I. Du Sauffy de la Volupté cl de la Mort, p. yo-ioo
étaient atterrés : « Il faut aller jusqu'au bout et, s'il y a des vendus, les exécuter ^ »
Sturel se vantait de voir croître la peur au Palais-Bourbon. «C'est, disait-il, la panique des animaux quand, à des signes multiples, ils pressentent un tremblement de terre et quand le sol commence à manquer sous leurs pas. . . » Il décrivait les couloirs où les députés se jetaient, à trois heures, sur la Cocarde y comme, au réveil, ils s'étaient jetés sur la Libre Parole et sur Y Intransigeant , pour savoir si on les dénonçait. « Leurs figures, qu'ils veulent faire sereines, trahissent leurs battements de cœur; les plis de leur front, leur hébétude, car ils s'épuisent à supputer les raisons du ministre pour les couvrir. Et la courageuse petite troupe des boulangistes, quel plaisir de la considérer surprise tout d'abord de ce renfort que lui apportent les circonstances, puis plus pâle de volupté à chaque fois qu'un ennemi reçoit en pleine poitrine son nom, lancé comme un boulet, d'un terrain invisible î D'où viennent ces révélations mortelles ? Qui commande la bataille ? N'importe, on marche au canon. Ceux qui, dans un mouvement d'amour, autour de Boulanger sentirent leur cœur battre à la française, se disciplineront par une haine commune dans l'obscure bagarre imminente. Gomme des esclaves pensent à s'enfuir au plus fort des querelles de leurs maîtres, l'instant favorise la délivrance nationale. La France se soulève pour voir. En vain les parlementaires s'interposent, lui masquent leurs combi-