MELANGES
Chez les Posscmls. 1 vol. Paris, Comptoir d'Edition,
CEUVRES METAPHYSIQUES
Axel, 1 vol. Paris, Société Française d'Edition d'art,
Ouvrages à consulter
Stéphane Mallarmé. — Les Miens : Villiers de l'isle- Adam. Paris, 1892, in-12 (avec un portrait de Villiers de risle-Adam, par Marcelin Desboutins).
DU PoNTAViCE DE Heussey. — VHUers de l'Isle-Adam : l'écrivain, l'homme. Paris, 1893, in-18.
José Henxebicq. — Le Prince des Lettres françaises : Villiers de l'Isle-Adam. Bruxelles, 1896, in-4''.
Henry Bordeaux. — Villiers de l'Isle-Adam. Paris, 1897, in-8°.
Henri Chapoutot. — Villiers de l'Isle-Adam. Paris,
Alexis von Kraemer. — Villiers de l'Isle-Adam. En literatur historik studie. Helsingfors, 1900.
Lenoir de Tournemine. — Autour de Villiers de l'Isle- Adam. Saint-Brieuc, 190G, in-S". (Extrait des Méinoiros de la Société d'Emulation des Côtes-du- Nord.)
Paul Verlaine. — Les Poètes maudits. Paris, in-lS. Les Hommes du jour : Villiers de l'Isle-Adam.
LÉON Bloy. — Brelan d'Excommuniés. Paris. La Résurrection de Villiers de l'Isle-Adam. Paris, 1896, in-8*.
René Martineau. — Un Vivant et deux Morts. Tours, 1901, in-16.
Louis Tiercelin. — Bretons de lettres. Paris, 1905.
Catulle Mendès. — La Légende du Parnasse contemporain. Bruxelles, 1884.
Henry Roujon. — Souvenirs d'Art et de Littérature. Paris, 2 vol.
Appendice
Appendice
Nous croyons devoir montrer ici cette lettre de Villiers de l'Isle-Adam, qui nous fut adressée dix-huit mois avant sa mort ; elle indiquera l'exquise délicatesse de l'amitié dont il honorait un très jeune homme :
Ce 12 février 1888.
Mon cher ami,
Par une série de circonstances incroyables, — de transpositions, de dédicaces, etc., — il se trouve un? chose vraiment inouïe :
Sur les vingt nouvelles du volume Histoires Insolites, (jui va piriître, c'est vous, — c'est-à-dire celui auquel il me semble, il était non seulement d'amitié mais de devoir le plus élémentaire de dédier la moins niaise de ces anecdotes, — il se trouve qu'après en avoir eu deux {Hallidonhill et Conte de Fin d'été) vous avez été OMIS ! ! Par ces perpétuelles transpositions 1 et faut»' d'avoir mes tierces sous les yeux. — Je suis, en vérité humilié, je vous l'avoue humblement, de cette criminelle (Hourderie.
Je tâche, à l'instant, de la réparer du moins mal possible, en vous dédiant les Filles de Mïllon, qui vont paraître ch3z M. Baschet, dans la Revue.
Ma'S, comprendrez-vous ce qui est arrivé ! EsL-ce assez inepte, assez ennuyeux ! ! Oh ! je vous l'expliquerai de vive voix, et alors vous verrez la filière. Gomment cette confusion s'est-elle produite, je ne peux pas moi-même le comprendre.
Remarquez-bien que ce n'est rien, une nouvelle dédiée ou non, qu'importe ! Mais c'est pour moi, bien plutôt qu'est la contrariété, parce que c'est absurde ! Parce qu'en vérité je suis honteux.
Mon cher Michelet, je pars pour Bruxelles demam matin, je vous serre la main en toute hâte, et vous prie, du fond du cœur, de comprendre, malgré tout, que C'n'est pas tout à fait de ma faute, et il est impossible d'en être plus vivement peiné que je ne le suis ; cette imprimerie où l'on confond les bons à tirer et les épreuves est une chose triste.
Mais je vous en dédierai deux, et je tâcherai qu'elles ne soient pas trop indignes de votre amitié et de votre intelligence ; j'ai l'air d'un ingrat et cependant ce n'est pas vrai ; c'est incroyable, voilà tout.
ViLLTERS DE L'ISLE-AdAM
Je me souviens d'avoir entendu d'amicales discussions entre Villiers de l'Isle-Adam et Stéphane Mallarmé, esprits très proches. Ce que Villiers appelait l'erreur de Mallarmé, c'était la croyance à une non-pérennité de l'idée vivante. Mallarmé estimait que la vie d'une
V ILLIER s DE L'iSLE-ADAM 99
idée n'avait d'autre durée que celle où elle pénétrait son esprit, et qu'aussitôt partie, elle s'en allait mourir. C'était là un désaccord avec la doctrine occulte très clairement révélée par Platon et méconnue par Abélard. Le billet cidessous, que Mallarmé nous écrivait en 1890, montrera que ce poète, — si lumineux par la conception s'il est quelquefois obscur par l'expression, — avait peut-être modifié le concept que lui reprochait son ami Villiers :
Paris, ce 18 octobre.
Mon cher confrère.
Merci pour l'envoi de voire étude de VEsotériiim*^ dans l'Art. Elle m'intéresse personnellement presqu»\ car ce me serait difficile de concevoir quelque chose ou de le suivre sans couvrir le papier de géométrie où se réfléchit le mécanisme évidemment de ma pensée. L'occultisme est le commentaire des signes purs, à quoi obéit toute la littérature, jet immédiat de l'esprit.
Votre très persuadé,
Stéphane Mallarmé.