‹ Vies choisies des principaux saints (volume 4)Chapitre 25 sur 104 · S. QUENTIN · texte numérisé non relu

S. QUENTIN

MARTYR

(31 octobre.)

S. Quentin, Romain de naissance, descendait d'une famille sénatorienne. Son père, suivant l'auteur de ses Actes, se nommait Zenon. Rempli de zèle pour la propagation de l'Evangile, et brûlant d'un désir ardent de faire connaître aux infidèles le nom de Jésus-Christ, il quitta son pays, renonça a toutes les espérances qu'il avait dans le monde, et

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partit pour les Gaules avec S. Lucien de Beauvais. Ils prêchèrent d'abord ensemble, mais ils se séparèrent quand ils furent arrivés à Amiens. Lucien fixa sa mission h Beauvais, et y reçut la couronne du martyre après avoir converti un nombre considérable de païens.

S. Quentin choisit Amiens pour y exercer son zèle apostolique. Comme il ne désirait rien tant que #de détruire l'empire du démon, il priait sans cesse l'auteur de tout bien de faire fructifier la semence divine dans tous les cœurs de ceux qu'il instruisait. Dieu le rendit également puissant en œuvres et en paroles. Divers miracles ajoutèrent un nouveau degré de force à ses discours, que soutenait d'ailleurs une vie sainte et mortifiée, Mais son zèle lui coûta la vie, au commencement du règne de Maximien Hercule, que Dioclétien associa à l'empire en 286» Rictius Varus avait été fait préfet du prétoire par Maximien. 11 n'y avait du temps d'Auguste qu'un seul préfet du prétoire, dont la fonction était de juger les causes et recevoir les appels de toutes les provinces de l'empire. Mais sous le règne de Dioclétien chaque empereur eut le sien, en sorte qu'il s'en trouva quatre, pareeque quatre empereurs régnaient ensemble. Constantin-le-Grand fut le premier qui en fixa le nombre et qui détermina les districts et la juridiction de ces magistrats suprêmes de l'empire romain.

Il paraît que Rictius Varus, dont la haine pour le nom chrétien fit tant de martyrs, faisait sa résidence à Trêves, métropole de la Gaule-Belgique. Ayant eu occasion de venir à Soissons, il y apprit les grands progrès que l'Evangile avait faits à

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Amiens, et il résolut d'anéantir le christianisme par la mort de celui qui le prêchait avec tant de zèle. Lorsqu'il fut arrivé dans cette dernière ville il fit arrêter S. Quentin, et ordonna qu'on le conduisît en prison chargé de chaînes. Le lendemain il voulut qu'on le lui amenât, et il employa successivement les promesses et les menaces pour le gagner. Ces moyens étant inutiles, il le fit battre cruellement; après quoi on le remit en prison, sans per-% mettre aux fidèles de lui procurer ni secours ni consolation. Dans les deux autres interrogatoires qu'il subit on le tira sur le chevalet avec des poulies au point qu'il en eut les os tout disloqués; on lui déchira le corps avec des verges de fil de fer ; onlui versa sur le dos de la poix eldc l'huile fondues, et on lui appliqua des torches ardentes sur les côtés. Le martyr, fortifié par celui dont il défendait la cause, resta supérieur a tous ces raffinements de cruauté, et sa tranquillité au milieu des tourments remplit d'effroi les spectateurs.

Rictius Yarus en parlant d'Amiens ordonna que l'on conduisit S. Quentin dans le pays des f'eromandui, par lequel il devait passer. La capitale de ce pays se nommait Augusla V eromanduorum. Le préfet y attaqua de nouveau le soldat de Jésus-Christ par les promesses et les menaces, qui ne lui réussirent pas plus que la première fois. Confus de linulilité de ses efforts, il le fit percer depuis le cou jusqu'aux cuisses avec deux broches de fer; il lui fit enfoncer des clous enire les ongles et la chair, et en plusieurs autres parties du corps, même jusque dans la cervelle. Enfin il ordonna qu'on lui coupât la tète, ce quifulexécuté le 5i octobre 287.

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