaint Delaroche oncle de l'enfant. Démissionnaire de sa cure, le 3 janvier 1670, il décéda à Verosvres et fut inhumé dans l'église, le 17 septembre 1672.

A en juger par certains traits échappés à la B^^ Margue-^ rite-Marie dans son autobiographie et surtout en lisant entre les lignes, on comprend aisément que ce bon curé n'était ni très instruit ni très zélé. Nous savons par ailleurs qu'il maria sans dispense sa cousine Benoîte Alacoque avec Toussaint Delaroche malgré un empêchement de consanguinité du 3^ et peut-être du 2^ degré. 11 fallut revalider lei mariage plus tardi

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Il u criait à son prune » — c'est la Hienheureuse qui le rapporte — qu'on ne pouvait communier à la messe de minuit de Noël si on n'avait pas dormi auparavant.

Il refusait de recevoir fréquemment la jeune Mar<;uerite au saint tribunal et éloit^nait ses communions. Il l'aurait plus volontiers détournée de sa vocation qu'encouraj^ée à la suivre. La façon dont il rédigeait ses actes, jointe à tout le reste, nous donne l'idée d'un curé « bonhomme ».

3^ Antoine, né à Gloudeau, paroisse d'Ozolle, neveu du précédent et cousin issu de germain de Marguerite, baptisé à Verosvres le 4 avril 1641, eut pour parrain le curé son oncle. Le 28 mars 1661, il signe un acte de baptême : « clerc audit Verosvres ». Il avait été parrain et Marguerite marraine. Le 29 janvier 1665, il signe aux registres paroissiaux comme « prêtre de Verosvres » ; le 3 janvier 1670, comme curé et pour la dernière fois, en cette qualité, le 22 mai 1712. Cependant le certificat de confirmation de Marguerite, produit le 22 juillet 1715 et délivré en date du 19 i^eptembre 1714, porte encore la signature : « Ant. Alacoque prêtre, curé de Verosvres. » Il mourut à Chalantigny, paroisse de Suin, le 30 octobre 1718.

On a vu dans l'acte de visite ci-dessus qu'il y avait à l'église paroissiale de Verosvres une chapelle, c'était la chapelle seigneuriale du Terreau. Les seigneurs du Terreau, ayant donné l'emplacement de l'église et du cimetière, se l'étaient réservée avec un caveau mortuaire. Elle est appelée dans l'acte de visite : chapelle de Notre-Dame-de- Pitié ; dans d'autres actes on lui donne le vocable de Saint- Laurent. Il ne faut pas la confondre avec une chapelle sise dans l'enclos du château du Terreau et placée sous le vocable de saint Denis. Il y eut plus tard une chapelle dans les bâtiments mêmes du château ; elle fut bénite par Mgr de Montazet, évêque d'Autun, le 16 juin 1752.

On remarquera le chiffre de 450 communiants attribués en 1693 à la paroisse de Verosvres, ce qui indique une

population totale de 600 habitants. Le dernier recensement du xix^ siècle a donné un chiffre de 1 173 habitants.

Verosvres faisait partie du Charollais ; cependant quelques uns de ses hameaux relevaient du bailliage du Maçonnais. Le principal seigneur était le châtelain du Terreau qui faisait rendre la justice à Lhautecour. La justice seigneuriale du Terreau ressortissait en première instance au bailliage de Gharolles et en appel au parlement de Dijon. Les sentences rendues pour la partie mâconnaise ressortissaient en première instance au bailliage de Mâcon et en appel au parlement de Paris. D'autres seigneurs moindres, les d'Essertines, les Bazas de Montot, les Droyn d'Espierres, le prieur de Drompvent, faisaient rendre la justice sur leurs terres.

L'ancienne église de Verosvres a disparu et la nouvelle a été construite à la même place, en 1858-59. Au reste, déjà en 1760 on avait Mémoli la nef de l'église où avait prié Marguerite, pour la reconstruire sur de plus grandes proportions. On avait déjà probablement fait disparaître les fonts baptismaux où Marguerite avait été baptisée. Le chœur seul de l'ancien édifice subsistait donc en ce siècle. Quelques auteurs regrettent qu'on ne l'ait pas conservé, comme on a fait depuis, d'une façon très intelligente, à Monthelon, où le chœur de l'ancienne église contemporaine de S^^ Chantai, est devenu une sorte de transept de la nouvelle église.

La vérité est que rien ne pouvait demeurer debout del'ancienne église de Verosvres. C'était une ruine irréparable.

Les registres de catholicité de Verosvres mentionnent sept fois Marguerite comme marraine et la signature se trouve quatre fois au bas des actes.

1*^ Le 4 juin 1654, elle fut marraine de sa cousine Marguerite Delaroche, second enfant des Delaroche-Alacoque. Elle n'avait pas encore sept ans et ne savait peut-être pas écrire — point de signature.

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