‹ Vie intime de Pie XChapitre 18 sur 49 · CHAPITRE X L'ÉLECTEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE X L'ÉLECTEUR

SoM.NfAiRE. — Le rôle des Cardinaux au Conclave. — L'installation des cellules au Vatican. — Les conclavistes. — L'entrée en Conclave. — Les prières. — Le serment. — Le Maréchal du Conclave. — Extra omnes. — La clôture. — L'étoile du cardinal Sarto.

Le Conclave est, après le Concile, la plus solennelle des réunions dans lesquelles des hommes s'assemblent pour parler au nom de Dieu, disait le cardinal Sarto, dans son allocution aux nouveaux ordinands de Venise, le jour où il partit pour Home. Cette pensée surnaturelle fut la règle directrice de sa conduite, dans l'œuvre apostolique d'électeur, qu'il allait accomplir.

Ce n'est pas, en elVet, une oeuvre ordinaire que la création d'un Pape. Il y a dans cette confection, au sens latin du mot, comme dans

la confection du Christ à la Messe, quelque chose de divin, qui est accompli par des hommes. Mais ces hommes agissent au nom de Dieu; et c'est pour leur rappeler cette vérité que rÉglise a prescrit aux Cardinaux réunis en Conclave de recevoir en eux, par la Communion, le corps même du Christ, avant de procéder aux votes.

Un seul titre, en effet, convient aux Cardinaux qui entrent en Conclave, et ce titre est une appellation d'honneur : ils sont électeurs. Leur rôle entier se résume en cette fonction : l'élection du Pape, ils ne détiennent une parcelle du pouvoir que pour la mettre dans le calice, d'où sortira — mystérieux symhole — le Pape nouveau. Aussi, chacune des opérations qui s'accomplissent au Conclave est-elle accompagnée d un rite mystérieux, qui la rend vénérable.

Et d'abord, Tentrée en Conclave; c'est la première cérémonie de la grande assemblée.

Elle était autrefois la plus grandiose.

A travers les rues de Home, les Cardinaux, en équipage de gala, — comprenant pour chaque prélat trois voitures à deux chevaux, — formaient

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une procession qui se déroulait à l'cxlrrieur comme aux jours des grandes fêtes. Depuis le deuil de l'Eglise, le gala a été réduit a une seule voiture a deux chevaux, mais un usage est resté de l'ancien temps : pendant la vacance du Saint-Siège, les Cardinaux ne doivent admettre personne à leurs cotéa dans leurs carrosses : les secrétaires et les invités s'asseoient en face.

Dans le cadre restreint de son installation provisoire, le dernier Conclave a présenté cependant encore quelque chose de grandiose et d'imposant.

Il avait été préparé dans le palais du Vatican. Ce n'élait point chose facile que de trouver soixante-quatre appartements — car tel était le nombre des Cardinaux qui devaient entrer en Conclave — dans les bâtisses sans ordre qui composent l'agglomération vaticane. ordinairement peuplée déjà de secrétaires, de soldats et de domestiques ; d'autant qu'il fallait ne point interrompre les services ordinaires des administrations palatines, beaucoup plus chargées en temps de vacance du Saint-Siège que sous le • règne du Souverain Pontife.

On parvint cependant à les trouver. Tout autour de la cour Saint-Damase, on disposa les anciens bureaux, les dépôts d'armes, les infirmeries militaires, les locaux inoccupés, en petits appartements composés de trois pièces. C'était mieux que l'ancien aménagement, qui consistait à dresser des cloisons en planches dans les grandes salles.

Chaque Cardinal put ainsi avoir un salon et une chambre, avec une autre chambre pour le personnel de service.

L'ameublement fut des plus modestes : un simple fauteuil de bureau, avec un canapé et quelques chaises paillées pour le salon ; un lit en fer avec sommier métallique, une table de toilette et une armoire en bois blanc pour la chambre à coucher. La literie des Cardinaux et celle des secrétaires était la même; seulement le lit des maîtres était recouvert d'une housse de soie, et celui des serviteurs d'une courtepointe de laine. C'étaient des cellules monacales plutôt que des appartements princiers. Et c'était bien ce qui convenait à ces successeurs des Apôtres, venus pour choisir celui qui ne doit porter désormais pour tout titre d'honneur,

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en co monde, que le seul titre de « Serviteur des serviteurs de Dieu ».

Tous ces appartements nume'rotés furent tirés au sort par les Cardinaux. Aucun droit, aucun privilège, pas môme pour le Camerlingue, ne distingue les anciens d'avec les nouveaux. Par déférence, cependant, pour les Cardinaux installés au Vatican, on leur laissa leurs appartements, mais encore durent-ils en céder une partie pour les nouvelles transformations. C'est ainsi que la Secrétairerie d'Etat se trouva divisée en plusieurs pièces.

Le sort assigna précisément au cardinal Sarto le numéro 57, attribué à l'appartement situé au-dessus des appartements privés du dernier Pape. Cette coïncidence fut remarquée.

Pie X, en souvenir de son humble position, a voulu garder, pendant plus de deux mois après son élévation, la petite cellule d'électeur, qu'il avait eue au sort, avant de s'installer dans les grandes pièces réservées au Souverain Pontife dans le Palais du Vatican.

C'est dans celte modeste chambre que nous Je vîmes, au lendemain de son élection, et qu'il nous fut donné de baiser sa main. Il y avait là,

dans celle inslallation qui rappelait celle de saint Pierre arrivant à Rome et logeant chez des étrangers, quelque chose de parliculièrement émouvant.

Les Cardinaux de la Sainte Église Romaine avant droit dentrée en Conclave étaient, en août 1903, au nombre de soixante-quatre. Nous en donnons la liste à la fin de Touvrage, avec la date de leur naissance et de leur création.

C'est cette dernière seule qui constitue leur rang hiérarchique. Le litre d'évéque, de prêtre ou de diacre, donné aux Cardinaux, ne leur confère aucun privilège d'ordre particulier. Les six évèques des six diocèses suburhicaires, c'est-à-dire des diocèses qui louchent Rome, sont Cardinaux-éveques. Les Cardinaux placés à la tète d'un diocèse, ou ayant l'administralion d'une préfecture comportant le litre épiscopal, sont Cardinaux-prelres. Enfin, les Cardinaux élevés à cette dignité avant d'avoir reçu la consécration épiscopale, tels que les anciens religieux, les gouverneurs des palais apostoliques, portent le titre de Cardinaux-diacres. Ces dénominations leur sont données d'après l'office

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qu'ils doivent remplir auprès du Pape, quand il CL'lèbre ponlificalement.

C'est à tort qu'on les classe quelquefois par nationalités. Ils sont tous, au même titre, Cardinaux de la Sainte Eglise liomaine, et non point Cardinaux d'uuo nation. C'est ce qui fait la beauté et la grandeur de cette Eglise, qui seule j)orte le nom signilicatif de « Catholique », c'està-dire appartenant à l'univers entier.

Il aurait fallu assister à la cérémonie grandiose de l'entrée en Conclave, au Vatican, le :]i juillet lOiX), pour avoir une idée de la majesté de cette I]glise.

A cinq heures du soir, au moment où à Rome le soleil commence à s'éloigner de la Ville, les Cardinaux, revêtus de leur cappa-magna violette, se trouvaient réunis dans la Salle [loyale.

Ils sont Hois encore, et ils sont là chez eux, dans cette salle aux sept portes, que Paul III Farnèse lit bâtir par Sangallo, pour recevoir les Souverains. Tout autour, les fresques de Vasari ci de Délia Porta rappellent les épisodes célèbres des rapports de l'Eglise avec les Etats : Pi'piii et Charlemagne offrant leurs donations au Chef de l'Eglise ; Pierre d'Aragon faisant hommage

de son royaume à Innocent III ; Henri IV d'Allemagne recevant, à Ganossa, Tabsolution de Grégoire VII; Frédéric Barberousse se réconciliant avec Alexandre III, sur la place de Saint- Marc, à Venise ; le dernier des papes d'Avignon, Grégoire XI, rentrant dans Rome; les Croisés de saint Pie V remportant la bataille de Lépante ; — pages éloquentes, bien faites pour inspirer les électeurs de celui^ qui devra continuer les annales de la Papauté.

A ce moment, le soleil, descendant derrière le dôme de Saint-Pierre, auréole d'or la gigantesque Coupole qui se détacbe sur le ciel en forme de tiare immense nimbée de rayons. Audessus du Portique, le colossal Christ de marbre, au milieu des douze Apôtres rangés au fronton, apparaît fantastiquement agrandi, dans l'ombre qu'il projette sur la place Saint-Pierre, et qui s'étend au-devant de la Basilique, jusqu'à l'obélisque de Sixte V. Et les Papes de marbre, pareillement rangés au-dessus de la colonnade, avec les anges et les guerriers, semblent alors se mouvoir dans le ciel, comme autant de cortèges qui descendent pour adorer le Christ.

Ce spectacle ne se voit qu'à cette époque de

l'année, quand le soleil se couche derrière Saint- Pierre, On eût ditque la vision apparaissait symboliquement, en ce jour, pour présager le triomphe à venir de l'Eglise.

De la Salle Royale, les Electeurs souverains passèrent dans la Chapelle Pauline, où réside le vrai Roi de l'Eglise — Notre-Seigneur Jésus- Christ dans l'Eucharistie.

Au milieu d'un silence émouvant, le Camerlingue entonna l'hymne dos grandes assemblées, le Veni, Creator Spiritus. Le chœur reprit, avec un frémissement sonore de voix retentissantes : Mentes tiiornm visita! Puis, de nouveau, les Cardinaux seuls supplièrent : Accende lumen sensibiis. Et le chœur reprit plus strident encore : Hostem rcpellas longius.

Le cortège alors se mit en marche, suivant la croix d'or pontificale. Et les voix clamaient toujours, tantôt suppliantes comme celles des vieillards : Infirma nostri corporis cirtute firmans perpeti^ tantôt jubilantes comme celles des soldats encadrant le cortège : Deo Patri sit rjlor'ia^ et Filio qui a mortuis surrexit, ac Paraclito.

Au chant de cette doxologie de résurrection, la procession pénétra dans la Chapelle Sixtine

* C'est là le Conclave proprement dit, le lieu fermé, la salle du scrutin qui est, en même temps, la chapelle de la prière.

Le Cardinal Camerlingue chante loraison du Saint-Esprit : Da nobis eodem Spiritii recta sapere. Tout le monde sort, les portes se ferment et les Cardinaux demeurent seuls, pour la première fois, dans leur assemble'e.

Le Doyen lit les prescriptions du Conclave, et, sur FEvangile, chacun vient jurer d'être fidèle aux Constitutions.

De nouveau, les conclavistes sont introduits, puis les serviteurs, puis les officiers qui doivent résider à l'intérieur du Conclave; tous pareillement prêtent serment.

C'est ensuite au tour des ofliciers extérieurs qui, au dehors, doivent veiller à la garde des Cardinaux. Ce personnel comprend la maison du majordome, gouverneur du Conclave, M^'"" Cagiano de Azevedo, et la cour du maréchal du Conclave, S. E. le prince Don Mario Chigi.

Le Majordome et ses employés sont introduits d'abord. Puis c'est le tour du Maréchal et de ses attachés. Une cérémonie ravissante dans son archaïsme se déroule alors.

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Le prince Chigi, beau vieillard à cheveux blancs, s'avance le premier dans son costume ancien, à manteau de velours et collerette frisée. Il porte l'épée d'or, le jabot de dentelles et le chapeau à plumes blanches des commandants en chef.

On sait, en effet, que, par un privilège héréditaire, la famille du prince Chigi jouit du droit de prendre le commandement des troupes vaticanes, pendant la tenue du Conclave, avec le titre de Maréchal, commandant aux Officiers de la Garde Noble, de la Garde Suisse, de la Garde Palatine et de la Gendarmerie pontificale.

Le privilège ne dure que le temps de l'Assemblée. Une fois le Pape nommé, la charge cesse. Cette prise de possession de commandemont donne lieu, comme nous l'avons dit, à une cérémonie fort curieuse en son symbolisme.

Le prince Don Mario Chigi, avec sa belle prestance et son allure seigneuriale, l'a accomplie magnifiquement au dernier Conclave. C'est lui qui déjà, en 1878, l'avait remplie pour l'élection de Léon XIII; le grand-père avait présidé celle de l'élection de Pie IX, et le père, durant

le long règne de ce dernier, était mort sans avoir eu à exercer sa fonction.

Autrefois le Maréchal levait pour cetle occasion une compagnie de Gardes à la livrée seigneuriale, bleue et rose, garnie de tresses blanches, écussonnées de létoile d'or et des cinq montagnes d'argent, qui sont des Chigi. Aujourd'hui, la compagnie est formée par la Garde Suisse, mais les serviteurs attachés au prince arborent toujours la livrée ancienne. Ils étaient quatre, au dernier Conclave, marchant immédiatement après les Suisses, et portant le coussin bleu et les clés. Venaient ensuite le Maréchal, puis ses capitaines, ses gentilshommes, ses chapelains d'honneur, ses secrétaires, les commandants supérieurs des troupes pontificales, et un nouveau piquet de la Garde Suisse.

Lentement, le cortège traversa le Palais, monta par l'escalier d'honneur dit du Maréchal, et entra dans la Chapelle Sixline. Devant l'autel, le prince prêta serment ; puis après lui, toutes les personnes composant sa cour.

Le serment du Maréchal dilTère de tous les autres; il est singulièrement expressif : «Moi, Marius, prince Chigi, Maréchal perpétuel du

Conclave, Capitaine délégué à la garde du Palais Apostolique, je promets et je jure d'tHre fidèle au Sacré-Collège des Eminentissimes Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine et de garder avec soin et tidélité le Conclave assemblé pour l'élection du futur Souverain Pontife ; de ne point permettre ou consentir à ce que les Eminentissimes Cardinaux ou quelqu'un de ceux qui sont attachés à leur personne soient, en façon aucune, soumis à d'autres obligations qu'à celles édictées par les constitutions apostoliques, au sujet de l'élection des souverains pontifes romains. — Que Dieu me soit en aide et les Saints Evangiles! »

Et chacun des attachés a la cour du Maréchal de répéter, la main sur l'Evangile : — Sic ?ne Drus adjuvet et hœc Saticia Dei Ecaiif/eiial

Après la prestation de serment, le Maréchal fait ranger les troupes, et les Cardinaux sortent d(i la chapelle, se rendant à leurs cellules. Comme ils sont tous souverains, ils sont lous accompagnés de quatre Suisses et d'un (larde- Noble, choisis parmi les Gardes du corps du Souverain Pontife. Chaque électeur a ainsi sa petite cour qui le conduit à ses appartements.

La cérémonie de l'entrée en Conclave est

terminée, et, pendant plusieurs heures, la petite cité monastique qu'est maintenant le Vatican demeure encore ouverte aux amis et aux connaissances des Eminentissimes électeurs. Des visites s'échangent, des adieux se font, comme au départ d'un grand voyage.

Et, de fait, la barque deTÉglise, demain, emportera au loin, dans Tîle de la solitude, à la prison du Vatican, un des soixante-quatre cardinaux. Quel sera cet élu ou cette victime? — Les visiteurs le souhaitent tour à tour à chacun des Cardinaux, car, malgré les épreuves attachées à la charge de Pontife Suprême, il y a dans cette fonction une dignité éminente, qui élève TElu, au-dessus des choses de la terre, à la gloire la plus sublime que puisse envier un homme ici-bas.

Mais le mystère règne aujourd'hui encore sur rassemhjée.

A la tombée de la nuit, une cloche soudain retentit dans le Vatican; c'est l'heure de la clôture. Les cérémoniaires parcourent les galeries et font retentir partout les paroles rituelles : Extra omnes.

Une seconde fois la cloche sonne : les étrangers sortent.

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Une dernière fois la même voix retentit, puis, de nouveau, la cloche sonne.

Alors, solennellement, s'avancent de l'intérieur du Palais le cardinal camerlingue Oreglia di San Stefano , suivi des cardinaux chefs d'ordre, les Eminentissimes Serafmo Vanutelli, Joseph Netto et Louis Macchi. Ils viennent à la Salle Royale, à la porte dite du Maréchal, la seule demeurée ouverte dans la forteresse du Conclave : toutes les autres ont été murées. Ils s'arrêtent là, pendant que les Suisses présentent les armes et quQ les Servi tores Vewent leurs torches allumées.

A ce moment, dans l'escalier d'honneur, à l'extérieur, le Maréchal s'avance à la tête de son cortège, encadré par les gens de sa Maison, qui portent pareillement de grandes torches allumées à quatre Oammes. Il adresse un dernier souhait au Camerlingue et donne ordre de f«'rmer les portes. Les lourds hattants roulent sur les gonds : les chaînes se tendent, les tampons s'appliquent et les verrous s'enfoncent : les portes sont closes : les Cardinaux sont en Conclave.

Le Maréchnl, alors, ferme les trois serrures à l'extérieur, pendant (ju'à l'intérieur le Camer-

lingue clôture les trois autres. 11 donne ensuite une clé à chacun des chefs d'ordre. Le Maréchal, pendant ce temps, en remet une au Gouverneur, et garde les deux autres dans une bourse de velours, qu'un gentilhomme porte devant lui.

11 était presque nuit, quand, au soir du 31 juillet 1903, nous assistâmes à cette symbolique cérémonie. La journée avait été brûlante. Une nuée floconneuse, formée de vapeurs condensées, enveloppait à ce moment le Vatican, comme autrefois le Tabernacle où s'étaient réunis les vieillards d'Israël, pour choisir un successeur à Josué, après le passage du Jourdain.

A l'intérieur, tout était silencieux dans l'obscurité argentée de la nuit. Seule, au troisième étage du Palais, une petite fenêtre demeurait éclairée. C'était celle de la cellule portant le numéro 57.

L'illustre électeur qui l'habitait, — il le dit à son secrétaire le lendemain, — n'avait pu trouver le sommeil : il passa la nuit à prier : c'était le cardinal.!. Sarto.

L'étoile do VI guis arclens avait commencé à luire sur le Vatican.

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