‹ Vieux manoirs, vieilles maisonsChapitre 2 sur 44 · LE FORT DES MESSIEURS À MONTRÉAL · texte numérisé non relu

LE FORT DES MESSIEURS À MONTRÉAL

UN certain nombre d'Iroquois de la Prairie de la Madeleine et d'autres Sauvages ayant manifesté aux Sulpiciens leur désir de vivre dans l'île de Montréal, ceux-ci les établirent, en 1676, au bas de la Montagne, à deux milles à peu près de la ville, vers l'ouest.

C'est M. Vachon de Belmont qui bâtit le fort de la Montagne afin de protéger ses néophytes contre les attaques des Iroquois païens.

Bacqueville de la Potherie fait la description suivante du fort des Messieurs:

" La maison de M. l'abbé de Belmont est un des plus beaux

endroits du pays C'est un fort de pierre à quatre

bastions. Il a une chapelle de cinquante pieds de long sur vingt-cinq de large, dont les murailles sont revêtues d'un lambris, sur lequel il y a plusieurs ornements comme d'urnes, de niches, de pilastres et de piédestaux en façon de marbre rouge veiné de blanc. Les cabanes des Iroquois qui sont plus de cent vingt, joignent ce fort et sont entourées de palissades."

M. l'abbé Olivier Maurault à qui nous empruntons tous ces détails explique que l'enclos réservé aux Sauvages portait le nom de fort des Sauvages, et les constructions de pierre se nommaient le Fort des Messieurs.

De toutes les belles constructions élevées par M. l'abbé Vachon de Belmont il ne reste plus que les deux tours reproduites ici.

Citons encore M. l'abbé Maurault:

"De 1854 à 1857 s'éleva l'énorme bâtiment du Grand Séminaire. Pour des raisons que nous aimons mieux ignorer, on crut nécessaire de bâtir le corps principal et les deux ailes de cette institution autour du vieux château. Les tours d'arrière disparurent dans les travaux de fondation. Quant à la maison elle-même elle demeura jusqu'en 1858, enserrée entre les deux bras du Séminaire. Une précieuse photographie

Page 5

Page 6

de Notman, nous la montre ainsi, prise dans cette sorte d'étau qui allait bientôt la broyer. Que reste-t-il maintenant ?

" Sur le flanc de la colline, à un endroit d'où l'en découvre une vue très étendue, une croix de bois accompagnée de quelques peupliers, marque peut-être l'endroit où Chomedey déposa son précieux fardeau, en 1643.

" Dans les jardins, sous des ormes immenses, aux ombres séculaires, s'allonge une pièce d'eau, un canal pavé en pierre. La source, la fameuse source, y jette. . .

" Sur la colline, un peu partout, des murs solides de pierre, percés ici et là de portes aux larges ferrures.

"Le long de la rue, les deux tours, seuls vestiges des beaux bâtiments d'autrefois, reliques sans prix pour l'histoire de l'enseignement dans notre pays.

"Au-dessus de la porte du Grand Séminaire se lit cette inscription: "Hic evangelizabantur Indi". Et c'est tout " (1).

(') Le Fort des Messieurs, p. 22.

Page 7

Page 8

La Maison du Patriote, rue Saint-Paul, à Montréal

Cette maison est plus que centenaire. La statue en bois du Canadien de jadis, coiffé de la tuque, vêtu du capot traditionnel et chaussé de souliers de boeuf, sert d'enseigne aux marchands de tabac qui, depuis quatrevingts ans, se succèdent dans ce poste achalandé.

Page 9

L'ancien hôtel Rosco, rue Saint-Paul, à Montréal

L'hôtel Rosco lut inauguré en mai 1836. On pouvait y recevoir cent cinquante voyageurs ! C'était le plus bel hôtel de Montréal et peut-être de tout le Canada. Sa vogue dura un peu plus d'une décade. La façade de l'édifice déchu porte encore l'inscription "Rosco's Hôtel."

Page 10

Page 11

Page 12

Page 13

Page 14

Le moulin de la Pointe-aux-Trembles-de-Montréal

Ce moulin qui paraît avoir été construit au commencement du dixhuitième siècle était en la possession de Jean Sicard, meunier, en 1713. Il est bien conservé. Entouré d'une verte pelouseet garni de vigne vierge il fait le charme des touristes durant toute la belle saison. Il ne reste plus qu'une couple de ces moulins, dans toute l'étendue de l'île de Montréal.

Page 15

Page 1