‹ Vies des saints de BretagneChapitre 95 sur 130 · CAPUCINS · texte numérisé non relu

CAPUCINS

Cet ordre, si connu en France par les biens immenses qu'il y a produits, doit son existence à Matthieu Baschi, religieux franciscain, qui voulut réformer son ordre en Italie, et qui finit par avoir un grand nombre de disciples auxquels on donna, à cause de la forme de leur capuce, le nom de Capucins. Ils furent introduits en France en 1573, et en Bretagne peu d'années après par le duc de Mercœur. Ils s'étendirent rapidement dans cette province, et, en moins d'un demi-siècle, ils'y eurent des couvents dans les principales villes. Galiope d'Argentré, dame de Gucé, baronne d'Orgères, fonda celui de Rennes en 1604. Leurs vertus, surtout leur pauvreté et leur esprit de pénitence leur acquirent promptement le respect. Leur zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes leur attira également l'affection publique. Le peuple les chérissait, parce qu'il voyait ces bons religieux partager son indigence. Entièrement dévoués au service du prochain, ils étaient zélés prédicateurs et fervents missionnaires. Ils ont puissamment contribué à faire germer et à entretenir l'esprit de piété qui règne encore en Bretagne. Ils pouvaient d'autant plus facilement entreprendre de bonnes œuvres de ce genre, qu'ils étaient nombreux dans les vingt maisons qu'ils possédaient dans la province. En 1671 on y comptait environ quatre cent cinquante religieux, dont plusieurs étaient continuellement occupés à annoncer la parole de Dieu et à diriger les consciences. La suppression des Capucins fut celle qui causa aux Bretons le plus de peine au commencement de la révolution. A Saint-Brieuc, les femmes du peuple se révoltèrent contre le maire , lorsqu'il vint pour expulser les religieux de leur couvent, et le maltraitèrent. Leur pauvreté et leur, humi 1 ite ne les mit pas à l'abri des persécutions à cette déplorable époque. Ceux de Roscoff furent obligés de s'embarquer pour l'Angleterre si précipitamment, qu'ils arrivèrent jà Jersey avec leur habit religieux.

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