DESCRIPTION
PU SERVICE FUNÈBRE FAIT £N I SSg EN L'flOlflfE0A
DE DDGUESCLIN (l).
Jesus-Ghrist qui a grant puissance, Vueil tous ceulx de mal garder , Qui du connestable de France Monsieur Bertrand orront chanter.
Oyr porront de Tordenance Gomment le Roy, qu en doit amer, Fist faire à Saint-Denys en France Mémoire du noble guerrier.
L'an de grâce trois cent mille Et quatre vins et puis neuf ans , Sept jours en May ne fut pas guile , Fist de France li roys poissant Faire en service mult noble De Bertrand , qui tant fut vaillant :
Maint roy , maint duc, maint comte amblere Furent au service presans.
Oncques mes si noble assemblée Ne fut veue nullement :
Là ot mainte thorche alumée
(t) Extrait d*un poème fait à cette époque par Guillaume de La Perene, et intitulé : Faits des Bretons en Italie sous le comiiuindement de Sylvestre de Budes, un des élèves de Duguesclin en 1378» pendant le pontificat de Grégoire XI, siégeant à Avignon. Le poème se trouve en entier dans le troisième vol. in-fol., p. 1457 du père Mar tenue, Thésaurus anecdotorum.
DESCRIPTION DU SERVICE FUAÈfiRE, CtC. 53 1
Et maint cierge certainement, Huit destriers y c*est chose prouvée, Furent en armes noblement , De Bertrand , qui Famé ayt sauvée , Orent les armes plainement»
Quatre destriers qui en l'église Furent à l'offrande menez; Deus en y ot de telle guise Comme pour un tournay armez ; Et les autres deus en la guise De guerre furent ordenez.
Quatre escuiers plains de francliise Ot sus com les destriers armez»
Le franc comte de Longueville Porta le primier des escus , .
Frères fiit Bertrant sans guile Dieux recieve s'ame la sus.
Li cons de Dammartin nobile Fu avecluy, n'en double nuls, Le second escus par saint Gile Fu porté du seignour Gremus.
Alain de Biaumont sans doubtance Li porta, et deus chevaliers , Monsieur Olivier sans feillanoe De Maugni j porta le tiers.
Le quart escu par reverance Fu porté de nobles guerroyer» .
Maugni , Beaumanoir en présence , Et Le Bègae fesoit le tiers.
Puis y fut nobkce hautaine ,
53a DESCRIPTION
Quant vint aux espées porter :
Quar le noble duc de Touraine En porta Tune sans doubter.
Et le comte de , chose est certaine , De Nevers volt après aler.
Les autres de pensée saine Allèrent après présenter.
De Navarre monsieur Pierre Porta la tierce vrayment, La quarte présenta grant erre Henri de Bar certainement.
Je croy qu ongues en nulle terre Ne fut plus noble parement , Qu il ot pour ceux qui gist en terre, A qui Dieu fasse sauvement.
Quatre benoieres sans défaillance Alaon après présenter, L'une emporta par reverance Le Baudrain bien Loy nommer Trezigindi de Saliance , Et la seconde volt porter Le maréchal sans défaillance , Qui Blainville se fait nommer*
Monsieur Guillaume Desbordes Avec celluy qui la portoit, Et la tierce portoit li Borgnes De Moubouchet avec estroit.
Un escuier qui mult est nobles , Daugenais et la quarte avoit.
Grantpré, Beaujeuauxi par ordre
Checun son office fesoit.
DU SERVICE EUN]kBR£, etC 533
Après cela je tous affie , Furent présenter li cheral^ Le primier je vous certifie Mena monseignour de La Val , La Bret en fu en sa compaignia Cliçon le bon , seigneur loyal ^ Mena Taulte quelques nul die La Marche fiit o lu j éguaL
Et le tiers destriers sans éloigne Si fut présenté noblement Par le noble duc de Bourgogne Et de Bourbon certoinement.
Le quart destrier sans millissome Si présenta très-noblement Duc de Lorraine sans yergoigne Felipe de Ber ansement.
Quand l'offrande si fut passée L'evesque d'Auxerre prêcha , Là ot mainte lerme plorée Des paroles qu'il leur recorda.
Quar il conta comment Fespée Bertrand de Glaiequin bien garda y Et comme en bataille rangée Pour France grant poine endura.
Les princes foudroient en lermes Des mots que l'evesque montroit.
Quar il disoit : Plorez, gens d'armes, Bertrand qui très tant vous amoit.
On doit regretter les fez d'armes Qu il fist au temps qu'il vivoit.
Dieux ayt pitié sus toutes âmes De la sienne y quar bonne estoit*
534 DESCRIPTION DU SEUVICi^: FUNÈBRE, CtC
Charles li noble roy de France , Qui Dieux doint vie et bonne fin, A fait faire tellement de remembrance Du noble Bertrand de Claiquin , Qu'on doit bien avoir souvenance Du noble guerrier enterrin :
Dieux otroit à s'ame honorance Et ceuls , où sont li Seraphim. âmen.