QUATRIÈME SIECLE DE L'ÉGLISE
ABREGE HISTORIQUE DES EVENEMENTS LES PLUS I'.EMAR- OTABLES AIUinÉS DANS LE TKOISIÈME SIÈCLE.
Vers 1 an 5o5 de Jésus-Christ commença la dixième persécution; elle fut la dernière, mais clic fut aussi la plus longue et la plus cruelle de toutes. On exerça contre les chrétiens des cruautés jusque alors inouïes. Les uns furent pendus la tête en Las et étouffés par un feu lent, ou rôtis sur des grils; d'autres tenaillés et déchirés avec des morceaux de pois cassés; à d'autres on enfonçait des roseaux pointus sous les ongles et l'on versait sur eux du plomb fondu. Dans la Phrygie une ville entière, dont tous les habitants étaient chrétiens, fut investie par les soldats, qui y mirent le feu: les hommes, les femmes, les enfants, tous moururent dans les flammes en invoquant le nom de Jésus- Christ. « Toute la terre, dit un auteur contemporain, fut inondée de sang depuis l'orient jusqu'à l'occident, » *
Ce fut par le palais même des empereurs que commença la persécution. Plusieurs des premiers de la cour étaient chrétiens : on voulut les obliger de sacrifier aux idoles; mais ils aimèrent mieux perdre leurs dignités, leurs biens, leur liberté et soulirir les plus cruelles tortures que de manquer de fidélité à leur Dieu. On vit la légion thébaiae, animée par S. Maurice, son chef, melire bas les
armes et se laisser égorger tout entière au nombre de six mille hommes.
Cette horrible persécution fut le dernier effort que les démons firent pour éteindre le christianisme ; mais au lieu de l'éteindre elle acheva de l'établir. L'Lglise lassa les persécuteurs par sa patience. Les tyrans qui avaient prétendu l'anéantir désespérèrent de la vaincre, et plusieurs d'entre eux expirèrent avec la douleur de voir assis sur le trône des césars un prince qui allait arborer l'étendard de la croix au Capitole, et consacrer toute sa puis*sance à la ruine de l'idolâtrie.
Il est étonnant sans doute qu'au milieu de tant et de si cruelles persécutions la religion chrétienne ait pu se soutenir, se répandre de plus en plus et changer enfin la face de l'univers ; il faut convenir que rien ne prouve mieux qu'elle est l'œuvre de la droite du Très-Haut. Le principal moyen dont Dieu se servit pour opérer ces effets merveilleux fut la vie sainte des premiers chrétiens, le spectacle de leur innocence, de leur détachement, de leur héroïque charité. Les miracles qui suivaient leurs paroles frappaient tous les regards, et convainquaient les plus obstinés. Il n'y avait point de chrétien qui ne forçât les démons de confesser en présence des païens même la vérité du christianisme. Mais ce qui élonnait davantage c'était la constance invincible et la patience extraordinaire avec laquelle ces généreux défenseurs de la foi enduraient les plus cruels tourments. Il n'était pas rare de voir les saints martyrs prêcher Jésus-Christ jusque sur l'échafaud, convertir leurs gardes, les spectateurs de leur mort, quelquefois même les juges et les bourreaux.
Ainsi plus on en égorgeait, plus il s'en reproduisait : le sang des martyrs était une semence féconde d'où sortaient sans cesse une multitude de nouveaux chrétiens.
L'Église eut non seulement des persécutions à essuyer pendant les trois premiers siècles; mais il lui fallut encore combattre contre l'hérésie. Le démon en suscita plusieurs pour essayer de séduire par l'erreur ceux qu'il n'avait pu abattre par les tourments. Les principaux hérésiarques furent: i° Simon le magicien, qui se déclara l'ennemi des chrétiens pour n'avoir pu engager l'apôtre S. Pierre à lui vendre à prix d'argent le pouvoir de donner le Saint-Esprit ; 2° Montan, qui par un zèle outré voulait qu'on se présentât de soi-même au martyre et défendait d'admettre les pécheurs h la pénitence. Le célèbre Tertullien eut le malheur de se laisser séduire par les montanistes; 5° Manès, chef des manichéens, qui distinguait deux divinités, l'une bonne, l'autre mauvaise. Il proscrivait l'aumône, les sacrements, le cultes des saintes images; il défendait de croire que Jésus-Christ se fût incarné. Il ajoutait à cette doctrine impie une foule d'extravagances et d'abominations dont ses confidents seuls avaient le secret.
Pour confondre les hérétiques Dieu suscita dans chaque siècle de savants docteurs, qui foudroyèrent l'erreur à mesure qu'elle se montrait, et dont plusieurs scellèrent de leur sang les vérités qu'ils avaient défendues par leurs écrits. Tels furent dans les trois premiers siècles Clément d'Alexandrie, S. Justin, S. Irénée, S. Cyprien, Tertullien, Origène, etc.
Après trois siècles de persécutions Dieu rendit
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enfin la paix à son Eglise par la conversion d«* l'empereur Constantin au christianisme. Lorsque Dieu eut assez lait connaître que rétablissement de l'Eglise était son ouvrage, et que toutes les puissances de la terre et de l'enfer ne pouvaient rien contre elle, il y appela les empereurs, et fit du grand Constantin le disciple et le protecteur de la religion.
La couronne impériale était disputée h ce prince par le tyran Maxencc, qui s'était rendu maître de Home. Constantin s'approcha de cette ville pour le combattre; et cependant, déjà prévenu en faveur de la foi des chrétiens, il conjurait leur Dieu de se faire connaître a lui. Comme son cœur était droit, il fut exaucé. In jour qu'il marchait à la téle de ses troupes, par un temps calme et serein, il aperçut dans le ciel une croix éclatante, au milieu de laquelle était tracés ces mois : Par ce signe vous serez victorieux. Toute l'armée vit ce prodige aussi bien que le prince. Encouragé par cette vision céleste, il attaqua son ennemi, qui prit la fuite et fut noyé dans le Tibre. Rome aussitôt ouvrit ses portes h Constantin, et dès lors celui-ci fit profession publique du christianisme.
Ce prince après sa conversion s'appliqua à remédier à tous les maux qu'avaient faits les empereurs précédents; il rappela les exilés, il fil rendre aux chrétiens leurs églises, il en fit bâtir de nouvelles et les décora magnifiquement. 11 traita avec tontes sortes d'honneurs les minisires de la religion et surtout les souverains pontifes, qui jusque alors avaient été persécutés d'une manière particulière et dont plus de trente avaient donné leur vie pour Jésus-Christ.
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Les chrétiens considéraient arec étonnemcnt et actions de grâces ces merveilles de la puissance divine. La vraie religion paraissait vénérable aux idolâtres même lorsqu'ils voyaient l'empereur en pratiquer tous les devoirs. Son exemple en attira un grand nombre au christianisme. À son entrée dans Pvomc il voulut que la croix qui avait été le gage de sa victoire fût le plus bel ornement de son triomphe : elle parut sur le haut de sa couronne, et fut arborée jusque sur le Capilole comme pour annoncer à l'univers le triomphe d'un Dieu crucifié.
Si 1 Eglise eut a se réjouir delà paix qui lui avait été rendue, elle eut bientôt à. gémir sur le relâchement des chrétiens. Dans la foule innombrable des païens qui à l'exemple de Constantin embrassèrent la foi il était difficile qu'il ne s'en trouvât beaucoup qui ne le fissent par des vues purement humaines. Plusieurs même des anciens chrétiens se relâchèrent par un effet, du repos et de la tranquillité dont ils jouissaient. Dans de telles conjonctures il était de la sagesse et de la bonté de Dieu de fournir à ses fidèles serviteurs un moyen de conserver leur ancienne ferveur, et de perpétuer dans son Église la pratique de toutes les vertus. C'est ce qu'il fit en commençant a peupler les déserts d'une multitude de solitaires dont la vie ressemblait a celle des aDges.
S. Antoine fut l'auteur de celte nouvelle institution. Sa vie sainte et le don des miracles que Dieu lui accorda lui attirèrent bientôt un grand nombre de disciples, pour lesquels il fallut bâtir plusieurs monastères. Formés par un tel maître, les solitaires devinrent pour le monde entier un spec-
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tacle non moins admirable que n'avait été celui des martyrs.
La vie des solitaires avait pour objet l'observation des conseils évangéliques, c'est à dire de la pauvreté, de l'obéissance et de la chasteté parfaite. Pour y parvenir ils employaient quatre moyens principaux : la solitude, le travail, le jeûne et la prière.
Les déserts où ils s'enfonçaient étaient des lieux non seulement inhabités, mais inhabitables, des plaines arides, des rochers stériles; ils y bâtissaient de pauvres cellules de bois ou de roseaux. Leur travail était continuel ; il consistait à faire des nattes ou des corbeilles de jonc, qu'ils vendaient et dont tls donnaient le prix aux pauvres. Ils jeûnaient toute l'année excepté le dimanche et le temps pascal ; et ce régime austère loin de les affaiblir fortifiait leur santé, et les faisait parvenir "pour la plupart à une extrême vieillesse. Ils se rassemblaient deux fois par jour pour prier en commun ; à chaque fois ils récitaient douze psaumes suivis d'une lecture de l'Écriture sainte. Le reste du jour ils priaient en travaillant, enfermés dans leurs cellules. Enfin ils obéissaient tous comme des enfants à leurs supérieurs.
Ces communautés étaient très nombreuses; quelquefois elles allaient à plusieurs milliers de religieux réunis sous la conduite d'un seul abbé. De la Thébaïde, où elles avaient pris naissance, elles se répandirent bientôt dans la Palestine, dans la Syrie, dans la Grèce et dans tout l'Orient.
Tels sont les fruits de vertu qu'a produits l'Lvangile. l'Église n'a pas été moins riche en exemples
qu'en préceptes, et sa doctrine a paru sainte en produisant une infinité de saints.
Lorsqu'elle eut triomphé des persécuteurs le démon, voyant ses idoles renversées, forma contre elle de nouvelles attaques. Il essaya de la troubler par un grand nombre de schismes et d'hérésies, qui ne cessèrent de la déchirer pendant plus de quatre cents ans ; mais en lui livrant de nouveaux combats il lui fournit la matière de nouveaux triomphes.
L'auteur de la plus dangereuse hérésie fut Arius, prêtre d'Alexandrie; il attaqua la divinité de Jésus- Christ et avança que le Fils de Dieu n'était pas égal à son Père. Cette doctrine inconnue jusque alors causa un grand scandale; on la repoussa avec horreur; on cria à l'impiété, au blasphème. Arius néanmoins trouva des partisans.
L'empereur, averti des progrès de la nouvelle hérésie, résolut par le conseil des éveques d'assembler un concile œcuménique. Bientôt les évoques se trouvèrent réunis h INieée aunombre de trois cent dix-huit présidés par Osius, évêque de Cordoue, légal du pape S. Sylvestre. Jamais assemblée ne fut plus vénérable : plusieurs de ceux qui la composaient étaient des saints illustres et portaient encore les cicatrices des plaies qu'ils avaient reçues pour la foi dans la dernière persécution.
Le jour de la séance publique étant arrivé, tous les évêques se rendirent dans une grande salle, où Constantin entra lui-même le dernier, en donnant les plus grandes marques de respect pour cette auguste assemblée. On fit paraître Arius, qui osa avancer et soutenir ses blasphèmes en présence du concile ; tous les pères en eurent horreur et se boutome n. 10
ehèrentles oreilles. D'après le témoignage de l'Écriture et de la tradition, il fut déclaré que Jésus- Christ est égal à son Père, vrai Dieu lui-même, et qu'il a une même substance, une même nature avec lui. Ce dogme fut exprimé par le mot consubstantiel, qui devint la marque distinclive des catholiques. On dressa ensuite la profession de foi solennelle si connue sous le nom de Symbole de Nicée. Les évoques prononcèrent anathème contre Àrius.En vertu de ce jugement l'empereur condamna cet impie et ses partisans a l'exil. Telle fut la conclusion de cette célèbre assemblée, dont la mémoire a toujours été en vénération dans l'Église.
Les ariens auraient dû sans contredit se soumettre au jugement qui condamnait leurs erreurs; mais le mensonge et l'obstination sont le caractère spécial de l'hérésie. Quand ils sévirent confondus, ils eurent recours h la ruse; ils feignirent d'admettrclaloidc Nicée, et obtinrent ainsi d'être rappelés de leur exil. Ensuite ils travaillèrent a prévenir l'empereur contre les évêques catholiques. L'évêque d'Alexandrie, S. Alhanase, était leur plus redoutable adversaire. Ils parvinrent h le faire chasser de son Église, et y établirent à main armée un intrus, * qui se signala par ses violences et ses cruautés contre les catholiques.
Constance, fils et successeur de Constantin, s'était livré aux ariens ; il entreprit de les faire triompher, et dans ce dessein il assembla un concile a Rimini Tant que les évêques furent libres ils déclarèrent qu'il fallait s'en tenir a la foi de JNicée, et anathématisèrenll'arianisme; mais l'empereur, mécontent de ce décret, envoya un de ses officiers, qui par
ruses et par menaces obligea les évoques à signer une formule de foi où ne se trouvait pas le mot consubstanticL Cette formule n'était point hérétique, mais elle n'exprimait pas suffisamment la foi de l'Église. Les ariens en triomphèrent, comme si par là on eût adopté leur hérésie. Mais les évêques qui avaient souscrit la formule, ayant reconnu le mauvais sens que lui donnaient les ariens, réclamèrent hautement et protestèrent de leur attachement inviolable à la foi de Nicée. D'ailleurs le pape Libère et tous les évêques répandus dans le monde chrétien s'élevèrent avec force contre ce scandale. Ainsi ni les artifices ni lès violences ne purent obscurcir la foi catholique, et la vérité prévalut sur le mensonge malgré les efforts d'un prince livré à la faction arienne et armé en sa faveur.
Ce prince est l'empereur Julien ; il suscita contre l'Eglise un autre genre de persécution. Il entreprit de rétablir le culte des idoles; non content d'avoir abandonné la religion chrétienne, il entreprit delà détruire. Personne n'ignore qu'il essaya, pour donner un démenti au Fils de Dieu, de rebâtir îe temple de Jésusalem, et que le plus avéré comme le plus éclatant des miracles le força de renoncer à son entreprise, après qu'il eût achevé lui-même de vérifier l'oracle de Jésus-Christ en enlevant jusqu'à la dernière pierre de cet édifice.
Déconcerté sans être éclairé, Julien n'en poursuivit qu'avec plus d'ardeur son plan de persécution. Il fomentait la division entre les catholiques et les hérétiques; il dépouillait le clergé de ses biens et de ses privilèges, afin, disait-il, de lui faire prati-
quer la pauvreté évangélique. Il exigeait des chrétiens des sommes pour la réparation des temples d'idoles; il n'en admettait aucun dans aucune charge, et ne leur permettait pas même de se défendre devant les tribunaux. « Votre religion, leur disait-il par dérision, vous interdit les procès et les querelles. «Enfin il fit défense à tous les chrétiens d'enseigner les lettres et les sciences humaines , donnant pour raison qu'ils devaient demeurer dans l'ignorance et croire sans raisonner. Ce genre de persécution aurait été plus funeste à l'Eglise que la cruauté des Néron etdes Dioclétien si Dieu n'avait renversé l'infernal projet de Julien par une mort prématurée.
Dieu, qui veille sans cesse h la conservation de son Église, suscita dans le quatrième siècle pour sa défense un grand nombre d'hommes éclairés et d'une éminenlc vertu : voici les noms des plus re commandables d'entre eux. Après S. Athanase, qui fut pendant une longue vie le lléau de l'arianisme et le principal rempart de la foi catholique, on compte, i° S. Martin, évêque de Tours, qui par ses miracles encore plus que par ses prédications acheva de détruire le paganisme dans les Gaules; 2° S. JeanCihrysostome, évêque de Constantinople, célèbre par son éloquence chrétienne et par son 7.Me apostolique peur la réforme des abus; 3° S.Ambroise, évêque de Milan, et S. Hilaire, évêque de Poitiers, qui résistèrent avec une constance invincible aux princes protecteurs de l'hérésie, et qui empêchèrent larianisme de s'établir dans l'Occident; /," S. Basile, évêque de Césarée en Cappadoce, et
S. Grégoire de Nazianze, dont les vertus et les travaux contribuèrent beaucoup à la chute de l'arianisme dans l'Orient.
Du sein de cette hérésie il s'en était élevé une autre qui attaquait la divinité du Saint-Esprit : elle avait pour chef un nommé Macédonius, qui s'était emparé du siège de Constantinople. Lorsque les ariens commencèrent à déchoir les macédoniens prirent faveur. Leur extérieur était grave et leur vie austère: sous cette apparence de piété ils s'étendirent et se firent bien des partisans. Mais l'empereur Théodose, prince également grand par sa piété et par ses exploits, opposa une digue à l'erreur. Il commença par publier une loi dans laquelle il désigna la communion avec l'Eglise romaine comme une marque sûre de catholicité. Puis pour achever de fermer la bouche aux hérétiques il invita tous les évêques d'Orient à se rendre à Constantinople. L'ouverture du concile se fit avec beaucoup de solennité. On essaya d'abord de ramener les macédoniens à la foi: mais ils le refusèrent opiniâtrement, et se retirèrent du concile, qui alors les traita comme des hérétiques déclarés. On confirma le Symbole du concile de Nicée, et l'on y ajouta les paroles qui regardent la divinité du Saint-Esprit. Thcodose reçut cette décision comme sortie de la bouche de Dieu même, et fit une loi pour appuyer les décrets du concile. Quoique cette assemblée n'ait été composée que des évêques d'Orient, cependant l'approbation que le pape et les évêques d'Occident lui donnèrent ensuite fit reconnaître ce concile comme œcuménique.
Pendant le quatrième siècle un schisme funeste
déchira l'Église d'Afrique; ce fut celui des donatisles. Il ne s'agissait d'abord que de savoir si Cécilien, évêque de Carthage, avait été légitimement ordonné. Quelques évoques, ayant à leur tête l'un d'eux nommé Donat, prétendirent que son ordination n'était pas légitime. Le pape, à qui l'on porta celte affaire, prononça en faveur de Gécilien ; mais Donat et ses partisans refusèrent de se soumettre, et bientôt leur opiniâtreté dégénéra en fureur. Ils s'emparaient des ég!ises à main armée, brisaientles autels et les vases sacrés. Leur impiété alla jusqu'à rebaptiser de force; et quand on refusait d'y consentir on éprouvait de leur part les traitements les plus cruels.
S. Augustin, évêque d'Hippone, entreprit les plus grands travaux pour ramener les donalisles dans le sein de l'Église : il réussit h en convertir un grand nombre, mais les autres n'en devinrent que plus furieux; ils lui dressèrent des embûches, et ce-grand ■■évêque y aurait péri sans une protection spéciale delà Providence, qui le destinait à être la lumière de l'Église.
Les évêques catholiques, touchés de ces maux; proposèrent une conférence; et l'empereur Théodose le -Jeune approuva ce parti. Tous les évêques d'Afrique, tant les donatisles que les catholiques, eurent ordre de se rendre h Carlhage. On choisit de chaque côté sept évêques pour conférer ensemble au nom de tous les autres. Alors les évêques catholiques, au nombre de près de trois cents, donnèrent un exemple admirable de générosité ; ils offrirent de céder leurs sièges aux évêques donatisles, pourvu que ceux-ci voulussent bien mettre fin au schisme