Vieilles églises de France
Moyen âge, avec des documents empruntés exclusivement - à la sculpture, était de montrer l’évolution de l’art français. | médiéval depuis l’époque romane jusqu’à la fin du gothique, en
insistant particulièrement sur les grandes cathédrales ou abbatiales : qui sont les « sommets » de la France monumentale.
Mais on ne peut rester toujours sur la « ligne de crête » et il __ est souvent plus instructif de s’écarter des sentiers battus pour se mettre à la recherche d’œuvres moins célèbres, mais non moins
- significatives, qui nous donnent la joie profonde de la découverte. 4 C’est pourquoi nous nous sommes attaché, dans ce nouveau recueil, à rassembler un choix d'œuvres qui ne sont certes pas - toutes inédites, mais dont la plupart sont peu connues et ont été rarement reproduites dans les histoires générales de l’Art dont, mal-
ÿ gré les ressources sans cesse accrues de la photographie moderne, __ l'illustration reste trop souvent quasi immuable. | On aurait pu craindre à première vue que cette seconde récolte fût inférieure à la première et qu’il ne restât plus qu’à glaner quelques maïgres épis. Mais en dépit des destructions irrépa- __ rables qui ont trop souvent, par suite du vandalisme, appauvri notre patrimoine, on reste stupéfait de l’inépuisable richesse de ce pays privilégié en monuments du Moyen âge. Les glanes ne sont pas loin d’égaler la moisson.
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Il est vrai que nous ne nous sommes pas borné cette fois à puiser dans le répertoire de la sculpture. Nous avons fait une large place dans cette anthologie aux églises et aux chapelles rurales, au mobilier liturgique : chaires, stalles de chœur, fonts baptismaux et même à la peinture murale.
D'autre part, tout en empruntant l’essentiel de notre documentation au Moyen âge, nous n’avons pas craint de déborder parfois ce cadre trop rigide en introduisant quelques œuvres tar-
dives du xvi£ et du xvure siècle, lorsqu'elles prolongeaient, comme c’est le cas pour les Calvaires bretons, les traditions de Part
gothique.
Qu'on ne s’attende pas cependant à trouver ici un inventaire des richesses d’art de la France. I] y faudrait l’effort soutenu d’une équipe d’archéologues, capables de se plier à la discipline d’un travail collectif et une vie d'homme n’y suffirait pas. Ce que nous avons tenté est plutôt un échantillonnage de trésors insoupçonnés ou trop négligés.
La principale difficulté à laquelle nous nous sommes heurté, sans nous flatter de l’avoir toujours surmontée, est de donner à ce recueil une réelle unité et de justes proportions. Quelques critiques seront tentés de taxer notre choix d’arbitraire et il l’est en effet dans une certaine mesure. Mais on voudra bien tenir compte de la difficulté de rassembler des photographies réunissant les conditions de lisibilité et de présentation artistique qu’un éditeur scrupuleux a le devoir d’exiger.
En outre, il était impossible de faire une part égale aux différentes régions de la France pour la raison bien simple et qui saute aux yeux des moins avertis que la densité et la qualité des monuments sont très variables suivant les provinces. ;
Il y a des régions stériles et déshéritées tandis que d’autres regorgent de richesses artistiques. N’est-il pas évident que la Bourgogne, la Normandie, le Languedoc offrent à l’archéologue un butin infiniment plus abondant que telles provinces du nord ou de l’est de la France qui font figure de parents pauvres? Il a fallu respecter cette hiérarchie en laissant çà et là quelques lacunes qui ne sont pas toutes involontaires.
Comment classer les documents que nous avons retenus ? Deux plans s’offraient à l'esprit : ou bien les disposer dans un ordre chronologique afin de mettre en lumière l’évolution du style
. dans la France entière, considérée comme un tout, ou, au contraire,
adopter un classement topographique qui a l’avantage de faire apparaître l’individualité artistique de chaque région.
Ce second principe de classement nous a paru préférable pour différentes raisons très valables. Il est assurément plus conforme à la réalité historique. La France du Moyen âge n’est pas encore une nation unifiée et centralisée, comme elle le sera plus tard à partir du xvi® siècle : c’est plutôt un amalgame confus de fiefs qui se cristallisent peu à peu autour du Domaine royal avant de s’y intégrer. Chaque province garde sa physionomie particulière et l’art reflète fidèlement ce particularisme ombrageux dont il y a lieu de regretter à bien des égards la disparition. « Les provinces », autrefois si vivantes, ont été remplacées peu à peu par « la province » :. entité vague dont toutes les forces sont captées par une capitale tentaculaire. Il n’est pas sûr que ce soit un progrès.
Quoi qu’il en soit, tout historien doit tenir compte de ce fait primordial que la France médiévale est encore plus féodale que monarchique et que par suite l’art allume plusieurs foyers dont le plus éclatant n’est pas toujours Paris. Sous peine d’être un miroir déformant, un album comme celui dont nous avons recueilli les éléments doit refléter cette multiplicité.
Pour ne pas abuser des subdivisions qui engendreraient plus de confusion que de clarté, nous avons réparti nos documents dans l’ordre suivant :