‹ Vingt années de rectoratChapitre 43 sur 112 · NOTRE-DAME DE BREB1ERES · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME DE BREB1ERES

une excellente leçon. De quel courage, de quel zèle intelligent, de quelle infatigable patience, témoignent la construction et la décoration de ce temple incomparable que vous avez fait jaillir de votre tête, de votre cœur, dans une splendeur unique et tout d'une pièce! Et nous aussi, n'avons-nous pas fait l'entreprise d'élever à Notre Seigneur Jésus-Chris t. dans l'œuvre de renseignement supérieur, un temple fait de pierres vivantes, et qui lui soit vraiment comme la vôtre, cher Doyen, une « Basilique », c'est-à-dire une demeure royale? Nous la voudrions, cette demeure, semblable à votre église, peuplée d'anges et d'élus, tels que ce long défilé de vos saints et de vos saintes que je regardais tout à l'heure avec des yeux ravis s'avancer en un pacifique triomphe, sur toute la frise de ce temple qu'en vérité ils font ressembler au paradis.

« Monseigneur l'Evêque d'Amiens, voulez-vous me permet- I iv d'exprimer à Votre Grandeur la joie particulière que j'ai à vous saluer et à vous remercier ici, dans ce diocèse que j'honore entre tous, parce qu'il fut, je le sais, le berceau de la vie religieuse en France au commencement de ce siècle. C'est de chez vous, Monseigneur, c'est de cette Église-mère que sortaient, à cette époque, dans les années qui suivirent le Concordat, ces œuvres et institutions de foi, d'apostolat, d'enseignement, de piété qui allaient tout renouveler sur la face du pays. Les Pères de la foi, et saint Acheul : c'était le nouveau berceau de la Compagnie de Jésus. Les Sœurs de la rue de Noyon, et leur pauvre fondatrice infirme, Julie Billiart : c'était le berceau des sœurs de Notre-Dame. Et puis les Dames de Louvencourt, etc., etc.. Mais pourrais-je, moi surtout, commettre l'ingratitude d'oublier la rue de l'Oratoire et Madame Barat? Amiens fut le berceau des Dames du Sacré- Cœur. Et, plus tard, à La Neuville, le P. Libermann et ses premiers compagnons : ce fut le berceau des héroïques apôtres et sauveurs de l'Afrique noire. N'est-il pas vrai que le bon Dieu semblait avoir fait choix de votre bonne ville pour y signer, lui aussi, sa paix d'Amiens? Celle de la terre et du ciel réconciliés !

Or ce que je sais bien encore, pour avoir eu leurs lettres dans les mains, c'est que, quand ces fondateurs et ces fondatrices souffraient de leurs embarras, de leurs tourments, de la malice des hommes ou du malheur des temps, ils se disaient entre eux : « Faisons le pèlerinage d'Alberl ! » Ils venaient ici.

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