PRÉFACE
L'ouvrage que je me décide à publier présentement, au moment où je vais entrer dans la retraite, comprend la suite des Discours que j'ai prononcés à chacune des séances de rentrée des facultés catholiques de Lille, dans le cours de mes vingt années de rectorat, de 1887-1888 à 1907-1908, avec les Annexes destinées à les compléter et à les éclairer.
Ces séances, très solennelles, se tiennent ordinairement fin de novembre, dans la grande salle Ozanam, sous la présidence de Nosseigneurs les archevêques et évoques, en présence de MM. les doyens et professeurs des cinq facultés de théologie, de droit, de médecine, de lettres et de sciences, en costume; de MM. les administrateurs; de MM. les étudiants, et de nombreux personnages ecclésiastiques et laïques, parmi lesquels les principaux membres du congrès régional des catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, réuni en ces mêmes jours.
Au fond de la salle, en face de l'estrade, au-dessus de l'assemblée, règne le crucifix; et là sur la frise on
vin VINGT ANNÉES DE RECTORAT.
lit, tracée en lettres d'or, cette parole de saint Paul : Instaurare omnia in Christo. C'est le programme.
Les présents rapports et discours contiennent premièrement le compte rendu des événements et changements survenus au cours de l'année académique : c'est proprement le Rapport. Il est d'ordinaire précédé ou encadré par quelques considérations d'actualité sur l'état des esprits, le mouvement des idées ou des affaires, touchant l'enseignement supérieur. C'est la pensée centrale du discours dont elle relie les parties, constitue l'unité, et auquel elle imprime son caractère spécifique.
Les Annexes, notices, allocutions, lettres, articles, etc., relatifs aux actes, travaux, promotions, deuils, indiqués dans le Rapport, viennent lui ajouter un supplément considérante, qui ne le complète pas seulement, mais qui le vivifie, croyons-nous.
Publiés originairement, soit dans notre Bulletin mensuel, soit en tirés à part, soit dans les journaux catholiques de Lille, ces Discours et Annexes reparaissent ici dans un plus grand jour, discrètement revus, parfois développés, plus souvent abrégés, en vue d'être ramenés à une meilleure forme ou à une mesure plus juste, pour ainsi constituer un tout d'une même venue et tenue, qui soit vraiment un livre.
Ce livre ne prétend nullement à l'honneur de présenter une histoire quelconque de notre université. D'abord, n'embrassant que vingt années de son existence, il n'en serait tout au plus que le tome second. Le premier fut fait antérieurement des œuvres et travaux de son fondateur et premier recteur, son Excel-
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ANNÉE ACADÉMIQUE
(1) L'année académique se compte de novembre à novembre, époque de la rentrée des Facultés. Dorénavant nous l'indiquerons seulement par son second et principal chiffre.
\l\<.L ANNÉES DE RECTORAT.
ANNÉE ACADÉMIQUE
SEANCE D'INSTALLATION DE Msr LE RECTEUR. PAR M^ LE CHANCELIER
Le 28 janvier 1888, la Semaine religieuse du diocèse de Cambrai publiait les lignes suivantes :
« Le Saint-Siège, voulant donner un témoignage tout spécial de son estime et de sa bienveillance à Mgr Hautcœur, qui, depuis douze ans, exerce avec tant d'habileté et de dévouement les fonctions de Recteur, vient de lui conférer le titre et la charge de Chancelier des Facultés catholiques, et de le nommer membre du Conseil supérieur des Evêques.
a Mgr l'Evêque de Lydda, qui avait résigné ses fonctions de Chancelier, est nommé Chancelier émérite et reste membre du Conseil supérieur.
« Tous ceux qui s'intéressent à l'Université catholique
de Lille, s'uniront à nous pour remercier le Souverain
Pontife de la nouvelle marque de bienveillance qu'il vient
de donner à cette grande institution, dans la personne de
deux plus hauts dignitaires. »
4 INSTALLATION DE Msr LE RECTEUR
Le 4 février 1888, Mgr Hasley, archevêque de Cambrai, adressait à Mgr Baunard, recteur du collège Saint-Joseph et professeur à la faculté de théologie, le Décret du Saint-Siège le nommant Recteur de l'Université, sur la présentation du Conseil supérieur.
Sa Grandeur y daignait joindre ses « félicitations, et les espérances qu'Elle concevait de cette nomination pour la grande œuvre des Facultés catholiques ».
Mgr Dennel, évêque d'Arras, Mgr Monnier, évêque de Lydda, se joignirent à Mgr l'Archevêque dans des lettres paternelles, en vue de presser l'acquiescement du Recteur nommé.
Le jeudi 10 février 1888, à onze heures du matin, en présence des hauts fonctionnaires et de tous les membres du personnel enseignant des Facultés, convoqués par ordre de Mgr le Chancelier, eut lieu, dans le grand salon de l'Hôtel académique, la double installation du Chancelier et du Recteur.
Après la prière, Mgr le Chancelier prit la parole en ces termes :
« Messieurs,
« Dans quelques instants, il vous sera donné lecture des documents dont la promulgation est le but de cette assemblée plénière du corps enseignant des Facultés.
« Pour des motifs que nous n'avons pas à exposer ici, Mgr l' Evêque de Lydda a cru devoir renoncer aux fonctions de Chancelier des Facultés catholiques. Nous, qui l'avons vu à l'œuvre et à la peine, nous n'oublierons jamais les services rendus par le digne Prélat pendant la période préparatoire à la fondation de l'Université catholique et pendant les années laborieuses qui se sont écoulées depuis. Le Souverain Pontife les a lui-même reconnus d'une manière éclatante. Mgr Monnier reçoit le titre de Chancelier émérite, avec droit de siéger au Conseil supérieur; de plus, il est nommé Evêque assistant au Trône pontifical et Comte romain.