SAINTE ADÉLAÏDE
Bourgogne, fut père d'Adélaïde. Cette princesse n'avait encore que six ans lorsqu'elle perdit son père engSy. A peine eut-elle atteint sa seizième année qu'on la maria h Lothatre, roi d'Italie. Il sortit de ce mariage une fille nommée Emme, qui épousa depuis Lothaire, roi de France. Adélaïde devint veuve vers l'an 949. Elle se servit des épreuves que Dieu lui envoya pour se détacher du monde et pour se confirmer dans les pratiques de piété qui lui avaient été si chères dès son enfance. Bérenger III, marquis d'Ivrée, s'empara de toute la Lombardie et prit le titre de roi d'Italie. II avait toujours été l'ennemi déclaré de la famille de Lothaire. Adélaïde fut conduite à Pavie par son ordre, et renfermée dans une prison, où elle eut à souffrir toutes sortes d'indignités. Ayant h la fm trouvé le moyen de s'échapper, elle s'enfuit en Allemagae. L'empereur Othon I" prit sa défense à la sollicitation du pape Agapet II, et leva une armée nombreuse pour la venger de ses ennemis. Il prit Pavie avec plusieurs autres places; mais il laissa àBérenger le royaume d'Italie à condition qu'il le tiendrait de l'empire. Il épousa depuis Adélaïde.
Bérenger oublia bientôt ses engagements. L'empereur^, h la prière du pape, envoya son fds Ludolfe en Italie. Ce prince mourut après avoir gagné plusieurs batailles. Olhon marcha en personne contre Bérenger, qu'il fit prisonnier et qu'il bannit en Allemagne, où il mourut à Bamberg. Devenu maître de l'Italie, il fut couronné empereur à Rome en 962. Adélaïde ne s'enorgueiUit point de tant de prospérités: elle ne se servit de ses richesses et de sa puissance que pour faire du bien à tous les hommes, surtout
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à ceux qui étaient dans le besoin, Othon mourut en 973, après avoir été enipereur près de onze ans.
Adélaïde prit un grand soin de l'éducation de son jQls Othon II, et le règne de ce prince fut heureux tant qu'il se conduisit par les conseils de sa mère; jnais il eut le malheur de se laisser corrompre par la flatterie. Après la mort de sa première femme, qui était fdle du marquis d'Autriche , il épousa une princesse grecque nommée Théophanie. Il oublia tout ce qu'il devait à sa mère et il la bannit même de sa cour. Adélaïde pleura sur les égarements de son fds, et ses larmes furent exaucées. Le malheur ouvrit les yeux h Othon; il rappela sa mère ; il se montra docile h ses avis et réforma les abus qui s'étaient introduits dans le gouvernement. Son règne ne fut pas long; ayant été défait par les Grecs de la Calabre, il se rendit à Rome, où il mourut d'une àyssenterie en 986.
L'impératrice Théophanie, qui fut établie régente pour gouverner pendant la minorité de son fils Othon III, se montra l'ennemie déclarée de sa belle* mère et la traita de la manière la plus outrageante. Adélaïde souffrit avec patience et sans se plaindre. Une mort subite ayant enlevé Théophanie, on l'obligea de se charger de la régence. On vit alors plus que jamais jusqu'où elle portait le mépris du monde et d'elle-même. Elle ne regarda la puissance dont elle était revêtue que comme un fardeau pesant. Pour bien remplir les obligations qu'elle lui imposait, elle se livra avec un soin iniatigable à l'administration des affaires publiques. Loin de se venger des auteurs de ses maux passés, elle cherchait toutes les occasions de leur faire du bien. Mais le soin
LE BIENHEUREUX ÉBERHARD. 4^5
qu'elle donnait aux affaires ne l'empêchait point de vaquer à ses exercices de piété et de mortification. Elle avait des heures marquées pour aller prier dans son oratoire et pour gémir sur les péchés du peuple auxquels il ne lui était pas possible de remédier. Lorsqu'elle était forcée de montrer de la sévérité , elle la tempérait par la douceur et elle ressentait dans son cœur la peine et la confusion qu'elle faisait aux autres. Par là elle se faisait universellement aimer et portait tout le monde à la vertu. La régularité de sa maison offrait l'image édifiante d'un monastère. Elle fit de pieux établissements en diverses provinces et surtout dans la ville de Magdebourg. Elle ne négligea rien pour procurer le conversion des Bugl et des autres infidèles. Dans la dernière année de sa vie elle entreprit un voyage en Bourgogne pour reconcilier le roi Piodolphe, son neveu, avec ses sujets. Elle mourut en route h Seltz en Alsace, l'an 999.
LE BIENHEUREUX EBEPiHARD,
ABBÉ d'eXSIDLEN.
(14 août.)
Éberhard était issu d'une famille distinguée de
a Souabe , tant par ses titres et son ancien-
leté que par son crédit et son opulence. On
roit co?iimunément qu'il était cousin de Herman,
uc de Souabe et d'Alsace. Il fut d"abord prévôt de
cathédrale de Strasbourg, mais il suivit en 904
îxemple de Bennon, son ami, chanoine delà même
•lise, lequel s'était retiré vers l'an 906 dans un dé-
4l6 t. OliO-V, ARCHEVÊQUE.
sert de la Suisse, où S. Meirad avait jelé les premiers fondements d'un monastère alors abandonné depuis près de quarante-trois ans. La sainteté d'Eberhard lui attira bientôt un grand nombre de disciples. Il employa les biens considérables dont il était possesseur h bâtir une église en l'honneur de la sainte Vierge et à fonder une abbaye dont il fut le premier abbé. Cette abbaye, que les miracles qui s'y opérèrent rendirent célèbre dans la suite, porte aujourd'hui le nom d'Ensidlen ou de I\otre-Dame des Ermites. La charité d'Eberliard éclata surtout dans une grande famine qui en 942 ravagea l'Alsace, laBourgogne et la Haute-Allemagne. Il fit ramasser une immense pro- YÎsion de grains pour servir au soulagement et à la subsistance des malheureux. Il mourut le i4 août 958, après avoir gouverné l'abbaye pendant l'espace d'environ vingt- trois ans. Il fut enterré près de la chapelle de la sainte Vierge a coté deBennon, son ami. Sa mémoire y a toujours été en grande vénération.