‹ Vincent de GournayChapitre 80 sur 90 · De Trudaine le jeune sont les vers prophétiques · texte numérisé non relu

De Trudaine le jeune sont les vers prophétiques

La fleur, laissant tomber sa tête languissante, Semble dire au zéphir : Pourquoi m'éveilles-tu ?

Zéphir! ta vapeur bienfaisante Ne rendra point la vie à mon front abattu. . .

Il approche le noir orage.

Sous l'efi'ort ennemi d'un souffle détesté

Je verrai périr mon feuillage...

Dans réniimération des disciples de Gournay, Du Pont n'a [)as mis Tuigot. 11 lui a donné une place à part, le trouvant trop grand pour être rattaché à un maître. Turgot est pourtant le disciple, et le principal disciple de Gournay; il reprit sa théorie libérale de Tintérêt de Targent, poursuivit l'abolition des jurandes, chercha à concilier le système de la classe stérile avec celui de la productivité de Findustrie. Quoiqu'il ait du beaucoup aussi à Quesnay, on retrouve dans la plupart de ses écrits et de ses actes, les traces des principes que Gournay avait développés devant lui dans sa jeunesse.

Mais Turgot n'est pas de ceux dont on puisse apprécier les travaux en quelques lignes ; nous nous bornerons à ces brèves indications.

Quan.t à Morellet, nous rendons compte de ses travaux économiques, trop peu connus, dans un chapitre spécial.

Il nous reste à parler de quelques écrivains que Du Pont n'a pas cités et qui cependant se rattachentà l'œuvre de Gournay.

C'est d'abord l'abbé Coyer (pii entama en 1755 une campagne heureuse dans le but de

détruire les préjugés en vertu desquels la noblesse ne pouvait, sans déroger, se livrer aux affaires industrielles et commerciales et qui, plus tard, publia son Chinski, histoire cochiiichinoise, l'un des meilleurs écrits contre les corporations.

Coyer' n'était pas un économiste, mais il a eu le mérite d'attaquer au moment propice plusieurs opinions erronées. Son Traité de la noblesse commerçante provoqua un arrêt" donnant aux nobles, — vainement il est vrai, — la faculté de faire du commerce. Chinski, commandé par liaverdy, réimprimé sous le ministère de Turgot, servit de préparation à l'édit de 1776.

Clicquot-Bervache' est un de ceux qui

1. Élevé par les jésuites^ sans doute gratuitement, car ses parents étaient pauvres et avaient treize enfants, il entra dans la Société do Jésus^ professa dans ses collèges, puis la quitta, trouvant ses chefs trop intolérants. Il garda l'habit ecclésiastique, vint à Paris, devint précepteur du due de Bouillon, puis aumônier général de cavalerie. Il débuta comme auteur par de petits pamphlets, écrits avec une plume assez alerte.

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