DE SAINT-AUGUSTIN
L'origine des Chanoines réguliers n'est pas bien connue. Ceux qui veulent faire remonter cet ordre aux premiers siècles de l'Eglise en attribuent l'établissement à saint Augustin ; mais ils ne peuvent prouver leur assertion. Ce qu'il y a de plus certain sur cette matière, c'est que saint Chrodogand, évêque de Metz, qui vivait dans le vine siècle, donna une règle aux chanoines qui desservaient les églises cathédrales et qui vivaient alors en communauté. Cette règle, dont celle de Saint - Augustin fut la base et qui depuis ceite époque a éprouvé diverses modification!, a
ORDRE DÈS CHANOINES RÉGtLIERS. 499
été luivle par un grand nombre de communautés de clercs qui ont fini par former des ordres religieux. On ne sait pas an juste en quel temps les Chanoines réguliers s'étaient établis en Bretagne; mais ils n'y étaient pas plus anciens que le milieu du xue siècle. Ils y possédaient neuf âbbayes, dont six appartenaient à la congrégation de Sainte- Geneviève, nommée aussi congrégation de France.
Auffroy, fils de Meen , seigneur de Fougères , fonda en 1024, suivant Ogée, une collégiale dans l'église de Saint-Pierre-de-Rillé.
Henri de Fougères, fils de Raoul, sire de Fougères, et de Havoise de Bienfait, fit de ce collège une abbaye située dans un faubourg de Fougères, diocèse de Rennes, et il la donna aux Chanoines réguliers qu'il appela d'ailleurs.On ne sait en quelle année il forma cet établissement, ni quel en fut le motif. Tout ce qui nous paraît certain, c'est que le seigneur, chassant dans la forêt de Fougères en 1150, fut attaqué de la maladie dont il mourut. Il se fil transporter dans son château de La Foresterie, près du bourg de Landéan, où il appela tous les clercs, ses enfants, ses barons, êt une partie de ses sujets pour leur déclarer ses dernières volontés. Il recommanda sur toutes choses à Raoul, son fils aîné, de proléger l'abbaye de Rillé et toutes ses dépendances. Après avoir réglé ses affaires domestiques, il prit l'habit de l'ordre de Clieaux, avec le consentement de sa femme, et s'engagea dans la communauté de Savigni, où il mourut la même année. Cette* abbaye était fondée pour huit chanoines réguliers et produisait à son abbé un revenu annuel de trois mille francs. La mcuse abbatiale avait été réunie en 1721 à la cure de Lorient; mais il paraît que cette réunion ne subsista pas jusqu'à la révolution et qu'on nomma un nouvel abbé commendataire, différent du curé
1 Abbatia Sancti Pétri de ReUeyo et Releja.
de Lorient. La réforme de sainte Geneviève fat introduite à Rillé en 1628 par le vénérable P. Faure, réformateur des Chanoines réguliers. Le peuple de Fougères l'accueilli l comme un ange du ciel. L'église de l'abbaye a été détruite, mais les autres bâtiments subsistent encore et ont été transformés en un hôpital d'incurables, desservi par des sœurs d'une pieuse société du pays.
CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS
Gautier d'Alion fut le premier abbé de Rillé. Il était présent à la cérémonie dont on vient de parler, et mourut le 9 janvier 1157.
Guillaume* fut élu en 1157 et mourut le 5 mars 1175. il fit confirmer par Raoul de Fougères la fondation ée sôn monastère et toutes les donations qui y avaient été faites.
Maurice souscrivit à l'accord fait en 1J74 entre Guillaume, abbé de Saint-Melaine, et Josselin, abbé de Savigni, pour les dîmes de la paroisse de Thorigné. Il fut commis en 1184 par le pape pour juger le différend que les religieux de Sainte-Croix de Vitré avaient avec les seigneurs de La Ville-Rolland. On ne sait pas l'année de sa mort; le jour en est marqué dans le nécrologe de son monastère.
Pierre souscrivit en 1197 à un accord passé entre Herbert, évêque de Rennes, et l'abbé de Marmoutier. Il vivait encore en 1200, selon une charte de Savigni. Sa mort est marquée au 4 janvier dans le nécrologe de son abbaye.
Gautier fut témoin de la paix faite entre l'abbesse de Saint-Sulpice et Juhel de Mouazé, en présence de Pierre de Dinan, évêque de Rennes, touchant les moulins de Mouazé. Il vivait encore en 1210, selon une charte de Marmoutier.
Guillaume certifia en 1217 la transaction passée entre l'abbé du Mont-Saint-Michel et Guillaume Le Moine, chevalier, touchant la chapelle de Notre-Dame-de-Malterre.
Les actes nous fournissant très-peu d'abbés de Rillé jusqu'au xvie siècle, nous remplirons les intervalles des noms qui se trouvent dans le nécrologe.
« Monast. anglic% t. p. 810. ,
Rolland mourut le 14 février, selon le nécrologe de son abbaye.
Philippe mourut le 19 mars, selon le même nécrologe. Il , transigea en 1255 avec l'abbesse de Saint-Sulpice pour les dîmes de Saint-Médard.
Luc mourut le 15 juin, suivant le même nécrologe.
Mathieu mourut le 19 août, selon le même nécrologe.
Thomas transigea en 1286 avec Hugues Le Brun, comte de La Marche et seigneur de Fougères, sur la haute justice du bourg de Rillé. Il mojirut le 10 février, selon le nécrologe de son abbaye.
Ragenard mourut le 20 septembre, selon le même nécrologe.
Ancelin mourut le 24 octobre, selon le même nécrologe. Geoffroi mourut le 1er novembre, selon le même nécrologe.
Hugues Mauveis mourut le 5 mars, selon le même nécrologe.
Guillaume gouvernait l'abbaye en 1591, selon une charte de son abbaye. Ce peut être le G. dictus abbas Burgensis, dont il est parlé dans le nécrologe, et qui mourut le 18 septembre.
Jean de Rennes était abbé en 1406, selon un acte de son abbaye. Il mourut le 29 janvier, selon le nécrologe qui indique également le jour de la mort des abbés suivants.
Mathieu Groussin mourut le 11 mars.
Geoffroi Piédevache mourut le 19 février.
Jean de Laval était abbé en 1451 , et mourut le 6 janvier, selon l'obituaire de Montfort.
Mathieu de Saint-Gilles mourut le 4 avril, suivant le nécrologe de son abbaye.
Jean de Vauleon, de Valle Leonis, mourut le 24 juin, selon le même nécrologe.
Guillaume de Touffou obtint une sauvegarde pour sa maison en 1460, et conféra le prieuré d'Apigné en 1479.
502 ' l/ÉCLlSF. DE BRETAGNE.
Sa mort est dans le nécrologe an 6 décembre. Il fut le premier professeur de droit canôn dans l'université de Nantes, et il travailla beaucoup à l'érection (Je ce^e université.
Raphaël de Cerva tenait l'abbaye en 1496. Il y a apparence que c'était un Italien pourvu parle pape.
Maurice Le Bigot, protonotaire du saint Siège, occupait celui de Rillé en 1505, et mourut le 3 juillet 1837. Son temporel fut mis en régaje Je 11 du même mois.
Jean Le Bigot, neveu du précédent, obtint mainlevée des revenus de Rillé le 25 août 1537. 11 fit serment de fidélité au roi dans la chambre des comptes de Nantes, le 37 mail 541.
Sébastien Thomé, trésorier de l'église de Rennes, et prieur des prieurés de Saint-Sauveur-des-Landes et de Noyal-sur- Vilaine, était encore abbé de Rillé en 1558. Il fit serment de fidélité au roi pour ses bénéfices en 156J, et mourut le 14 janvier 1569, suivant le nécrologe de son abbaye.
Réné de La Haye fut nommé en 1569, et mourut le 1er août 1581, selon le même nécrologe.
Melchior be Marconnai, grand vicaire du diocèse de Rennes, fut pourvu de l'abbaye de Rillé en 1581, nommé à l'évêché de Saint-Brieuc en 1601, et mourut en 1618.
Nicolas de Limagces succéda à 1 evèque de Saint-Brieuc.
Pierre d'Kspinose assista aux Etats de Bretagne en 1655 et 1657, comme abbé de Rillé.
N. Cohalan, curé de Lorient, fut à ce titre abbé commendataire de Rillé.
If. LpwyiçB de Tbomjojly^ successeur de M. Cohalan dans la cure «le Lorient, fut également abbé de Rillé en 1763; mais ayant été nommé ensuite doyen de la cathédrale de Saint-Brieuc, il conserva cette abbaye, et c'est sans doute à cette époque que l'union de Rillé à la cure de Lorient cessa. M. de Tronjoly conserva ce bénéfice jusqu'en 1790, qu'il en fut dépouillé par la révolution.
ABBAYE DI SAINTE-CROIX DE GtJINGAMP. $QZ
ABBAYE de SAINTE-CROIX DE GUINGAMP l.
Cette abbaye, du diocèse de Tréguier, était située dans un faubourg de Guingamp, qui conserve encore le nom de Sainte-Croix. Etienne, comte de Penthièvretf,et la comtesse Havoise, son épouse, la fondèrent et y mirent, vers l'an 1130, des chanoines réguliers, qu'ils tirèrent de l'abbaye de Bourgmoyen près Blois.On ne sait pas en quelle année le comte fit cette fondation ; tout ce qui paraît certain, c'est qu'il mourut en 1157, et que cet établissement fut confirmé par le duc Conan IV, son petit-lits, et par la duchesse Marguerite d'Ecosse, son épouse. Celte maison avait été tellement ruinée par les abbés commendaiaires, qu'il ne s'y trouvait plus de religieux longtemps avant la révolution, quoique la fondation eût été faite pour huit chanoines. Le revenu annuel de l'abbé était de quatre mille francs. Les bâtiments de l'abbaye subsistent encore et servent maintenant à des usages profanes.
CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS
Saint Jean*, surnommé de La Grille, fut le premier abbé de Sainte-Croix, qu'il gouverna pendant quatorze ans. il devint ensuite évéque de Sajni-Maloen 1144, et mourut en 1173, le 1er février, jour où l'on célèbre sa fête*.
Moyse fut élu en 1144, et souscrivit à plusieurs chartes du duc Conan IV. Son zèle pour la pureté des mœurs lui
1 Jbbatia Sancfœ Crucis Guengampensts.
<* Bcrnier, Hist. de Mois, p. 49.
♦ Martène, t. 3, Jnecdot., p. 920.
* Voyez son article, Vies des Saints de Bretagne, t. 2. Nous profitons de cette occasion pour réparer une omission que nous avons faite dans sa vie. Nous ignorions qu'on eût viaité son tombeau avant la révolution. Nous savons maintenant que cette visite fut faite par M. Des Laurents, le 15 octobre 1785. On vient d'en retrouver les actes à Saint- Mal©.
attira l'indignation de Henri, comte de Penthièvre. Ce prince ne pouvant supporter les reproches de l'abbé, qui avait été chapelain de sa mère, le chassa de sa maison et donna sa place à une demoiselle qui lui servait de concubine. Les chanoines eurent recours au pape Eugène III, qui fît rentrer Henri dans son devoir. Pour réparer le passé, il retira sa concubine de l'abbaye de Sainte-Croix, et la maria à un de ses barons, qui était prévôt de Tréguier. Il rappela ensuite Moyse, et le rétablit dans ses honneurs. Nonobstant cette satisfaction, quelques personnes accusèrent encore Henri auprès du pape Alexandre III. Pour fermer la bouche à ses ennemis, il envoya à Rome, vers 1180, R., abbé de Sainte-Croix, auquel il donna une lettre pour le pape. Cette lettre nous apprend que Henri avait alors quatre-vingts ans; qu'il avait placé par ordre de son père la première pierre de l'église de Sainte-Croix adhuc infantulus; et qu'Hle avait eu trois abbés qui l'avaient gouvernée depuis plus de cinquante ans. D'où l'on peut conclure que cette église fut commencée vers 1110, et que les chanoines y eutrèrent vers 1130, comme nous l'avons dit.
R. lut le troisième abbé de Sainte-Croix, suivant la lettre dont on vient de parler. On ne sait pas en quelle année il mourut.
Jodoin obtint en 1190 une bulle du pape Clément III, qui confirma la fondation de son abbaye et ratifia toutes les donations qui y avaient été faites. Le pape rappelle dans sa bulle celles de ses prédécesseurs Innocent II et Alexandre 111 pour la même abbaye. Jodoin vivait encore en 1202.
L. souscrivit à la fondation de l'abbaye de Guirvinil ou de Beauport faite en 1202 par Alain, comte de Penthièvre, ei> présence de Guillaume, évèque de Saint-Brieuc, et de Geoffroy Loiz, évêque de Tréguier.
Daniel trausigea en 1267 avec Alain de Lezardrieu, évèque de Tréguier, pour la propriété de l'église de Ploumagoar.
Jean de Pledran transigea, le 6 février 1597, avec