DE SAINT-THOMAS DE VILLENEUVE
La ville de Lamballe a vu commencer, en 1661, cette utile Société, répandue aujourd'hui dans plusieurs provinces. Le P. Ange Le Proust, prieur des Augustins, touché de l'état de délaissement dans lequel se trouvaient les malades de l'hôpital, et d'ailleurs invité à les secourir par l'évéque de Saint-Brieuc, engagea plusieurs demoiselles, nobles, riches et charitables, à se réunir pour leur donner des soins. Fidèles à la voix de Dieu qui leur parlait par la bouche de son digne ministre, elles se formèrent en communauté; d'autant plus facilement que chacune d'elles était déjà vouée à Dieu par le vœu de chasteté, et suivait en particulier la règle du tiers ordre de Saint- Augustin ; elles continuèrent à l'observer lorsqu'elles furent réunies , et leur Société la suit encore. Il paraît que la personne qui commença cette œuvre sainte fut mademoiselle Le Bohu de La Pommeraye , dont la vertu était bien connue à Lamballe. Elle fut secondée par une dame de Yolvire DuBois de La Roche, d'une des familles les plus distinguées de Bretagne. Ce grain de sénevé devint bientôt un grand arbre, et dans l'espace des vingt années qui suivirent la fondation, les Hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve formèrent quatorze établissements ; elles choisirent de préférence les hôpitaux pauvres et délaissés, car tel est le but spécial de leur institut. En 1698, elles achetèrent à Paris, rue de Sèvres, faubourg Saint-Germain, une maison qui, depuis cette époque, est devenue le lieu de la résidence de la supérieure générale et le noviciat de la Société. Un certain nombre de leurs maisons forme un canton; ces cantons sont au nombre de trois, et chacun d eux est dirigé par une assistante. Ces Hospitalières, non-seulement soignent les malades, mais elles se chargent aussi de gouverner les hospices qui renferment les vieillards, les enfants et les infirmes. Elles ont, de plus, des maisons où elles reçoivent les
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personnes qui veulent prendre part aux exercices des retraites. Les Hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve ont toujours paru si utiles à Paris, qu'elles n'ont jamais été expulsées de leur maison, même dans les moments les plus affreux de la révolution, et elles habitent encore leur ancienne demeure. Elles furent traitées moins favorablement en province. Eu 1 792, on les chassa de tous leurs hôpitaux; mais les femmes qui prirent leur place dissipèrent tellement et si promptement le bien des pauvres, qu'il fallut se hâter de rappeler ces véritables mères des indigents qui, par esprit de foi, s'appliquent à soulager toutes les infirmités humaines. La Société de Saint-Thomas de Villeneuve a été jusqu'ici gouvernée par des Bretonnes, et reçoit toujours un grand nombre de sujets de la Bretagne.