SAINT - SEPULORE DE L'HOPITAL DE TONNERRE (Yonne
Ce groupe célèbre du Saint-Sépulcre sculpté en 1452 par deux imagiers bourguignons dont nous connaissons les noms : Jean Michel et Georges de la Sonnette est, avec le tombeau du sénéchal Philippe Pot, jadis à l’abbaye de Citeaux, l'œuvre maîtresse de la sculpture bourguignonne post-slutérienne.
Sept pleurants sont rassemblés autour du cadavre du Christ. Suivant l'ordonnance traditionnelle, Joseph d'’Arimathie et Nicodème tiennent les deux extrémités du linceul. Les costumes de théâtre s’inspirent, comme l’ordonnance, des tableaux vivants du théâtre des Mystères. Le style trahit l'influence persistante de Claus Sluter et l'imitation des Prophètes du Puits de Moïse.
29. LE LAI D’ARISTOTE. - PANNEAU DE STALLE DU CHŒUR DE L'EGLISE DE MONTBENOIT (Doubs).
L'abbaye d’Augustins de Montbenoît en Franche-Comté, fondée au xu* siècle près de Pontarlier, possède de très belles stalles de la Renaissance dans le même style que celles de Montréal, sculptées de 1525 à 1527 par Jean Julyot.
‘ Le panneau que nous reproduisons repré-
sente la courtisane Phyllis chevauchant le philosophe Aristote qui a consenti, pour obtenir ses faveurs, à se mettre à quatre pattes et à se laisser conduire par la bride : exemple fameux de la toute-puissance de l'amour et des folies auxquelles se laisse entraîner le barbon le plus sage, quand il est aveuglé par la luxure.,
Ce sujet, connu au Moyen-âge sous le nom de Lai d’Aristote, est particulièrement fréquent dans la décoration des parcloses ou des miséricordes de stalles. On le rencontre, non seulement en France à Amiens, mais à Hoogstraeten en Falndre et à Exeter en Angleterre.
Phyllis est souvent représentée nue comme Aphrodite, mais elle apparaît ici vêtue à la mode des dames de la Cour de Francois Ier avec des manches à bouffants et à crevés.
30 et 31. SCENES DE LA LEGENDE DE SAMSON. - STALLES DE L'EGLISE DE MONTREAL (Yonne).
Les stalles en chêne qui décorent le chœur de l'église cistercienne de Montréal-sur-Serein en Bourgogne ont été sculptées en 1522 par les frères Rigoley de Nuits-sous-Ravières.
Sur un des panneaux, l'Hercuel juif, arcbouté sur ses jambes écartées, qui abat à coups de massue des lions rugissants, est complètement nu. Sur l’autre bas-relief où l'on voit Dalila, armée d'énqrmes ciseaux, qui profite de son ivresse pour lui tondre les cheveux, il est en costume de lansquenet suisse du temps de François Ier, avec des chausses tailladées.
L'anachronisme naïf de cette transposition réaliste d’un sujet biblique ne manque pas de saveur.