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le moulin banal, à fournir aux Dames de l'Hôpital général, chaque année, quatre cent cinquante minots de bon blé loyal et marchand et à payer une rente annuelle de soixante-deux livres dix chelins, cours actuel de la Province.
M. Dénéchaud était alors un des négociants les plurielles du Canada. Il remplit toutes les conditions de sou bail emphythéotique et fit même plus. Il s'établit avec -a famille à Berthiér et le manoir devint le rendez-vous de ses nombreux amis. Mais les mauvaises années vinrent et lorsque le seigneur Claude Dénéchaud décéda au manoir de Bcrthier, le 30 octobre 1836, la plus grande partie fie sa fortune était disparue et avec elle les amis des beaux jour-.
Le 1er décembre 1836, Adélaïde Gauvreau, veuve de Claude Dénéchaud, venait en arrangement avec les Dames de l'Hôpital général pour continuer le bail de la seigneurie de Berthier aux mêmes conditions qu'elles avaient faites à son mari. Mais les revenus de madame Dénéchaud n'étaient pas assez considérables pour continuer le même train de vie qu'avait mené son mari, et, le 28 juin 1838, les Dames de l'Hôpital général reprenaient leur seigneurie. Cette loi-, elles la gardèrent jusqu'à la fin du régime seigneurial au Canada
(l) Pour plus amples renseignements sur la seigneurie de Bellechasse ou Berthieren-bas consulter le Bulletin des Recherches Historiques, vol. XXVII, p. 65.
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LE MANOIR COl'ILLARD À MONTMAGNY
ANTOINE Couillard de Lespinay né le 16 février 1789. /-% prit son titre de docteur en médecine à l'université de Philadelphie. Il revint ensuite à Québec où il pratiqua sa profession pendant plusieurs années.
Seigneur de la Rivière-du-Sud, AI. Couillard songeait depuis longtemps à retourner à Saint-Thomas. Le vieux manoir de ses ancêtres tombait en ruine. Il décida de le reconstruire et en lit une des plus belles maisons de l'époque.
Le prix des travaux dépassa de beaucoup les calculs de M. Couillard, et, comme son domaine était hypothéqué pour d'autres dettes, il lui fallut compter avec les exigences de ses créanciers. Dans l'intervalle, M. Couillard fut nommé registrateur du comté de L'Islet. Ce secours tardif ne put le sauver de la ruine. Son domaine fut vendu pour le prix de trois mille livres, juste le montant des obligations contractée-.
Le vaste domaine transmis de génération en génération dans la même famille, depuis Louis Couillard, passa en d'autres mains. Le sensible seigneur de la Rivière-du-Sud ne put survivre à ce malheur. Il décéda le 15 juin 1847, à l'âge de 56 ans.
M. Aubert de Caspé, qui fut peut-être le plus intime et le meilleur ami du seigneur Couillard, lui adressait l'adieu suivant dans ses Anciens Canadiens:
"O le plus ancien et le plus constant de tous mes amis, tu m'as abandonné sur cette terre de douleur, après une amitié sans nuage de plus d'un demi-siècle, pour habiter un lieu de repos. Car toi, aussi, ô le plus vertueux des hommes que j'ai connus, tu as bu à la coupe amère des tribulations ! Tu as vu passer le domaine de tes aïeux entre les mains de l'étranger! Et, lorsque tu es descendu dans le tombeau, tu n'as emporté avec toi, de toutes tes vastes possessions, de I'Ilet ( ') même que tu affectionnais tant pendant ton enfance, que la poignée de terre que le fossoyeur et tes amis ont jetée sur ton cercueil."
(') L'Ilet au petit Couillard dont il est question clans les Anciens Canadiens.
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L'acquéreur du domaine seigneurial de la Rivière-du-Sud fut M. Randall Patton. Sir James Lemoine nous apprend qu'en 1850 M. Patton le nomma procureur de son domaine. "Ma principale besogne, dit-il, était de manger de solides repas au manoir et de signer force brefs de poursuites pour taire rentrer les innombrables arrérages de cens et rentes seigneuriales."
M. Patton décéda le 13 août 1853, et sa famille disparut bientôt de Saint-Thômas.
Le propriétaire du manoir Couillard ou Patton est aujourd'hui M. Maurice Rousseau, avocat, ancien maire de Montmagny
(1) Nous avons emprunté nos renseignements sur le manoir Couillard à l'excellent ouvrage de M. l'abbé Couillard Després, Histoire des Seigneurs de la Rivière-du-Sud et de
leurs alliés canadiens et acadiens.
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Le moulin banal de Vincelotte au Cap-Saint-Ignace
La seigneurie de Vincelotte fut concédée par l'intendant Talon, le 3 novembre 1672, à Geneviève de Chavigny, veuve de Charles Amyot de \ incelotte. Le moulin banal de Vincelotte fut construit, croyons-nous, par Charles-Joseph Amyot de Vincelotte, fils de Geneviève de Chavigny. Il a plus de deux siècles d'existence. Il a conservé ses ailes jusqu'à il y a une quarantaire d'années.