‹ Vies des saints de BretagneChapitre 103 sur 130 · JÉSUITES · texte numérisé non relu

JÉSUITES

sous leur direction très-florissants,et celui de Vannes, suivant le témoignage d'un historien de la Compagnie a, a réuni jusqu'à douze cents écoliers. En 4665, après avoir vaincu bien des d ifficul tés, les Jésuites établirent à Nantes une résidence, et ils donnaient des retraites dans leur maison Louis XIV les chargea, en 1685, de diriger le séminaire des aumôniers de la marine à Brest. Ils devaient en même temps desservir l'église de Saint-Louis qui venait d'être érigée en paroisse et qui fut, en 1688, unie à leur séminaire ; mais des habitants ayant ensuite vu cette union avec peine, les Jésuites y renoncèrent, et obtinrent pour leur maison une nouvelle église qui fut construite en 1740. Les Jansénistes s'étaient introduits à Brest ; ils ne paraissent pas avoir été étrangers à ces tracasseries, qui du reste ne furent que le prélude de plus grandes persécutions ; car une simple accusation de propos séditieux, qui n'était peut-être qu'une plainte causée par une criante injustice, suffit pour porter la sénéchaussée de Brest à prononcer, en 1761, une sentence de mort contre le P. d'Ambrin, Jésuite. Heureusement pour lui, il était alors fugitif. Cet événement eut lieu à une époque où les ennemis de la Société l'attaquèrent avec fureur. Instrument des philosophes ennemis de la religion, le fameux Garadeuc de La Chalotais, avocat général au parlement de Bretagne, dénatura, dans un prétendu compte rendu, où dominait surtout la partialité la plus visible, les règles de l'institut des Jésuites, afin d'y trouver des motifs de condamnation contre les religieux qui les suivaient. La passion l'emporta sur la justice dans cette circonstance, et les Jésuites de Bretagne furent expulsés de leurs maisons en 1762. Ce déplorable événement affligea vivement tous les gens de bien. A la dernière messe dite par l'un d'eux dans l'église du collège de Vannes, il s'éleva un cri de douleur qui fut l'expression du sentiment pénible qu'éprouvaient tous les assistants. Les ennemis de la Société, non contents de leur victoire, poursuivirent encore de leurhaine les membres épars

* Le P. Jouyency , Historia Societatis Jesu.

* Il y a eu aussi, en f640,uDe maison de la Compagnie à Saiot-Malo ; mais il faut qu'elle y ait subsisté bien peu de temps ; car, à notre connaissance, .meuu historien de la province n'en a parlé.

622 l'église m Bretagne.

de ce corps si respectable, et inventèrent contre eux les calomnies les plus absurdes ; mais les Jésuites trouvèrent aussi de courageux défenseurs, et, dans les Etats de 1763, MM. de La Garlaie et de Coetanscour, gentilshommes, réclamèrent en leur faveur avec une générosité dont le souvenir mérite d'être conservé. 11 était très-naturel qu'ils eussent des amis en Bretagne, car ils n'y avaient fait que du bien ; plusieurs d'entre eux étaient des compatriotes, et la province était celle qui peut-être fournissait un plus grand nombre de sujets à la Société. Rétablis par Pie VII en 4814, les Jésuites formèrent en 1816, à Sainte-Anne d'Aurai, un établissement qui devint bientôt florissant et produisit des fruits de salut ; mais la haine des ennemis de la religion n'élait pas éteinte; aussi ces hommes zélés, ces véritables amis de la jeunesse, furent-ils encore en 1828 obligés de céder à la tempête. La Société de Jésus compte parmi ses membres plusieurs écrivains bretons : les PP. de Cresolles, Tournemine, André, Bougeant, Le Gobien, Neveu, La Santé, Frey de Neuville et plusieurs autres étaient des hommes d'un mérite distingué.

Page 1