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LA MAISON DU JUGE EN C HEF SEWELL, RUE SAINT-LOUIS, À QUEBEC

LA maison habitée par les familles des officiers de la j garnison, coin des rues Saint-Louis et d'Auteuil, voisine du Club de la Garnison, à Québec, a réellement grande allure. Nul étranger ne l'examine sans demander son histoire.

Cette maison fut construite en 1803 et 1804, et habitée pendant près de trente-cinq ans par le juge en chef Jonathan Sewell.

Dans ses Monographies et Esquisses, sir James M. Lemoine dit au sujet de cette maison:

" Ses appartements spacieux, ses amples corridors, ses grands escaliers ont été témoins de bien des fêtes, de bien des deuils de famille, à 1ère des Sewell; plus tard, de bien des discussions acrimonieuses sur la chose publique. Là est morte Janet Livingston, née à New- York, la veuve du juge en chef William Smith, en 1819. Le juge Sewell y expirait lui-même le 12 novembre 1839; puis, sa veuve, le 26 mai 1849, femme remarquable par ses qualités personnelles, le charme de sa conversation. Que d'incidents, de changements politiques y ont été débattus, réglés! Que d'orageuses séances du Conseil exécutif ont eu lieu dans ces salles !

" Habitué du château Saint-Louis, M. Sewell se partageait l'existence entre l'étude de la jurisprudence, du droit parlementaire, ses séances judiciaires officielles et les joies paisibles, assez nombreuses pour lui, du foyer domestique. Ce pater familias modèle semblait absorbé par les devoirs et la responsabilité de la paternité: faire baptiser, élever, établir, donner en mariage sa nombreuse et belle progéniture (il fut père de vingt-deux enfants, la plupart d'un physique remarquable). A plusieurs de ses fils il légua de riches métairies à Sainte-Foy, sur la Petite-Rivière Saint-Charles, à Berthier, à Charlesbourg."

Sous l'Union, le 11 novembre 1854, le gouvernement faisait l'acquisition, des héritiers Sewell, de la maison si long-

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temps habitée par Jonathan Sewell, pour le prix de $20,000. Il avait l'intention d'y installer une école nautique.

En 1859, on plaçait le département des postes dans la maison Sewell. Il y resta jusqu'en 1865. Le gouverneur général Monck y eut aussi ses bureaux de 1860 à 1865.

Lors de la Confédération, en 1867, on installa les bureaux du lieutenant-gouverneur, sir Narcisse Belleau, et d'une couple de départements du gouvernement provincial dans la maison Sewell. Le conseil des ministres siégea plusieurs années dans une grande salle du second étage de cette maison.

Plus tard, en 1885, quand le lieutenant-gouverneur et les départements civils se transportèrent au nouveau Palais législatif, sur la Grande-Allée, la maison Sewell fut occupée par l'excentrique comte de Premio-Réal, consul général d'Espagne au Canada.

Lors de la fondation de l'Ecole de cavalerie en 1888, la maison Sewell fut habitée par les officiers de ce corps. Elle a été occupée par les familles des officiers de la garnison depuis cette époque.

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