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SAINT-PIERRE DE ROME, LE 18 SEPTEMBRE

Il y avait effectivement d'immenses préparatifs à faire pour ce grand jour. Il fallait mettre « en réquisition et les

précieuses lenlures, et les harmonies de la musique, et les créations do la pointure, ot les foori(|ues illuminations » dont Rome a le secret. Quand lo jour fut venu, on voyait au frontispice do Saint-Pierre, comme au fond du sanctuaire, limag'e voilée de la Bienheureuse, peinte sur toile et dans dos proportions en rapport avec le monument. D'autres tableaux dans l'intérieur et de remarquables inscriptions rappelaient partout les vertus et les miracles de Mari^uerite-Marie. Dix mille bougies illuminaient l'édifice et dessinaient les grandes lignes. A dix heures, la procession entrait dans le sanctuaire, fendant les Ilots d'un peuple immense. Les treize cardinaux de la Congrégation des Rites sacrés et les prélats ou religieux consul teurs, le cardinalarchiprêtre et le chapitre de Saint-Pierre, et les évêques, etc., prennent séance. Le postulateur prie le cardinal-préfet d'ordonner que lecture soit donnée du décret apostolique qui élève Marguerite-Marie au rang des Bienheureux. La permission accordée, un prêtre lit d'une voix sonore et solennelle « ces quelques pages, magnifique abrégé de la vie et des vertus de l'humble Servante de Dieu, » Puis tout à coup, quand l'archevêque officiant entonne le Te Deum, les cloches sonnent, le canon du château Saint-Ange leur répond, le voile tombe et laisse apparaître le visage de notre Bienheureuse montant au ciel ; les cœurs sont doucement saisis et les larmes sont dans tous les yeux.

Le Saint-Père, dont les ordres avaient été si magniOquement exécutés, vint lui-même, à quatre heures et demie, offrir ses hommages à la nouvelle Bienheureuse et implorer son secours. Sa Sainteté était entourée de tout le sacré collège; le clergé et le peuple étaient là comme le matin. Quand Elle eut prié quelques instants^ Mgr l'évêque d'Autun vint lui offrir à genoux nos humbles présents, et lui témoigner de nouveau le fdial dévouement de son Eglise à la personne sacrée du Saint-Père et à la sainte Eglise romaine. Le souverain Pontife exprima de son côté les

vœux qu'il faisait pour raccroissement de la dévotion au sacré Cœur, et accorda une bénédiction particulière à Mg notre évêque, à son diocèse et à tous les Monastères de la Visitation. Puis après une fervente prière, il se retira avec son cortège.

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