‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 120 sur 131 · LE BIENHEUREUX IV£S · texte numérisé non relu

LE BIENHEUREUX IV£S

sainte. Quelque temps après il fut élu supérieur, et gourerna quatorze ans la communauté, sous le titre de prévôt ou d'abbé.

Pendant qu'il enseignait, il recommandait surtout à ses disciples l'amour et la pratique de la prière. Souvent il leur répétait la grande maxime qui doit être gravée dans l'esprit de tous les hommes d'étude, etque le pieux Piichard de Saint-Victor a exprimée ainsi : « On acquiert moins par les livres que par l'esprit de prière et de componction, cette science divine qui opère la sanctification des âmes.» Les chanoines réguliers de Sain t-Augustin menaient alors une vie fort austère : jamais ils ne mangeaient de viande ni de poisson. Ils gardaient un silence perpétuel, ou si quelquefois ils le rompaient, c'était uniquement pour remplir les devoirs de la charité. Ils donnaient à la prière une grande partie de leur temps; le resteétait consacré à l'étude de l'Ecriture sainte et à l'instruction des peuples. Ils étaient soumis aux évêques diocésains, et leur obéissance en ce point était proposée pour modèle.

Le monastère de Saint-Quentin devint fort célèbre sous le gouvernement du B. Ives, par la discipline, la piété et la science qui y florissaient. Ln grand nombre d'évêques et de princes prièrent le saint prévôt de leur envoyer quelques-uns de ses chanoines, ce qui leur fut accordé. Ces pienx chanoines répandirent de toutes parts la bonne odeur de Jésus-Christ; ils réformèrent d'anciens chapitres, et en fondèrent de nouveaux.

GcofTroi, évèque de Chartres, convaincu de simonie et de plusieurs autres crimes, ayant été déposé par Urbain II en 1091 , le clergé et le peuple.

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qui connaissaient le mérite du prévôt de Saint - Quentin, le demandèrent pour pasteur. L'élection lut confirmée par le pape, et le roi Philippe donna à Ives le bàlon pastoral en signe d'investiture. Le nouvel évoque alla se faire sacrer à Piome^ h. cause des difficultés que lui suscita Richer de Sens, son métropolitain. Le pape le renvoya en France et prit des mesures pour empêcher le rétablissement de Geoffroi, que Richer sollicitait.

Peu de temps après, le roi Philippe conçut une vive passion pour Bertrade, troisième femme de Foulques , comte d'Anjou ,• il résolut même de l'épouser et de renvoyer la reine Berlhe, quoiqu'il eût eu d'elle deux enfants. Il consulta sur ce sujet plusieurs évêques, et Ives fut invité à la conférence où l'on devait chercher les moyens de faire passer ce mariage pour légitime. Ives mit tout en œuvre pour détourner le prince de l'exécution d'un projet si scandaleux. Toutes ses représentations étant inutiles, il persista généreusement à condamner le mariage, et refusa d'y assister de peur de paraître l'approuver par sa présence. Philippe indigné fit piller les terres de l'église de Chartres, et ordonna que le saint évêque fût renfermé dans une prison; illui rendit ensuite la liberté sur les remontrances qui lui furent faites par le pape et par plusieurs évêques de France.

Pendant que l'évêque de Chartres était en prison, il retint dans le devoir les principaux seigneups de son diocèse, qui voulaient prendre les armes contre le roi. Il cacha aussi long-temps les lettres qu'Urbain II avait écrites contre le mariage scandaleux du prince, de peur que les mécontents ne

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