‹ Vies choisies des principaux saints (volume 4)Chapitre 43 sur 104 · S. BARLAAM · texte numérisé non relu

S. BARLAAM

tirèrent les grâces les plus abondantes, et augmentèrent encore le désir qu'il avait de souffrir pour la vérité. Ayant été conduit devant le juge, celuici le railla sur son extérieur et sur son langage rustique , mais il fut étonné de sa grandeur d'ame et de son inébranlable constance. Il ne poussa pas un soupir et ne laissa pas échapper une seule plainte pendant la cruelle flagellation qu'on lui fit souffrir. On l'étendit ensuite sur le chevalet, où presque tous ses os furent disloqués. Au milieu de ces tourments il était si tranquille et si gai qu'on eût dit qu il était assis a un banquet délicieux ou sur un trône. Le juge le menaça de la mort, et fit exposer à ses yeux des glaives et des haches encore tout teints du sang des martyrs. Barlaam les considéra sans effroi; sa douceur et son air composé confondirent et déconcertèrent les persécuteurs. On le remena en prison. Le juge, honteux d'avoir été vaincu par un pauvre paysan, chercha a inventer quelque nouveau genre de supplice pour venger ses dieux, qu'il croyait outrages parla constance du martyr. Il eut recours a un moyen dont le succès lui parut assuré. On tira Barlaam de sa prison, et on leplaça devant un autel où étaient des charbons allumés pour brûler l'encens destiné au sacrifice. On lui étendit la main sur le feu, après l'avoir couverte d'encens et de charbons embrasés. On imaginait que la douleur lui ferait secouer la main, et que, l'encens venant h tomber dans le feu qui était sur l'autel, on pourrait dire qu'il avait sacrifié. Le saint, auquel l'ombre seule du crime faisait horreur, et qui craignait de donner le moindre scandale, se laissa brûler la main sans vouloir la remuer. A la

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