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Vieilles enseignes fribourgeoises;

trouvait autrefois devant l'auberge des Tailleurs, qui était située vis-à-vis du pont de St-Jean à la Neuve\'ille. La console très simple se compose d'une grosse pièce droite en fer carré qui se termine par un bouquet, soutenue par une jambe de force. L'intervalle entre ces deux pièces est décoré de rinceaux en fer rond aplati par endroit pour former des silhouettes de têtes etc.. L'enseigne en forte tôle découpée nous montre la licorne et les ciseaux, emblèmes des tailleurs. Le tout mesure 2,3o m. ^).

PI. 2. ENSEIGNE DV ST. MAVRICE, rue de Romont.

Travail du 17""' siècle. Dimension 2.00 m. La console est en 1er carré. Elle est surmonté de l'effigie de St-Maurice travaillée en ronde bosse dans de la tôle argentée. Au dessous un écusson peint en tôle découpée. La barre qui soutient le saint est décorée de rinceaux en fer plat.

PL 3. ENSEIGNE DES TROIS CŒVRS, Neuveville.

17"" siècle, une partie de la console plus récente. Dimension 1 .go m. La console est en fer carré avec des ornements forgés. L'enseigne en tôle découpée et peinte.

PI. 4. ENSEIGNE DE L'ANGE, rue des Forgerons.

Dimension 2.00 m. Travail du 17"" siècle, une partie de la console du 18""'. Fer carré et tôle découpée et peinte.

') Les mesures sont prises depuis le iiu du mur à I exU-emilc tje I enseigne. l'.Ues ne snnl pailc qu approxiinalives.

PL 5. ENSEIGNE DV CERF. Musée de Fribourg.

Dimension 0.60 m. L'auberge du Cerf se trouvait en l'Auge au haut de la rue d'Or. La console de cette enseigne est perdue. On peut se rendre compte de la forme qu'elle avait, sur un croquis de Reichlen '). Elle y accuse un dessin Louis XV. Le cerf en tôle dorée conservé au musée était placé dans un médaillon.

ENSEIGNE D'ARMVRIER?, musée de Fribourg.

Dimension 0.60 m. 18""' siècle.

La jambe de force est en fer rond, le reste en 1er carré a\'ec des leuillages en

tôle repoussée.

PI. 6. ENSEIGNE DE SERRVRIER, musée de Fribourg. Dimension o,55 m. Epoque Louis XV.

La console en fer carré est ornée de feuillages torgés d un travail merveilleux. Le griffon portant la ciel est en tôle découpée et dorée.

PL 7. ENSEIGNE DES MARÉCHAVX, rue des Chanoines. Dimension 1 .-5 m. Epoque Louis XV.

Cette enseigne d'un dessin fort curieux est déformée par suite d'un affaissement de la console. Les fers en sont carrés avec des feuillages forgés.

PI. 8. ENSEIGNE DE LA COVRONNE, rue des Forgerons. Dimension 1.90 m. Epoque Louis XV.

La console en fer carré est garnie de feuillages en tôle repoussée et dorée. Le tout est d'une grande pureté de st\'le.

PI. 9. ENSEIGNE DE L'AIGLE NOIR, rue des Alpes. Dimension i.55 m. Epoque Louis XV.

La console est en fer carré et l'aigle en tôle repoussée.

PI. 10. ENSEIGNE DU PAON, Neuveville.

Dimension 12.^0 m. 18""' siècle.

La console est en fer carré, une tête de coq porte l'enseigne repoussée en ronde bosse dans de la tôle.

PI. 11. ENSEIGNE DES TANNEVRS, place du petit St-Jean.

Dimension 2.20 m. 18 siècle.

La console est en fer carré et plat, l'enseigne en tôle découpée. Elle ressemble dans sa composition à l'enseigne du Paon (pi. 10).

PI. 1-2. ENSEIGNE DV SOLEIL D'OR, rue de la Préfecture. Dimension 1,20 m. Epoque Louis XVI.

En fer carré et tôle repoussée et dorée.

') Fribourg pittoresque. Croquis de J. Reichlen. Labastrou éditeur. i8S5. i ''^" série pi. S.

PL i3. ENSEIGNE DE L'AIGLE COVRONNÉ, musée de Fribourg. Dimension 1.20 m. Epoque Louis XVI.

Cette enseigne est originaire de la Gru^'ère. La console d'un dessin très sobre se compose d'un cadre en fer carré qui renferme des dessins géométriques en fer plat. L'enseigne est en tôle repoussée et dorée.

PI. 14. ENSEIGNE DV CHASSEVR, rue de Lausanne. Dimension i.5o m. Epoque Louis XVI.

La console en fer carré et plat garnie de feuillages en tôle repoussée et dorée se termine par une gracieuse gerbe recourbée en fer forgé. L'enseigne est en tôle.

PI. i5. ENSEIGNE DE L'OVRS, Neuveville. Dimension 2.00 m. Epoque Louis XVI.

Fer carré (grecque en fer plat), Une tête de perroquet porte l'enseigne en tôle découpée.

PL 16. ENSEIGNE DE LA TÊTE NOIRE, rue de Lausanne. Dimension 2.5o m. Fin du 18""' siècle.

La console est en fer carré et fer plat, les feuillages et l'enseigne en tôle repoussée.

PL 17. ENSEIGNE DV TONNELIER, Bulle.

Dimension 2.(o m. Epoque Louis XVI.

Cadre en fer carré. Le reste en fer plat garni de feuillages en tôle repoussée et dorée. Une tête d'aigle porte l'enseigne en tôle peinte entourée d'une guirlande.

PL 18. ENSEIGNE DE LA GRAPPE, rue de Lausanne. Dimension 2.65 m. Epoque Louis XVI.

La console est en fer carré et fer plat. Les ornements : rosace, guirlandes, feuillages, la tête de coq et la grappe de raisin en tôle repoussée et dorée.

PL 19. ENSEIGNE DES BOVCHERS, rue des Bouchers. Dimension 2.3o m. Fin du 18"" siècle.

La console en fer carré renferme des ornements géométriques en 1er plat, et se termine par une tête de coq en tôle repoussée et dorée.

PL 20. ENSEIGNE DE LA ROSE, rue des Alpes. Dimension 1 .5o m. Fin du i8""' siècle. Fer carré. Rose forgée.

PL 21. ENSEIGNE DE LA CROIX-BLANCHE, rue de Romont.

Dimension 1.80 m. Fin du 18 siècle.

La console en fer carré ornée d'une grecque en ter plat se termine par une tête daigle en tôle repoussée et dorée.

PI. 22. ENSEIGNE DE L'ÉTOILE, rue de Romont. Dimension 3. 20 m. Fin du 18"" siècle.

Fer carré et plat. Ornements en tôle repoussée et dorée. Cette enseigne offre beaucoup d'analogie a\'ec les deux dernières pi. 20 et 21. Ces trois enseignes se ressemblent comme dessin et dans la façon un peu sèche du travail de la tôle. Elles sont probablement l'œuvre du même Forgeron.

PL 23. ENSEIGNE DE LA FLEVR DE LYS, rue des Forgerons. Dimension 0.60 m. Fin du 18""' siècle.

Fer carré orné à profusion de feuillages et guirlandes en tôle repoussée, dorée ou peinte au naturel.

PI. 24. ENSEIGNE DV LION D'OR, Bulle.

Dimension 2.70 m. Fin du 18""' siècle. Fer carré, ornements en tôle repoussée et dorée.

PL 25. ENSEIGNE DE L'AIGLE D'OR, musée de Fribourg. Dimension 0.60 m. Fin du 18""' siècle. En tôle repoussée et dorée.

ENSEIGNE DV FAVCON, rue de Lausanne. Dimension o.55 m. Fin du 18"" siècle.

En tôle repoussée et dorée. La console qui porte cette enseigne est d'un travail moderne.

PI. 26. ENSEIGNE DE LA CROIX-BLANCHE, Morat. Dimension 1.80 m. Fin du 18"" siècle. La console est en fer carré et se termine par une tête d'aigle qui porte l'enseigne.

PI. 27. ENSEIGNE DE L'ÉCV, Place St-Jean.

Dimension 2.00 m. Commencement du ig siècle.

La console est en fer carré, l'enseigne en tôle découpée et peinte.

PI. 28. ENSEIGNE DV ST-MICHEL, Bulle.

Dimension 1.90 m. Commencement du ig""' siècle. Fer cnrré et tôle découpée.

PI. 29. ENSEIGNE DE L'AVTRVCHE, rue de Lausanne. Dimension 2.3.5 m. 19"" siècle.

Console en fer carré et tôle repoussée et dorée. Enseigne en tôle repoussée peinte au naturel.

PI. 3o. ENSEIGNE DES TROIS ROIS, Stalden. Dimension 2.00 m. 19"" siècle.

Fer carré et tôle.

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FRIfiOURGEOISES

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RIBOURG, dont la richesse offrait déjà au moyen-âge un Tp ' % puissant appui au développement de l'art, a eu de nouveau % . ^j^S- au XVI H'"'' siècle une époque florissante au point de vue '^f^5#5S' architectural, époque qui a laissé bien des œuvres intéressantes. En parcourant les rues du vieux Fribourg, on est Frappé de leur aspect pittoresque et varié, qui respire la poésie et la beauté. L'harmonie de la rue dans les anciens quartiers n'est heureusement pas encore gâtée par trop de réclames hideuses.

Si beaucoup de johes Façades ont souffert de l'enlaidissement moderne, le détail le plus intéressant : la porte d'entrée, est le plus souvent heureusement conservé, avec ses belles sculptures ou son marteau artistiquement ouvragé.

On constate surtout l'abondance des œuvres d'art en Fer Forgé. Un grand nombre de maisons possèdent encore ces belles grilles qui détendaient les Fenêtres du rez-de-chaussée, tandis que bien des auberges sont restées décorées de leurs vieilles enseignes qui invitent

gaiement le passant, non comme une affiche moderne insolente et tapageuse, mais avec discrétion et bon goût. Ceci prouve combien nos ancêtres savaient accorder l'art et la réclame.

Les enseignes qui existent encore à leur place ou au musée cantonal sont pour la plupart remarquables par la beauté de leur dessin et l'habileté de l'exécution ; quelques-unes même peuvent être regardées comme des chefs-d'œuvres. Presque toutes, même celles qui sont à considérer plutôt comme des expressions de l'art populaix'e, sont appropriées à l'architecture de la façade qu'elles décorent.

Les enseignes qui datent du XVIl'""' et du XVIir^'^ siècles nous montrent que l'influence Française se faisait sentir alors dans la plupart des manifestations de notre architecture, mais en s'adaptant au caractère et au goût du pays.

On pourrait croire au premier examen, que nos forgerons se soient tenus dans leurs compositions à certaines formes traditionnelles.

On rencontre en tous cas souvent le même principe de décoration dans la console plus ou moins soignée suivant le degré de richesse qu'on voulait atteindre. Mais quelle diversité malgré cette analogie et combien variés les moyens techniques employés !

Les plus vieilles enseignes se composent le plus souvent d'un support formé d'une équerre et d'une ;ambe de force, en gros fer carré qui supporte l'enseigne proprement dite. Le triangle formé par ces pièces droites est décoré de rinceaux et d'arabesques travaillés dans du fer plus menu et rond. L'exemple le plus typique de cette composition est l'enseigne de l'antique auberge des Taiitcuiv qui se trouvait à la Neuveville ').

L ornementation, fleurs, feuillages, etc. est alors travaillée en plein fer; ce n'est que plus tard, et surtout au XVIII'^'= siècle, que l'on a utilisé pour ce genre de décoration la tôle découpée et repoussée qui donne des effets plus aisés, mais moins vigoureux et moins artistiques. C'est aussi au XVIH™'= siècle que l'usage s'introduisit de terminer la, potence par une tête d'oiseau qui portait l'enseigne suspendue à son

) Cette pièce remonte au XVI'"*' siècle ; elle est aujourd'hui au musée de Fribour

bec. Du cou de la bête partait la console en une courbe gracieuse garnie de feuillages, de rinceaux, d'une grecque, etc. Parfois la console se terminait par un bouquet de feuillages gracieusement recourbés.

Ainsi dans les enseignes du Cha.u^cur, de la Fleur ck l\/,<, du Lion (Y or, etc.

L'enseigne proprement dite ou la marque, comme on l'appelait autrefois, est d'une exécution particulièrement soignée, tantôt travaillée en relief, tantôt seulement découpée en silhouette dans la tôle, et peinte. Que ce soient des fleurs comme aux auberges de la Ro.ic et de la Fleur de ly,i, ou des figures d'animaux, comme chez d'autres, ou encore un personnage comme dans l'enseigne très remarquable du St-yMauriee ; qu'il s'agisse d'un écusson découpé (auberges de Y Feu et des Troùi eœuni) partout nous retrouvons la même habileté de facture.

Parmi les œuvres les plus charmantes du XVIII""^^, notons l'enseigne de l'auberge de la Fleur ck' lyj, dans le quartier de l'Auge, dont la console en fer carré est entrelacée de fleurs et de feuillages élégants du plus heureux effet. La maison porte la date de i/çS, et l'enseigne a certainement dû être placée à la même époque. Dans la même rue des Forgerons, se trouve un autre chef-d'œuvre de ferronnerie qui est l'enseigne de la Cou/v/i/w. Klle est un peu plus ancienne que celle de la Fleur tie lyj, car elle offre une très riche décoration dans le style de Louis XV.

Une autre enseigne du même style qui était autrefois placée devant la boutique d'un serrurier nous donne une très haute idée du savoir technique de son auteur. Tous les feuillages de la console sont forgés en plein fer, véritable tour de force, surtout si l'on considère les dimensions très réduites de cette enseigne (55 cm.).

Il semble que le forgeron pourrait s'être inspiré des modèles décoratifs de S t- Vallée.

Il est probable aussi que l'œuvre de Duhamel du Monceau a dû être connue et souvent consultée par les maîtres forgerons du temps. Plus tard, on a certainement utilisé aussi les dessins d'ornements de l'architecte Des Bœufs de St-Laurrat. On pourrait citer entr'autres l'enseigne de la Grappe, d'une conception très riche et heureuse, celle

de la Tclc noire et de Y .^u]lc ani/viuié qui pourraient avoir été inspirées par cette publication.

Un autre artiste de cette époque, Jean Hauer, d'Augsbourg, qui a vécu à Paris et y éditait des dessins et gravures d'ornements, semble avoir guidé nos anciens maîtres d'état.

Ainsi Fribourg possède dans ses enseignes des documents remarquables qui témoignent hautement de l'habileté de ses forgerons aux siècles passés, et très typiques au point de vue du goût de nos pères pour le plaisir des yeux, même dans les manifestations commerciales.

Espérons que l'on conservera avec le soin qu'ils méritent, ces vestiges du « vieux temps » qui ajoutent à l'aspect si pittoresque de nos rues, et souhaitons que les artisans à venir continuent les nobles traditions de leurs devanciers.

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AVBERGE

DES TROIS CŒVRS

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