‹ Villégiature: comédie en un acteChapitre 8 sur 21 · SCÈNE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME

n'est-ce pas que si, au moment où il recevra la fâcheuse nouvelle, Jacques était amoureux, très sincèrement amoureux d'une autre femme, la fâcheuse nouvelle lui serait beaucoup moins désagréable... Il éprouverait un léger mouvement de contrariété, voilà tout... il suffirait donc de rendre Jacques amoureux. Si vous étiez réellement autour de moi, mesdames^ rien ne serait plus facile... Je chargerais tout uniment une de vous... Qu'est-ce que vous dites?... Que nulle de vous ne consentirait... Oh! quant à cela... nous sommes si bonnes, nous aimons tant à consoler celui qui souffre !... Le mal, c'est que vous n'êtes pas réellement autour de moi, le mal, c'est que je suis seule ici, toute seule, et qu'alors il faut absolument que ce soit moi qui me charge... j'y suis décidée... Je vais me faire aimer... Êtes- Yous bien sûre de réussir, me demandera-t-on... je suppose que les femmes élégantes et spirituelles sont revenues... Elles étaient sorties, elles sont revenues, et elles me demandent si je suis sûre de réussir... Oh ! mesdames, j'aime à croire que ce n'est pas sérieusement que vous me demandez cela... Je sais que ces messieurs, quelquefois, se figurent et racontent qu'ils nous ont séduites... Us se vantent... Puisque nous sommes entre nous, nous pouvons bien avouer que c'est toujours nous qui commençons... nous faisons un signe, un petit signe... le monsieur, alors, comprend qu'il peut se risquer... Eh bien, qu'est-ce que vous voulez, je vais faire un signe... si le signe est un peu marqué, je vous supplie de ne pas m'en vouloir ; songez que je n'ai pas beaucoup de temps pour me faire aimer... il faut que d'ici à deux heures... dans ces conditions-là vous comprenez... heureusement encore que mon mari n'est pas là... s'il avait été là, ça aurait été impossible... ça aurait été, du moins, beaucoup plus difficile...

Entre Jacques.

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