PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE FRANCE
Messieurs,
C’est un devoir pour le Président de la Société géologique de France de s’associer aujourd’hui à ceux qui témoignent à M. Hippolyte Grosse de leur respect, non pas tant parce qu’il fut membre de notre Société pendant cinquante ans, que parce qu’il a rendu de réels services à la Paléontologie.
Animé dès l’enfance d’une vive passion pour les sciences naturelles, et, en particulier, pour la Conchyliologie, M. Hippolyte Grosse eut l’heureuse fortune de pouvoir consacrer tout son temps à ses études de prédilection. Il eut la grande sagesse, étant dépourvu d’ambition, de ne rechercher aucune position officielle, où l’on s’engage parfois, dans l’espérance de trouver des facilités de travail, et où l’on ne rencontre le plus souvent que des occasions de s’en distraire.
Les travaux de M. Hippolyte Grosse, presque tous
relatifs à des coquilles vivantes, dénotent un esprit méthodique dont malheureusement la Paléontologie n’a guère profité. Cependant cette science lui doit beaucoup.
En effet, M. H. Grosse eut le rare mérite de faciliter la publication de nombreux mémoires de Paléontologie. Etant devenu directeur, avec son ami Paul Fischer, du Journal de Conchyliologie, il y accueillit un grand nombre de communications relatives aux coquilles fossiles. Il me suffira de rappeler les noms de quelquesuns des paléontologistes qui ont écrit dans ce recueil, de d’Orbigny, Deshayes, Hébert, Bayle, Tournouër, P. Fischer, à ne citer que les morts, pour expliquer comment cette publication est arrivée à jouir d’une égale estime parmi les géologues comme parmi les zoologistes. Plusieurs des mémoires publiés, en particulier ceux relatifs aux faunes tertiaires, tirent en grande partie leur intérêt de la comparaison faite entre les coquilles fossiles et les coquilles vivantes ; de pareilles études, un peu spéciales, ne pouvaient trouver place dans le Bulletin de la Société Géologique. Grâce à M. Hippolyte Crosse, elles ont vu le jour, et c’est un devoir pour nous de le rappeler, car c’est un titre qu’il s’est acquis à notre reconnaissance.
Il est encore une raison pour laquelle nous devons rendre hommage à M. Hippolyte Grosse. Ce fut un de ces amateurs dont le nombre va malheureusement en diminuant, qui ont pour la science un véritable culte, d’autant plus beau qu’il est absolument désintéressé; ils se tiennent pour satisfaits si par leurs découvertes ou leurs travaux, ils lui ont été utiles.
S’il faut juger les hommes de science, non par les honneurs qu’ils ont reçus, ni par les fonctions qu’ils ont remplies, mais par les progrès qui leur sont dus, même indirectement, M. Hippolyte Crosse a sa place marquée à côté de savants dont cependant les noms sont plus connus que le sien.
Le bonheur qu’il goûtait au milieu de sa famille et de ses amis le retenait chez lui; il venait très rarement aux séances de la Société Géologique, trop rarement, puisque beaucoup d’entre nous n’ont pas eu le plaisir de le connaître ; mais, du moins, ils le connaissent pour les services qu’il a rendus à la science. N’est-ce pas là une part de renommée qui suffirait à beaucoup d’entre nous et qui fait que le nom de M. Hippolyte Grosse restera parmi les plus honorés ?
"ri ...
'/■■* : .' ru*^U^\ "P-^ i^.
0 "■: ''V'^-#gg
-.■ i •■ ''iKï.’ "■'i;
■'?' - .' ■- ’Ÿ'ïS *%-■ ■', .'■ '’’ '‘^/’ '■■■' ,' .i' .'■■ '
■ - '•.<’ •^■.■ir'' i»} *.».