ABBAYE DE NOTRE-DAME DE DAOULAS
Daoulas2 était anciennement un château appartenant aux seigneurs de Léon. Guyomarch. vicomte de Léon, le changea en une abbaye de chanoines réguliers en 1173 3 pour réparer le crime qu'il avait commis, en faisant assassiner Hamon, évêque de Léon, son oncle. Cette fondation fut approuvée la même année par Geoffroi, évêque de Qu imper. Ses successeurs, ainsi que les archevêques de Tours, la confirmèrent dans le siècle suivant.
Cette abbaye, fondée pour quatre religieux, et qui donnait son nom à une petite paroisse sur le territoire de laquelle elle se trouvait, était du diocèse de Quimper et près de Plougastel. La mense abbatiale, riche de douze mille francs de revenu, fut en 1692 unie au séminaire des Aumôniers de la Marine à Brest.
CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS
Rivallon fut le premier abbé de cette maison. Sa mort est marquée au 1er mai 1150 dans le nécrologe de son abbaye; mais cette date est fausse, et la mort de Rivallon doit être rapportée à l'an H 80.
Guillaume souscrivit une charte de l'abbaye de Bonrepos fondée en 1184, par Alain III, vicomte de Rohan, et mourut en H99.
* Abbatia Beatœ 0a ri te de Daoulas.
* On croit que Daoulas est un mot breton qui signifie deux douleurs ou deux deuils : Daou glas.
* M. de Fréminvillc combat cette date ; il prétend qu'elle est fausse et que les auteurs qui la suivent sont dans l'erreur. Il en donne pour preuve qu'il a vu dans l'église de Daoulas, qui subsiste encore, une construction du IX* siècle. Il nous semble que cette preuve n'est pas très-concluante, et qu'on peut en inférer seulement qu'il y avait dans ce lieu une église ou chapelle longtemps avant la fondation de l'abbaye.
Hervé mourut le 11 mai 1200, selon le nécrologe de son abbaye.
Even fut élu en 1200, se démit en 1233, et mourut le 25 avril 1246. Il fit consacrer son église le 12 septembre 1232, par Cadiou, évêque de Vannes, et Raoul, évêque de Quimper.
G. certifia en 1251 la copie d'une lettre de Henri, roi d'Angleterre, à Alain, vicomte de Rohan, datée de 1229.
Hervé de Guicastel mourut le 8 novembre 1281, selon le nécrologe de son abbaye.
Daniel, dit Le Chauve, mourut le 12 avril 1285, selon le même nécrologe.
Daniel le Chevalier mourut le 13 septembre 1287, suivant le même nécrologe.
Gui Potaire mourut le 8 avril 1509, selon le même nécrologe.
Hervé de Forqdily accepta en 1317 une fondation faite dans son église par Hervé de Léon, seigneur de Noyonsur-Andelle. Sa mort est marquée dans le nécrologe au 2 août 1525.
Alain Seissoris de Forquily accepta en 1537 la fondation de deux messes chaque jour, faite par Hervé de Léon, seigneur de Noyon, pour Hervé, son père, et Marguerite de Rais, son épouse. Il mourut le 26 avril 1351, après vingt-cinq ans d'administration.
Hervé de Poclmic ne tint le siège qu'un an, et mourut le 16 mai, suivant le même nécrologe.
Jean Gderrant ou Guerraclt fit rebâtir le monastère, et mourut le 1er octobre 1598, après trente-huit ans d'administration.
Louis de Lk Palue mourut en 1599, selon l'historien moderne de son abbaye.
Etienne Le Petit, natif de Fougères, fut recommandé au duc Jean V, en 1410, par le pape Jean XXII, et mourut en 1425.
ABBAYE DE DAOULAS.
Gui Manfcric, licencié en droit canonique, gouverna l'abbaye pendant vingt-sept ans, et s'en démit en 4452. Il Gt bâtir la tour qui était sur le chœur, et obtint du pape le droit de porter la mitre. Sa mort est marquée dans le nécrologe au 22 mai 1468.
Guyomarc'ii, que l'historien moderne de l'abbaye assure avoir été de la maison de Rohan, fut élu en 1468. On ignore l'an et le jour de sa mort. La conjecture de cet historien est fondée sur un écusson de gueule à neuf mailles d'or, surmonté d'une crosse et d'une mitre, qui se voyait au-dessus de la porte du cloître, dans la chapelle du Fau.
Guillaume Le Lat souscrivit la fondation des Frères Mineurs, dits depuis Récollets de Landernau, faite par Jean, IIe du nom, 'vicomte de Rohan, en 1488. Il Gt bâtir la chapelle de la Trinité, unit le prieuré de Dirinon à la mense conventuelle, et combla de biens son monastère. Son décès arriva le 23 juin 1502. Il fut inhumé dans le chœur de son église, sous une lame de cuivre sur laquelle était gravée une inscription
Jean Du Largez succéda a Guillaume Le Lay en 1502, et fut fait évêque d'Avesnes 2 le 50 juillet 1507. Claude de Rohan, évêque de Quimper, le choisit pour faire les fonctions épiscopales dans son diocèse, et lui donna la cure de Glomel. Il se démit de son abbaye en 1520, et mourut le 6 novembre 1535. Son corps fut inhumé devant le grand autel de Daoulas avec une inscription 3.
Charles Jegod obtint en 1519 une bulle du pape Léon X, portant ordre à l'archidiacre de Dinan de lui donner l'ha-
» Voici cette épîtaphc :
Hit jacet frater Guillelmus Le Lay, abbas hujus monasterii de Doua- Us, qui rexit illud annis 35, et restaurait ac acquisivit ei plura bona. Obiit autem die 23 mensis junii an no Domini 1502.
1 II y a ici certainement une erreur. Avesnes est une petite ville du diocèse d'Arras, qui n'a jamais été siège épiscopal.
* Elle est ainsi conçue :
Hic jacet frater Joannes Du Largez, episcopus Avennensis et abbas hujus monasterii ; cidem multa acquirens bona honorifleè illod rextt 20 annos. Obiit srxtâ luco novembris anno 1535. Anima cjus requiescat in puce, Amen.
526 m l'église de bretaghk,
bit de chanoine régulier dans l'abbaye de Daoulas, et de le pourvoir du gouvernement de cette abbaye, supposé qu'il l'en jugeât capable. L'archidiacre exécuta ces ordres; mais Charles Jegou, plus instruit des règles de l'Eglise, se repentit de sa démarche dans la suite, et se fit absoudre à Rome en 1527 des censures qu'il avait encourues dans son entrée. 11 mourut le 10 janvier 1535, et fut enterré devant le maître-autel de son église, où Ton voyait une inscription On lui attribue l'honneur d'avoir fait faire la grande vitre du maître-autel qui était un chef-d'œuvre de l'art pour la beauté des peintures, et qui s'est conservée jusqu'à la fin du xvme siècle.
Olivier Du Chastel fut élu en 1535 et mourut le 1er novembre 1550. 11 était fils de Tangui Du Chastel et de Marie Du Juch.
Jean Predour fut pourvu de l'abbaye par la même voie que Charles Jegou, son prédécesseur, c'est-à-dire qu'il obtint du pape Jules 111 une bulle adressée aux évêques de Quimper, de Léon et de Tréguier, ou à l'un d'eux, pour lui donner l habit de chanoine régulier, en 1550. Un grand vicaire du diocèse de Quimper, chargé par son évêque de cette commission, la remplit en 1553, et Jean Predour se fit absoudre à Rome, en 1552, des censures qu'il avait encourues dans son entrée. Il fit serment de fidélité au roi en 1556, et mourut le 11 octobre 1573.
Jean de Kerguisiau obtint ses bulles du pape Grégoire XIII en 1573, prit possession en 1574, prêta serment de fidélité au roi dans sa chambre des comptes de Bretagne en 1576, et mourut le 29 septembre 1581.
René Do Louet, dernier abbé régulier, fut élu en 1581, et mourut le 12 juillet 1598. Il fut enterré devant le maîtreautel de son église, où l'on voit encore son tombeau avec une épitaphe 2.
• Voici cette inscription :
Hit jacet fratcr Carolus Jegou, abbas hujus mona terii de Daoulas, et acquisivit plura bona, et fecit multa sedificia, et rexit eam per 15 an nos. Obiit die 10 mensis januarii anno 1535.
s Voici cette inscription :
Hic jacet f rater Renaus Du Louet, abbas hujus Cœnobii de Daou-
ABBAYE BR DAOULAS. 527
René »b Rieux , aumônier de la reine Marie de M édicis, fut pourvu de l'abbaye de Daoulas en 1600, et mourut le 5 mars 1651, évéque de Saint-Paul-de-Léon.
Charles-Maurice Le Tellier, fils de Michel Le Tel lier, chancelier de France, eut dès sa jeunesse plusieurs riches abbayes en commende, et fut pourvu entre autres de celle de Daoulas en 1651, n'ayant encore que neuf au^. Il s'en démit entre les mains du roi en 4666, devint archevêque de Reims en 1668, et mourut à Paris le 17 février 1710, à l'âge de soixante-huit ans.
Louis de La Motte - Vilbret d'Aspremont, clerc de la chapelle de la duchesse d'Orléans, fils de François de La Motte, comte d'Aspremont, lieutenant-général des armées du roi et gouverneur de Salins en Franche-Comté, fut pourvu de l'abbaye de Daoulas en 1667. Il paraît avoir été le dernier abbé de cette maison, que le roi Louis XIV unit au séminaire des aumôniers de la marine de Brest par ses lettres du 5 avril 1692.