‹ Vies des peintres, sculpteurs et architectes. TrChapitre 13 sur 72 · LA REINE JEANNE D'AUTRICHE · texte numérisé non relu

LA REINE JEANNE D'AUTRICHE

Nous allons expliquer aussi clairement et aussi brièvement que possible les décorations peintes et sculptées que Ton jugea a propos d exécuter pour la réception et les noces de l'illustre reine Jeaune d'Autriche, et dont on essaya de former un ensemble ingénieux et poétique qui répondît au but que Ton se proposait. On construisit d'abord, devant la porte al Prato, par où Son Altesse devait entrer dans la ville, un immense et splendide monument d'ordre ionique, dont la dimension, vraiment imposante, montrait que l'antique Rome ressuscitait en Florence, sa fille bien-aîmée. Il s'élevait à une telle hauteur au-dessus des murailles, qu'on ïaoercevait à ulusieurs milles de distance. Il était

dédié à Florence, que l'on reconnaissait sous les traits d'une belle et gracieuse jeune femme, toute couverte de fleurs. A ses côtés se tenaient la Fidélité et l'Affection . Elle occupait la place la plus honorable et la plus voisine de la porte, comme si elle eût voulu recevoir sa nouvelle maîtresse. Pour représenter ceux de ses fils qui l'ont rendue célèbre dans l'art militaire, elle était accompagnée de Mars, leur chef et leur maître, auquel elle doit, en quelque sorte, la naissance, puisqu'elle fut fondée sous ses auspices par des guerriers. Ce dieu était à sa droite, et brandissait, d'un air menaçant, une épée, qu'il semblait désirer employer au service de la princesse. Au bas de cette statue, on voyait, sur une belle et grande toile peinte en clair-obscur, imitant le marbre blanc,d'un côtél'itivineible légion de Mars, si chère aux deux premiers Césars, et fondatrice de Florence; et de l'autre côté, les personnages illustres nés dans le sein de cette ville. Parmi ces derniers, plusieurs sortaient joyeux du temple de Mars, que la religion chrétienne a aujourd'hui consacré à saint Jean. Dans le fond, on avait placé les hommes qui s'étaient seulement distingués par le courage corporel ; sur un plan moins éloigné, ceux qui s'étaient rendus fameux par leur sagesse et leur habileté comme commissaires ou provéditeurs, et enfin, sur le plan le plus rapproché des spectateurs, les capitaines qui avaient acquis un nom immortel et par leur valeur et par leur génie. Le premier et le plus digne de tous peut-être était le glorieux seigneur Giovanni de Médicis, père du grand-duc

Cosme. Venaient ensuite Filippo Spano, la terreur des Turcs; Messer Farina ta degli Uberti, le magnanime conservateur de Florence; Messer Buonaguisa délia Pressa, ce chef de la jeunesse florentine, qui mérita, à Damiette, la première couronne murale; l'amiral Federigo Folchi, chevalier de Rhodes, qui, avec ses deux fils et ses huit petits-fils, exécuta tant de prouesses contre les Sarrasins ; puis Messer Nanni Strozzi, Messer Manno Donati, Meo Altoviri; Bernardo Ubaldini , dit délia Carda, père de Federigo, duc d'Urbin, l'un des meilleurs capitaines de notre époque, et Messer Niccola Acciaiuoli, ce grand connétable, qui, à bon droit, peut passer pour avoir conservé le royaume de Naples à la reine Jeanne et au roi Louis, et qui, en Sicile, se conduisit avec tant de bravoure et de fidélité. Citons encore un autre Giovanni de Médicis et Giovanni Bisdomini, qui s'illustrèrent dans les guerres des Visconti, et l'infortuné mais valeureux Francesco Ferrucci. Parmi ceux qui appartenaient à une époque plus reculée, on remarquait Messer Forese Adimari, Messer Veri de' Cerchi, Messer Brindaccio da Ricasoli, et Messer Luca da Panzano. Parmi les commissaires, on reconnaissait Gino Capponi, avec Neri, son fils, et Piero, son arrière-petit-fils, celuilà même qui, déchirant courageusement les pactes insolents du roi de France Charles VIII, eut l'immortel honneur de mire, suivant l'expression du poète ,

nobilmente sentira

La voce d'an Cappon fra tanti Galli.

Autour deux se pressaient Bernardetto de Médicis, Luca di Masodegli Albizzi; Tommaso, dit del Palagio; Piero Vettori, bien connu dans les guerres avec les Aragouais; Antonio Giacomini, Messer Antonio Ridolfi, et une foule d'autres personnages qu'il serait trop long de nommer, et qui, tous, se montraient joyeux d'avoir porté ai haut la gloire de leur patrie, à laquelle ils semblaient prédire de nouvelles félicités, comme l'indiquaient cas quatre vers inscrits sur l'architrave :

Haoc peperere suo patriam qui sanguine nobis Aspice magnanimos Heroas, nunc ut ovantes, ht laeti incedant, feficem terque qnaterque Certatimque voccnt, taii sub principe, Floram.

La statue de Tune des neuf muses, faisant pendant à celle de Mars, témoignait également une vive allégresse, que partageaient les savants représentés sur la toile placée sous ses pieds. Par là on voulut montrer que Florence n'avait jamais manqué d'hommes célèbres dans les lettres, aussi bien que dans la guerre, et qu'elle s'en était entourée pour recevoir dignement la princesse. La Muse qui les guidait était revêtue d'un costume pudique et élégant. Elle tenait d une main un livre, et de l'autre une flûte, et paraissait inviter affectueusement les spectateurs à tourner toutes leurs pensées vers la vertu. Au-dessous d'elle était peint en clair-obscur un grand et splendide temple, dédié à Minerve, et précédé de la statue de cette déesse, couronnée d'olivier et armée de l'égide. Ce temple était en-

touré d'une balustrade, derrière laquelle se tenaient une foule d'hommes graves et vénérables. Parmi les théologiens, on reconnaissait Frate A»*tonino, archevêque de Florence, dont la mitre était tenue par un petit ange; le cardinal Giovanni Dotninici; don Ambrogio, général des Camaldules; Messer Ruberto de' Bardi, Maestro Luigi Marsili, Maestro Lionardo Datf, et beaucoup d'autres. Parmi les philosophes, on voyait Messer Marsilio Ficino, Messer Francisco Cattani da Diacceto, Messer Francesco Verini l'Ancien, et Messer Donato Acciaiuoii. Les légistes étaient représentés par le grand Accursio, par Franoesco son fila, et par Messer Lorenzo Ridolfi, Messer Dino Rossoni di Mngello, et Messer Forese da Rabat ta. En tête des médecins, on apercevait Maestro Taddeo, Dino, Tom maso del Garbo, Maestro Torrigian Valori , et Maestro Niccolô Falcucci. Les mathématiciens comptaient dans leurs rangs Guido Bonatto, Maestro Paolo del Pozzo, le noble Leon-Battista Alberti, Antonio Manetti, et Lorenzo délia Volpaia, auteur de la merveilleuse horloge planétaire qui orne aujourd'hui la galerie du duc. Parmi les navigateurs, on distinguait l'habile et heureux Amerigo Vespucci, qui a donné son nom a l'Amérique; et, parmi les érudits, Messer AgnoloPoliziano, à qui les langues latine et toscane sont redevables de tant de bienfaits, comme chacun sait. Avec lui étaient Pietro Crinito, Giannozzo Manetti, Francesco Pucci, Bartolommeo Fonzio, Alessandro de' Pazzi, Messer Cristofano Landini, Messer Coluccio Salutati, Ser Brunetto Latini, maître du

Dante, et Messer Marcello Vergilio Adriani, père du savant Messer Giovanbattista, dit le Marcellino, qui professe aujourd'hui publiquement les lois, et auquel Leurs Excellences ont récemment confié le soin de rédiger l'histoire de Florence. On n'avait pas non plus oublié les poètes qui ont écrit en latin, tels que Clau dien parmi les anciens, Carlo Marsu ppini et Zanobi Strada .parmi les modernes. Au nombre des historiens, on voyait ensuite Francesco Guicciardini, Niccolô Macchiavelli , Messer Lionardi Bruni, Messer Poggio, Matteo Palmieri, Giovanni et Matteo Villani, et Ricordano Malespiui. La plupart de ces personnages tenaient soit des rouleaux de papier, soit des livres où on lisait leurs noms et les titres de leurs ouvrages. La présence de cette noble assemblée élait expliquée par les quatre vers suivants, inscrits sur l'architrave :

Artibus egregiis Latiae Graiœque Minervac Florentes semper. quis non miretur Hetruscos? Sed magis hoc illos aevo floruere necesse est, Et Cosmo genitore, et Cosmi proie favente-

A côté de Mars, et non loin de la statue de Florence, on avait placé celle de Cérèa, déesse de l'agriculture, cet art utile que les Romains avaient en; si haute estime, comme le témoignent Gaton qui l'appelle le nerf de la république, et Pline lorsqu'il dit que les empereurs travaillaient les champs de leurs propres mains , et que la terre se réjouissait d'être labourée avec un soc orné de lauriers, et guidé par un triomphateur. Cérès était représentée

couronnée d'épis , tenant d'une main une faucille, et de l'autre une gerbe de blé. Florence était, à bon droit , accompagnée de cette déesse ; car combien ne peut-elle pas se glorifier du degré de prospérité où elle a poussé l'agriculture? Pour s'en convaincre, il suffit de jeter les yeux sur son territoire, si riche, que, sans parler des innombrables et superbes palais dont il est parsemé , il l'emporte de beaucoup sur Florence elle-même, quoique celle-ci soit peutélre la plus belle de toutes les villes connues : aussi mérite-t-il bien le titre de jardin de l'Europe. Malgré son peu d'étendue, malgré les montagnes qui le sillonnent , il est si fertile et si bien cultivé, qu'il nourrit largement, non-seulement le peuple immense et les nombreux étrangers qui l'habitent, mais souvent encore les pays voisins ou éloignés. Maintenant revenons à notre sujet. La toile qui se trouvait au-dessous de la statue de Cérès représentait un magnifique paysage orné d'une multitude d'arbres. Dans le lointain on apercevait un petit temple antique, ouvert, soutenu par des colonnes , et rempli de personnages qui sacrifiaient religieusement à Cérès. Dans un endroit plus agreste, on voyait, autour d'uue fontaine limpide et ombreuse, des nymphes chasseresses qui offraient à la princesse le spectacle des plaisirs et des jeux que Ton rencontre en Toscane, autant peut-être que dans toute autre province de l'Italie. D'un autre côté, de belles et jeunes paysannes, revêtues de costumes gracieux, et tenant des guirlandes fleuries et des fruits, accouraient en foule pour contempler

leur nouvelle maîtresse. Au-dessus de ce tableau on lisait les quatre vers suivants, empruntés à Virgile :

Hanc olim veteres vitam coluere Sabini, Hanc Remus et frater, sic fortis Hetruria crevit Scilicet et rerum facta est pulcherrîma Flora, Urbs an tiqua, potens armis, atque ubere glebae.

La statue de Cërès avait pour pendant celle de l'Industrie. Il s'agit ici non de cette industrie mercantile que Ton rencontre dans tous les pays, mais d'un certain génie particulier aux Florentins , qui les fait réussir dans toutes leurs entreprises. Cette industrie , à laquelle Florence savait bien qo elle devait sa grandeur et sa puissance, fut représentée sous la figure d une femme revêtue d'un costume simple et léger, tenant un sceptre garni de deux petites ailes comme le caducée de Mercure, et surmonté d'une main, au milieu de la panne de laquelle était un oeil. La toile placée au-dessous de cette statue représentait un vaste portique , semblable au Mercato-Nuovo, où nos marchands ont coutume de se réunir pour traiter leurs affaires. Ce portique était orné de la statue de la Fortune, assise sur une roue, et de celle de Mercure, tenant une bourse et son caducée. D'un côté, on voyait une foule de nobles commerçants qui semblait vouloir offrir à la princesse des draps d'or et de soie, des étoffes précieuses et des broderies d une beauté merveilleuse. D'un autre côté , se montraient des artisans avec des meubles sculptés et enrichis de

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marqueterie, avec des ballons, des masques, et des jouets de toute espèce. Le contentement dont étaient remplis tous ces personnages, la gloire et le profit que Florence devait à leurs travaux, étaient parfaitement exprimés dans les quatre vers suivants, écrits au-dessus de la toile :

Quas art es pariât solertia, nutriat usus, Anna moastravit quondam Ftorentta candis. Pandere namqoe acri iageoio, atque eoixa labore «*

Praestanti, unde paret vitam sibi quisque beatam.

A côté de la statue de Cérès, était celle d'Apollon. Au-dessous de ce dieu, on avait peint l'Hélicon et le cheval Pégase. La montagne sacrée était couronnée d'une belle et spacieuse prairie, arrosée par la fontaine Aganipe, autour de laquelle se reposaient les neuf muses. A l'ombre d'une verte foret de lauriers, des poètes devisaient ensemble, se promenaient ou chantaient aux sons de la lyre, tandis qu'une troupe de petits amours voltigeaient en folâtrant au-dessus des arbres , lançaient des flèches et semaient des couronnes de laurier. Au premier rang, on voyait l'énergique Alighieri , le genti 1 Pétrarque et le fécond Boccace. Ces trois poètes semblaient promettre à la princesse de communiquer aux génies florentins le talent de la célébrer dignement. Près d'eux on reconnaissait Messer Cino da Pistoia, le Montemagno , Gtiido Cavalcanti , Guittone d'Arezxo et Dante da Maiano, leurs con* temoorains. D'un autre côté . on apercevait Mon-

signor Giovanni délia Casa , Luigi Alamanni, Lodovico et Vincenzio Martelli, Messer Giovanni Rucellai et Girolamo Benivieni. Messer Benedetto Varchi, dont nous avons aujourd'hui la perte à déplorer, aurait certainement occupé une place distinguée dans cette noble assemblée, s'il n'eût pas été alors encore vivant. Dans un autre groupe, on remarquait Franco Sacchetti , auteur des trois cents nouvelles, et d'autres écrivains méritants, bien que peu connus maintenant, tels que Luigi Pulci, Bernardo et Luca, ses frères , le Ceo et Y Altissimo. Enfin , le Berni , père et inventeur de la poésie toscane burlesque , le Burchiello, Antonio Alamanni et l'Accolti, de même que tous leurs compagnons, semblaient joyeux de l'arrivée de la princesse. L'Arno, appuyé sur son lion, et couronné de lauriers par deux enfants , le Mugnone et Fiesole sous la figure d'une nymphe dont le front était surmonté de l'image de la lune, et entouré d'un diadème d'étoiles, témoignaient la même allégresse. Sur l'architrave qui dominait ce tableau, on lisait les quatre vers suivants :

M usa ru m hic régnât chorus ; atque Helicone virente Posthabito, venere tibi, Florentia, vates Eximii, quoniam celebrare baec regia digno Non potuere suo, et connubia carminé sacro.

On avait donné pour pendant à l'Apollon la statue dn Dessin, père de la Peinture, de la Sculpture et de l'Architecture, et que Florence vit, sinon renaître, tout au moins prospérer et grandir dans ses murs.

Cette Btatue avait trois visages pareils et tenait dans chaque main les outils des trois arts qui appartiennent au dessin. La toile, placée sous ses pieds, représentait une immense galerie, ornée d'une multitude de statues et de tableaux antiques et modernes, que copiaient différents maîtres. D'autres dessinaient attentivement un modèle anatomique , ou prenaient des mesures d'architecture, tandis que le divin Michel-Ange Buonarroti, leur roi, montrait avec joie la pompeuse entrée de la noble princesse à Andréa del Sarto, à Léonard de Vinci, au Pontormo, au Rosso, à Perino del Vaga, à Francesco Salviati, à Antonio da San-Gallo et au Rustici qui l'entouraient respectueusement. D'un autre côté , on voyait le vieux Cimabue, acconlpagnédeGiotto, des Gaddi, de Buffalmacco, de Benozzo, et de maints artistes du même temps. Dans un autre groupe on remarquait les maîtres auxquels l'art est redevable de tant de progrès, c'est-à-dire le grand Donatello, Filippo Brunelleschi, Lorenzo Ghiberti, Fra Filippo Lippi, l'excellent Masaccio, Desiderio da Settignano, le Verrochio, et beaucoup d'autres, dont nous avons parlé ailleurs assez longuement pour ne pas nous en occuper ici davantage. Sur l'architrave on lisait :

Non pictura satis, non possunt marmora et aéra Tuscaque non arcus, testari ingentia facta, Atque ea pracipue, quae mox ventura trahuntur. Quis nunc Praxiteles cœlet, quis pingat Apelles?

Le soubassement des six vastes et magnifiques

3a LA PORTE AL PRATO.

toiles que nous venons de décrire était couvert d'une gracieuse troupe de petits enfants qui indiquaient les moyens à employer dans choque art pour arriver à la perfection obtenue par les hommes représentés dans les tableaux au-dessous desquels ils étaient distribués. Les toiles étaient séparées par de hau tes colonnes et des pilastres accompagnés de trophées variés. Mais on admirait surtout les dix devises, ou pour mieux dire peut-être, les dix revers de médailles peints dans les compartiments ménagés au-dessus des colonnes. Sur le premier revers, rétablissement d'une colonie était figuré par un taureau et une vache attelés au joug et marchant devant un laboureur voilé et tenant un bâton courbé par en haut, comme les anciens augures. I /à me de cette devise était ainsi conçue : Colonia lutta Florentin. Le second revers, copié sur l'antique cachet de la ville dont on se sert pour sceller les actes publics, montrait Hercule avec sa massue et la peau du lion de Némée. Sur le troisième revers, Pégase frappait du pied l'urne de l'Arno , d'où sortait un fleuve limpide couvert de cygnes. Sur le quatrième revers, Mercure, tenant le caducée et une bourse, était accompagné d'un coq comme sur les cornalines antiques. Le cinquième revers correspondait à U statue de l'Affection, dont nous avons parlé en commençant, et représentait une jeune femme couronnée de lauriers par deux consuls ou empereurs revêtus de l'habit militaire. Autour on lisait ces mots : Gloria Pop. Florent. Sur le sixième revers, qui répondait à la statue de la Fidélité , on voyait

une femme assise, sur un autel,

et l'autre levée comme lorsqu'on prête serment. Près délie était écrit : Fides Pop. Florent. Le septième revers portait deux cornes d'abondance pleines d'épis. Le huitième était occupé par la Peinture, la Sculpture et l'Architecture montées sur un piédestal orné d'un capricorne. Elles se tenaient par la main comme les trois Grâces pour indiquer que chaque art est dépendant de l'autre. Le neuvième revers représentait Florence à qui Ton offrait des branches de laurier pour la remercier d'avoir présidé à la renaissance des lettres. Le dixième et dernier revers renfermait ces paroles : Tribu Scaptia, inscrites sur un écu soutenu par un lion. Maintenant nous glisserons rapidement sur les armoiries de Leurs Excellences, et sur celles de la princesse et de la ville, ainsi que sur la grande couronne ducale dorée que tenait Florence , pour parler de la principale devise qui fut placée au-dessus de tous les écussons. Cette devise était composée de ces mots : Hoc fidunt, et de deux alcyons construisant leur nid sur la mer au commencement du printemps, comme l'indiquait le soleil que Ton voyait entrer dans le signe du capricorne. Par là on voulait montrer que, de même que les alcyons peuvent faire en sécurité leurs nids sur l'eau à l'époque où le soleil est dans le signe du capricorne qui rend calmes les flots de la mer, de même Florence protégée par cette heureuse constellation peut fleurir en toute saison. Cette pensée, et toutes celles que nous avons relatées plus haut, étaient en partie exprimées dans fin»

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