IAΔΔOΣ X
tiers ensemble). Il vaut mieux que nous en venions aux mains ; sa-chons au plus vite auquel de nous deux le maître de l'Olympe donnera la victoire! »
Il attendait dans ces pensées. Achille vint à lui, semblable à Mars, le guerrier au casque mouvant. Le fils de Pélée brandissait de la main droite sa terrible lance, et son armure d'airain brillait de l'éclat de la flamme ou du soleil levant. En l'apercevant, Hector fut saisi d'épou. vante. Il n'osa plus l'attendre, et laissant derrière lui les portes de la ville, il s'enfuit effrayé. Mais le fils de pélée, se fiant à la vitesse de ses pieds, s'élance à sa poursuite. Tel sur la montagne, l'autour, le plus agile des oiseaux, fond sur la colombe timide qui fuit oblique-ment, tandis que l'oiseau ravisseur perce l'air de ses cris et redouble d'efforts pour l'atteindre : tel volait Achille dans l'ardeur de la pour suite. Hector, saisi d'effroi, fuyait sous les murs de Troie, emporté par ses pieds rapides. ils couraient, laissant derrière eux le guet et le Mais il est meilleur de s'élancer-ensemble au combat; voyons le plus tôt possible auquel-des-deux Jupiter Olympien aurait procuré de la gloire. »
Il méditait ainsi attendant :
mais Achi'le vint près à lui, semblable à Enyalins (Mars), guerrier agitant-son-casque, en brandissant la-lance-de-frêne de-Pélée, terrible, sur son épaule droite; et l'airain brillait autour, semblable à l'éclat ou du feu brûlant, ou du soleil levant.
Or le tremblement saisit Hector, lorsque il l'aperçut ; et certes il n'osa plus l'attendre là, et il laissa les portes derrière, et s'en alla ayant été effrayé.
Mais le fils-de-Pélée s'élança, s'étant confié à ses pieds rapides.
Comme sur les montagnes un autour, le plus léger des oiseaux, a fondu facilement sur une colombe timide ; et celle-ci fuit-effrayée obliquement ; mais lui, ayant crié de près d'une-manière-aiguë s'élance par-bonds-pressés, et le cœur invite lui à l'avoir prise ; ainsi certes celui-ci plein-d'ardeur volait droit ; et Hector trembla sous le mur des Troyens, et faisait-mou voir ses genoux rapides Ceux-ci se précipitaient au delà du guet et du figuier exposé-au-vent
i55 figuier battu des vents par le chemin qui s'avance jusque sous les rem-parts. Ils arrivent aux magnifiques bassins, d'où jaillissent les deux sources du Scamandre au cours précipité : l'une roule une onde tiède a'où s'élève de la fumée comme d'un foyer allumé ; et l'autre coule même en été, froide comme la grêle, la neige et la glace. Il s'y trouve de larges et magnifiques lavoirs de pierre, où les femmes et les filles des Troyens venaient laver leurs riches habits pendant la paix, avant la venue des fils des Grecs. C'est par ce chemin qu'ils couraient, l'un fuyant la poursuite de l'autre. C'est que si l'un était vaillant, l'autre était plus brave encore; et ce n'était pas une victime ou une peau de bœuf, prix ordinaire de la course, qu'ils se disputaient alors, mais il s'agissait de la vie d'Hector, dompteur de coursiers. Tels des chevaux au dur sabot précipitent leur course en tournant la borne pour gagner jusque sous le mur sur le chemin-aux-cliars; et ils vinrent aux deux-bassins aux belles-ondes, et là jaillissent les deux sources du Scamandre tournoyant.
Car l'une coule par une onde tiède, et une fumée autour naît d'elle, comme d'un feu allumé; et l'autre coule en été -étant semblable à la grêle , ou à la neige froide, ou à la glace provenue de l'eau.
Or là auprès sur elles sont des lavoirs larges, beaux, de-pierre, où les épouses des Troyens et leurs filles belles lavaient les vêtements brillants auparavant pendant la paix, avant les fils des Achéens être venus.
Par là certes ils coururent, l'un, fuyant, l'autre, poursuivant par-derrière.
Un vaillant à la vérité fuyait devant, mais un plus vaillant de beaucoup poursuivait lui rapidement; car ils n'aspiraient pas à une victime ni à une peau-de-bœuf, lesquelles-choses deviennent les prix de la course pour les pieds des hommes ; mais ils couraient pour la vie d'Hector dompteur-de-chevaux.
Or comme lorsque des chevaux au-dur-sabot remportant-le-prix courent très précipitamment vers les bornes ; or le prix srand est-là. 22 ~lAlAΔOΣ X.
le prix , un trépied ou une femme dont l'offrande honore les funérail-les : tels ils coururent tous les deux trois fois autour de la ville de Priam, emportés par leurs pieds rapides. Tous les dieux les regar-daient ; alors le père des dieux et des hommes s'écria :
« Dieux ! c'est un homme qui m'est cher que je vois poursuivre autour des murailles. Mon cœur se trouble à la vue du danger d'Hec-tor , qui me sacrifia tant de cuisses de taureaux sur les sommets de l'Ida aux nombreux vallons, et dans la haute citadelle d'Ilion. Main-tenant, voici que le divin Achille aux pieds rapides le poursuit autour de la ville de Priam. Mais vous autres , dieux, délibérez et décidez si nous le sauverons de la mort, ou si nous le ferons tomber sous les coups d'Achille , fils de Pélée, malgré sa valeur. » Minerve, la déesse aux yeux bleus, lui répondit : « 0 mon père, dieu de la foudre rapide et des sombres nuages , que dis-tu ? Un mor-tel dont le destin est depuis si longtemps fixé, tu veux le dérober au lugubre trépas ! Soft : mais les autres dieux et moi, nous n'y applau-dirons point. » ou un trépied ou une femme, en l'honneur d'un homme mort :
ainsi eux-deux trois-foistournèrent-autourdela ville de leurs pieds rapides ; et tous les dieux regardaient.
Or le père des hommes et des dicm commença à eux ces discours :
« 0 dieux, certes je vois de mes yeux un homme ami poursuivi autour de la muraille; et mon cœur plaint Hector, qui brûla à moi des cuisses nombreuses de bœufs, sur les sommets de l'Ida aux-nombreux-vallons, et d'autres-fois aussi dans la ville au-plus-haut; mais maintenant Achille divin poursuit lui de ses pieds rapides autour de la ville de Priam.
Mais allez, dieux, songez et méditez si nous sauverons lui de la mort, ou si nous dompterons déjà lui étant vaillant par Achille, fils-de-Pélée. »
Or Minerve, déesse aux-yeux-bleug, dit en-retour à lui :
« 0 père, à-la-foudre-rapide aux-sombres-nuages, quelle-chose as-tu dite?
Veux-tu avoir dégagé encore de la mort au-son-terrible un homme étant mortel, destiné dès-longtemps à son sort * Fais ainsi :
mais tous les autres dieux nous n'approuverons pas toi. » Jupiter qui assemble les nuages , lui répondit : « Sois tranquille, Tritogénie, ma chère nlle ; je ne parle pas sérieusement. Je veux être bon pour toi : fais comme tu voudras , sans hésiter. » Encouragée par ces mots, qui répondent à ses désirs, Minerve s'élance du haut des sommets de l'Olympe.
Cependant Achille aux pieds légers poursuivait Hector sans relâche. Tel le faon d'une biche que le chien relance dans son gîte sur la mon-tagne, et poursuit à travers les vallées et les bois jusque sons le buisson où il se tapit, sans en perdre la piste, jusqu'à ce qu'il l'ait atteint : tel Hector ; il ne saurait échapper à l'œil de l'agile fils de Pélée. Chaque fois qu'il s'élance pour gagner les portes de la ville de Dardanus, et s'ap-puyer aux superbes tours dont les traits peuvent couvrir sa retraite ;
Mais Jupiter qui-assemble-les nuage»
répondant dit-à elle' «Sois rassurée, Tritogénie, chère enfant; je ne parle du tout en-rien d'un cœur décidé ; mais je veux être doux pour toi :
aie fait comme certes l'intention était à toi, et ne cesse en-rien. »
Ayant dit ainsi, il excita Minerve ayant désiré auparavant; et elle alla s'étant élancée en bas des sommets de l'Olympe.
Or Achille rapide suivait troublant Hector sans-relâche.
Et comme lorsque un chien poursuit par-les-monts le faon d'une biche, l'ayant fait-lever de son gîte, et à travers les vallées et à travers les lialliers ; et quand même ayant été effrayé le faon s'est caché sous un fourré, cependant il court constamment cherchant-la-piste, jusqu'à ce que il ait pu-trouver lui ainsi Hector ne fut pas caché au fils-de-Pélée aux-pieds-rapides.
Or chaque-fois que il s'était élancé pour s'être précipité contre les portes des-enfants-de-Darclanus, sous les tours bien-bâties, si par hasard d'en-haut ils auraient secouru lui par des traits; autant-de-fois il détournait lui vers la plaine, 26 IAIAÀOZ X.
toujours il le devance et l'oblige à regagner la plaine. Mais il se dirige toujours vers la ville. De même que dans un songe on ne peut pas poursuivre celui qu'on voit fuir, ni fuir quand on est poursuivi, de même ils ne pouvaient ni se joindre ni s'éviter. Mais comment Hector se fût-il alors dérobé aux Parques de la mort sans Apollon qui vint, par une protection dernière et suprême, lui communiquer une ardeur et une vitesse nouvelles?
Le divin Achille fit signe de la tête à ses guerriers, pour leur défen-dre de lancer contre Hector leurs traits meurtriers ; il craignait de se voir ravir cet honneur par un autre, et de n'arriver que le second. Or, lorsqu'ils parvinrent pour la quatrième fois aux sources, le père des hommes prit ses balances d'or et y pesa deux destinées, qui marquaient l'heure de la mort au long repos, l'une d'Achille et l'autre d'Hector dompteur de coursiers. Il les suspendit par le milieu, et l'heure fatale d'Hector pencha et se dirigea vers les enfers. Alors l'ayant devancé en avant; et lui, volait toujours vers la ville.
Or comme dans un songe on ne peut pas poursuivre quelqu'un fuyant, ni certes celui-ci ne peut pas se dérober à celui poursuivant, ni celui-ci le poursuivre :
ainsi l'un ne pouvait pas avoir atteint l'autre de ses pieds, ni celui-ci ravoir évité.
Mais comment Hector eût-il échappé aux Parques de la mort, si Apollon n'était venu-à-la-rencontre à lui de près en extrême et dernier lieu, lequel anima à lui le courage et les genoux rapides ?
Mais Achille divin faisait-un-signe- négatif de la tête aux peuples, et ne permettait pas d'envoyer des traits amers à Hector, de peur que ayant jeté un trait on ne lui enlevât cette gloire, et que lui ne vînt que le second.
Mais lorsque certes ils arrivèrent aux sources pour-la-quatrième-fois, et alors certes le père des dieux étendait les balances d'or ; et il plaçait dedans deux sorts de la mort qui-étend-tout-du-long, l'un d'Achille.
et l'autre d'Hector dompteur-de-coursiers.
Il leva ces balances par le milieu, les ayant prises ; or le jour fatal d'Hector pencha,
28 ~IAIAΔΣ X.
Phébas Apollon l'aoandonna. Minerve, la déesse aux yeux bleus, vint trouver le fils de Pélée, et, s'approchant, elle lui dit ces paroles, qui volent rapides :
« Maintenant j'espère bien qu'à nous deux, glorieux Achille, ami de Jupiter, nous pourrons rapporter un grand butin de gloire aux Grecs, près de leurs vaisseaux, après avoir immolé Hector, malgré sa valeur dans les combats. Il ne peut plus nous échapper, quoi que fasse Apollon qui lance au loin les traits; dût-il se rouler aux pieds du puissant Jupiter, armé de l'Égide. Maintenant tu peux t'arrêter et reprendre haleine. Je vais me rendre auprès de lui pour l'engager à te combattre en face. »
A la voix de Minerve, Achille obéit, le cœur plein de joie. Il at-tend , appuyé sur sa lance de frêne à la pointe de fer. La déesse le quitte et va trouver le divin Hector, prenant la figure et la voix mâle de Déïphobe. Elle s'approche, et lui dit ces paroles, qui volent rapides :
« Mon frère, Achille aux pieds légers te liarcéle et te 'poursuit au-et alla vers la demeure de Pluton ; et Phébus Apollon abandonna lui.
Or Minerve, déesse aux-yeux-bleus, vint-vers le fils-de-Pélée; et se tenant près, elle lui dit des paroles ailées :
« Maintenant certes, j'ai espéré nous-deux du moins, ami de Jupiter, Achille brillant, devoir porter une gloire grande aux Achéens vers les vaisseaux, ayant tué Hector, quoique étant insatiable de combat.
Maintenant certes il n'est plus permis à lui d'être devenu ayant échappé à nous, pas même si Apollon qui-lance-au-loin- les-traits eût souffert de très nombreuses-cho-se roulant-aux-pieds [ses, de Jupiter père qui-tient-l'égide.
Mais toi à la vérité à présent tiens-toi-debout et respire ; et moi allant j'aurai persuadé à celui-ci d'avoir combattu contre toi. »
Minerve dit ainsi; et lui, obéissait, et se réjouissait dans sen cœur; et il se tint donc s'étant appuyé sur la-lance-de-frêne à-la-pointe-d'airain.
Celle-ci certes et laissa lui, et atteignit Hector divin, pareille à Déïphobe par le corps et la voix infatigable ; et se tenant près elle lui dit ces paroles ailées :
- Oui certes Achille rapide force beaucoup toi, mon frère, 30 JAIAAOZ X.
tourdela ville dePriam. Arrêtons-nous et résistons-lui de pied ferme.»
Le grand Hector au casque étincelant lui répondit : « Déïpliobe, tu fus toujours de tous mes frères, de tous les enfants d'Hécube et de Priam , le plus cher à mon cœur. Mais désormais je veux t'honorer encore davantage, toi qui, témoin de mon danger, oses par amour pour moi sortir.de nos murailles, quand tous les autres y restent renfermés. »
Minerve, la déesse aux yeux bleus, lui répondit : « Mon frère , sans doute j'ai vu mon père et ma vénérable mère m'embrasser les genoux tour à tour et me supplier avec mes amis, qui m'entouraient, pour me retenir : tant ils sont tous saisis de crainte ! Mais intérieurement mon cœur était atteint d'un chagrin mortel. A présent combattons Bans plus attendre , et n'épargnons pas nos lances , afin que nous sa-chions si c'est Achille qui, après nous avoir tués, remportera vers ■ tes vaisseaux creux nos dépouilles sanglantes , ou bien si c'est toi qui le feras tomber sous ta lame. » te poursuivant de ses pieds rapides autour de la ville de Priam :
mais va certes restons-debout, et ayons résisté attendant. »
Or Hector grand au-casque-étincelant dit en-retour à elle :
« Déïphobe, certes à la vérité tu étais à moi auparavant de beaucoup le plus cher des frères, lesquels Hécube et Priam engendrèrent leurs enfants ; mais maintenant je pense dans mon esprit à t'avoir honoré même encore plus, toi qui osas à cause de moi être sorti du mur, après que tu vis la chose de tes yeux, mais les autres restent en dedans. »
Mais Minerve la déesse aux-yeux-bleus dit en-retour à lui :
« Mon frère, certes à la vérité mon père et ma mère vénérable embrassant-mes-genoux tour-à-tour et mes amis à l'entour me suppliaient beaucoup de rester là:
(tant en effet tous tremblcnt-de-fraveur !) mais mon cœur au dedans était accablé d'un deuil funèbre.
Mais maintenant pleins-d'ardeur combattons incontinent, et que l'épargne des lances ne soit en-rien, afin que nous sachions si Achille, ayant tué nous-deux, emportera nos dépouilles sanglantes vers les vaisseaux creux, ou si il aura été dompté par ta lance. »
C'est par cet artifice que Minerve le trompa. Lorsque les deux en--
nemis furent en présence, le grand Hector au casque étincelant prit
le premier la parole --
a Je ne te fuirai plus, fils de Pélée, comme je l'ai fait jusqu'ici. Voilà
trois fois que j'ai fait le tour de la grande ville de Priam, et je n'ai pas
encore osé t'attendre. Mais à présent il me prend envie de lutter avec
toi. Il faut que je sois vainqueur ou vaincu. Allons, prenons à témoin
ici les dieux, qui seront les meilleurs dépositaires et les gardiens de la
foi jurée. Je m'engage à ne point t'outrager, si c'est à moi que Jupiter
donne la victoire, si c'est moi qui t'arrache la vie. Mais après t'avoir - dépouillé de tes belles armes, Achille, je rendrai ton corps aux Grecs
Prends le même engagement. »
Achille aux pieds légers, lui lançant un regard de travers, lui dit :
« Hector, que je hais , ne me parle pas d'arrangements. Il n'y a pas
de traités possibles entre les hommes et les lions ; pas de bonne intel-- IUADE XXII. 3
Ayant parlé ainsi, Minerve le prévint même parla ruse.
Et eux lorsque certes ils furent près allant l'un-sur-l'autre, Hector grand au-casque-étincelant dit le premier à lui:
« Je ne craindrai plus toi, fils de Pélée,. comme auparavant.
J'ai fui trois-fois autour de la ville grande de Priam, et je n'osais jamais avoir attendu loi survenant; mais maintenant mon cœur a excité moi à être resté-debout contre toi ; je prendrai ou je serai pris.
Mais allons, ayons ajouté ici les dieux; eux en effet seront témoins les meilleurs et observateurs des conventions ; car moi je n'outragerai pas toi d'une-manière-terrible, si Jupiter aura donné la survivance à moi, et que j'aie ravi à toi ton âme; mais après que certes j'aurai dépouillé toi de les armes belles, Achille, je donnerai de nouveau -ton cadavre aux Achéens.
el il faut loi faire ainsi. »
Mais Achille léger quant aux pieds, ayant regardé lui en dessous, lui dit donc :
« Ne parle pas à moi de conventions, Hector, toi que-je-ne-puis-oublier.
De même que il n'est pas pour les lions et les hommes de serments sûrs, ligence entre les loups et les agneaux, qui sont toujours animés les uns contre les autres d'une haine implacable ; de même il n'y a pas d'accord, pas de trêve possible entre nous, avant que l'un de nous deux ne succombe et n'abreuve de son sang Mars , toujours avide de carnage. Rappelle à toi tout ton courage. C'est maintenant qu'il faut manier habilement le javelot et combattre avec audace. Il n'y a pas moyen d'échapper : bientôt Minerve Pallas te fera tomber sous mes coups. C'est aujourd'hui que tu vas expier toutes les souffrances de mes compagnons, que tu fis tomber sous l'effort de ta lance. » Il dit, et hrandissant son long javelot, il l'envoie à l'illustre Hector, qui, voyant le coup venir, l'esquive ; il se baisse, et l'airain volant par dessus sa tête, va se ficher en terre. Mais Minerve Pallas dégage le javelot et le rend à Achille, à l'insu d'Hector, pasteur des peuples. Alors Hector dit au vaillant fils de Pelée : et que les loups et les agneaux n'ont pas le cœur pensant-de-même mais que ils pensent toujours des maux les-uns-contre-les-autres ; de même il n'est pas possible moi et toi nous être aimés, et des serments ne seront en-rien à nous-deux, avant du moins que l'un certes étant tombé * avoir rassasié de sang Mars guerrier infatigable.
Sonviens-toi de la vertu de-toute-sorte :
maintenant il faut certes toi être et lançant-le-javelot et guerrier audacieux.
Il n'est plus à Loi de moyen-de-fuir, mais aussitôt Pallas Minerve domptera .toi par ma lance ; et maintenant tu paieras toutes les douleurs nombreuses de mes compagnons, lesquels, toi ctant-furieux, tu as tués de ta lance.
Il dit certes, et l'ayant brandie-de-tous-cûlés il lança sa lance à-la-longue. ombre ; et ayant vu certes elle en face, Hector brillant l'évita; car il se baissa l'ayant vue-d'avancc, et la lance d'airain vola-pai-dessus.
Or elle s'enfonça en terre ; mais Pallas Minerve l'arracha en haut, et la donnait de nouveau à Achille., et elle se déroba à Hector, pasteur des peuples.
Mais Hector dit au fils-de-Pélée irréprochable :
«Tu t'es trompé , Achille égal aux dieux , et tu ne savais pas de Jupiter quel devait être mon sort. Tu le disais pourtant. Mais tu n'es qu'un adroit parleur, qu'un artisan de mensonges, et tu voulais en m'effrayant me faire oublier ma force et ma valeur. Ce n'est pas dans le dos, en me poursuivant, que tu pourras me percer de ta lance; pousse-moi ton fer en face, en pleine poitrine, si tel est le vœu de Jupiter. Mais à présent, tâclie d'éviter mon javelot d'airain, que je voudrais te voir entrer tout entier dans les chairs ! La guerre devien-drait, par ta mort, moins terrible aux Troyens, dont tu es le plus redoutable fléau. »
Il dit, et brandissant le long javelot, il le lance au milieu du bou-clier du fils de Pélée. Il ne le manqua pas, mais le trait rebondit au loin, chassé par le bouclier. Hector', affligé de voir le trait rapide retomber inutile , reste la tète baissée et sans avoir un seul javelot. Il appelle à grands cris Déïphobe au blanc bouclier , et lui demande lLIADE, XXII. 37 « Tu t'es trompé, Achille semblable aux dieux, et certes pas encore en rien tu ne savais mon sort de Jupiter; cependant tu l'as dit du moins, mais tu étais quelqu'un liabile-à-parler et trompeur en paroles, afin que, ayant craint toi, j'aie oublié ardeur et force.
Tu n'enfonceras pas ta lance dans le dos à moi fuyant, mais aie poussé droit à moi plein-d'ardeur à travers la poitrine, si un dieu l'a donné à toi.
Mais maintenant évite mon javelot d'airain ; que certes tu aies emporté lui entier dans ta chair !
Et la guerre serait devenue plus légère aux Troyens, toi ayant péri :
car toi tu es fléau très grand à eux. •
Il dit certes, et l'ayant brandie-autour il lança sa lance à-longue-ombro, et frappa an-milieu le bouclier du fiis-de-Pélée, et il ne manqua pas; mais la lance fut écartée Soin du bouclier.
F.t Hector s'affligea de ce que certes le trait rapide échappa à lui en vain de la main ; et il resta ayant baissé-la-téte.
et il n'avait pas d'autre javelot de-frône.
Or il appelait Déipliobe, au-bouclier-blanc, ayant crié fort, 38 ~IAIAΔΣ X.
3oo
3io une longue lance. Déïphobe n'est plus là. Alors Hector comprend tout, et s'écrie :
a Hélas ! ce sont les dieux qui m'appellent à la mort. Je croyais que le vaillant Déïphobe était avec moi ; mais il est dans nos murs, et c'est Minerve qui m'a trompé. Maintenant la funeste mort me me-nace de près; elle est là : plus de moyen de fuir ! C'est la volonté de Jupiter et du fils de Jupiter, du dieu qui lance au loin les traits. Ils me protégeaient auparavant; mais aujourd'hui la Parque s'empare de moi. Du moins, je ne veux pas mourir lâchement et sans gloire, sans me faire un grand nom , qui passe aux hommes à venir! » A ces mots, il tire le glaive aigu qui pendait long et fort à son côté. Puis , recueillant ses forces, il s'élance, comme l'aigle au vo) élevé qui s'abat dans la plaine à travers les sombres nuées, pour en-lever un tendre agneau ou quelque lièvre timide. Ainsi se précipite ILIADE, XXU. 39 il demandait à lui une lance longue :
mais il n'élait nullement près de lui.
Or Hector reconnut dans son esprit la ruse, et dit :
a O dieux, oui certes les dieux appelèrent moi certainement à-la-mort.
Car quant-à-moi j'ai cru Déiphobe héros étrc-là.
Mais lui était dans le mur, et Minerve a trompé moi.
Mais maintenant certes la mort mauvaise est près de moi, et nullement loin ; et il n'y a pas moyen-d'échapper :
car certes depuis-longtems cela était plus cher et à Jupiter et au fils de Jupiter, au dieu qui-lance-au-loin-les-traits, qui avant certes étant bienveillants, protégèrent moi; mais maintenant la Destinée atteint moi; que je n'aie pas péri du moins lâchement et sans-gloire, mais ayant fait quelque-chose de grand et à être appris aux races futures! »
Ayant parlé certes ainsi, il tira son épée aiguë, laquelle et grande et forte pendait à lui au flanc.
Or s'étant ramassé il fondit, comme un aigle au-vol-élevé, qui va dans-la-plaine à travers les nues ténébreuses, devant enlever ou un agneau tendre ou un lièvre timide :
3i rj Hector, brandissant son glaive aigu. Achille de son côté fond sur lui, le cœur plein d'une ardeur farouche, en abritant sa poitrine derrière son magnifique bouclier artistement travaillé. Son casque brillant agite ses quatre aigrettes, et autour du cimier flotte l'épaisse et belle crinière d or, ouvrage de Vulcain. Tel on voit briller au ciel, dans l'ombre de la nuit, Vesper, la plus belle des étoiles; tel brillait le glaive tranchant qu'Achille brandissait dela main droite, méditant la perte du diviu Hec-tor, et cherchant le faible de son armure. Le héros est de toutes parts garanti par les belles armes d'airain dont il a dépouillé le valeureux Patrocle, et qui ne laissent à découvert que cette partie où les clavi-cules rattachent le col aux épaules, la gorge , par où la mort fraie le plus rapide passage à la vie qui s'échappe. C'est là que le divin Achille lui porte de sa lance un coup furieux. La pointe acérée pénètre dans ainsi Hector fondit, brandissant son épée aiguë.
Mais Achille s'élança, et remplit son cœur d'une ardeur farouche; il étendit devant sa poitrine son bouclier beau, bien-travaillé:
il agitait son casque brillant, à-quatre-cônes ; et des crinières d'or belles s'agitaient-autour, lesquelles Vulcain mit épaisses autour du cimier.
Or tel que l'astre du-soir va parmi les astres dans l'ombre de la nuit, lequel se tient dans le ciel l'astre le plus beau :
de même une-lueur-jaillissait de la lance bien-aiguisée, que certes Achille brandissait de la main droite, méditant malheur à Hector divin, regardant sa chair belle, par où il aurait cédé le plus.
Mais les armes d'airain belles, dont il dépouilla l'ayant tué la force de Patrocle, tenaient à la vérité sa chair et autant que !e reste ; mais elles laissaient-paraître la gorge, par où les clavicuies tiennent le cou séparé des épaules, etoù la perte du souffle-de-la-vie est la plus prompte; par là certes Achille divin poussa à lui arec sa lance furieuse; et la pointe vint vis-à-vis à travers le cou tendre. la chair tendre du cou. Mais le frêne armé de fer n'a pas tranché le larynx , et le héros peut parler encore ; il tombe sur la poussière , et le divin Achille triomphe :
« Hector, tu te flattais, en dépouillant le cadavre de Patrocle, de vivre longtemps encore ; tu te rassurais en mon absence. Insensé ! Patrocle laissait derrière lui, sur nos vaisseaux creux , un vengeur plus puissant, qui t'a fait tomber sous ses coups. Les chiens et les vau-tours vont profaner et se disputer ton cadavre, tandis que les Grecs reront à Patrocle de belles funérailles. »
Hector au casque étincelant lui dit épuisé :
« Je t'en supplie, par ton âme, par tes genoux que j'embrasse, au nom de ton père et de ta mère , ne me livre pas, près des vaisseaux des Grecs, en pâture aux chiens dévorants. Mais accepte l'airain et l'or que te prodigueront mon père et ma vénérable mère, et rends mon corps à ma patrie, où les Troyens et les femmes des Troyens m'admettront aux honneurs du bûcher. »
Mais Achille aux pieds légers, lui lançant un regard de haine, lui ILIADE, XXII. 4 S Et la-lance- de .frêne lourde-d'airain-ne coupa point certes la trachée-artère, afin que répondant il dIL-à lui quelque-cliose par des paroles.
Mais il tomba dans la poussière; et Achille divin se glorifia-sur lui :
<c Hector, tu prétendais sans doute,.
dépouillant Patrocle, devoir être sain-et-sauf, et tu ne craignais en-rien moi étant à l'écart.
Insensé! mais moi vengeur beaucoup plus fort que lui j'avais été laissé loin par derrière sur les vaisseaux creux, moi qui ai hrisé les genoux à toi les chiens et les oiseaux d'un côté traîneront toi honteusement, les Achéens de l'autre feront-des-funérailles à lui. »
Mais Hector au-casque-étincelant ne-pou vant-plus-faire-que-peu dit-à lui :
« Je t'en supplie par ton âme et tes genoux et tes parents, ne laisse pas les chiens des Achéens avoir déchiré moi près des vaisseaux ; mais toi à la vérité aie reçu et de l'airain et de l'or en-abondance,.
présents que donneront à toi mon père et ma mère vénérable :
veuille avoir donné de nouveau mon corps à-la-maison, afin que les Troyens et les épouses des Troyens aient fait-participer au feu moi étant mort. »
Mais Achille léger quant aux pied* ayant regardé en dessous dit certes à lui :
36o répond : « Ne m'implore pas, chien, ni par mes genoux , ni au nom rie mes parents. Je voudrais dans ma rage te couper en morceaux et dévorer tes chairs sanglantes, pour me venger du mal que tu m'as fait ! Ainsi personne ne saurait éloigner les chiens de ta tête, m'offrît-on une rançon dix et vingt fois plus forte, et m'en promît-on encore davantage; non , quand le fils de Dardanus, quand Priam lui-même voudrait te racheter au poids de l'or. Ce n'est point ta vénérable mère qui te pleurera, étendu sur un lit, elle qui t'a donné le jour; mais les chiens et les vautours viendront te dévorer entièrement. » Hector au casque étincelant lui dit en mourant : « Oli ! je te recon-nais bien, et je n'espère pas te fléchir ; car tu as dans la poitrine un tœur de fer. Mais prends garde que je n'attire sur toi la vengeance des dieux, le jour où Paris et Phébus Apollon te feront, malgré ta vaillance, tomber sous leurs coups aux portes Scces. « « N'embrasse-pas-les-genoux à moi, chien, par mes genoux, ni par mes parents.
Carplût-au-ciel que en quelque sorte ma colère et mon cœur poussassent moi-même les ayant découpées à avoir mangé les chairs crues, pour les choses que tu fis à moi !
Ainsi il n'est personne qui écarterait les chiens du moins de ta tête; pas même s'ils eussent pesé apportant ici des rançons et dix-fois et vingt-fois-aussi-grandes, et s'ils en eussent promis même d'au-pas même si Priam [très ; fils-de-Dardanus ordonnerait d'avoir racheté toi-même au poids de l'or ; et ta mère vénérable ne pleurera pas ainsi, ayant placé sur un lit toi du moins, lequel elle-même engendra, mais et les chiens et lès oiseaux te déchirerunt tout-entier.»
Or Hector au-casque-étincelant dit-à lui en mourant :
« Certainement je regarde toi te connaissant bien, certes je ne devais pas le persuader :
car certainement un cœur de-fer est à toi du moins dans les esprits.
Songe maintenant, de peur que je ne sois devenu à toi quelq ue suj et-de-vengeance des dieu x, dans ce jour lorsque Paris et Pliébus Apollon auront perdu toi étant vaillant aux portes Scées. »
Il dit, et le voile de la mort s'étendit sur ses yeux. Son âme, s'é-chappant de son corps, s'envola aux enfers, pleurant son malheur, et laissant derrière elle vigueur et jeunesse. Le divin Achille lui dit encore :
« Meurs. Quant à moi, la Parque viendra quand le voudront Ju-piter et les autres dieux immortels. »
Il dit, et, dégageant son javelot d'airain du cadavre, il le déposa plus loin, et dépouilla le héros de ses armes sanglantes. Les autres fils des (îrecs accoururent autour d'Hector , pour contempler sa taille et sa beauté. Aucun d'eux n'approcha sans le frapper; et ils se disaient entre eux :
« Dieux ! Hector est plus facile à aborder aujourd'hui que lorsqu'il vint incendier nos vaisseaux ! »
C'est ainsi qu'ils parlaient, et ils le frappaient de leurs armes. Quand le divin Achille aux pieds agiles l'a dépouillé, il vient au mi-lieu des Grecs et leur dit ces paroles, qui volent rapides : « Amis. chefs et souverains des Grecs, maintenant que les die ix ILLADE. XXII. 47
La fin de la mort certes voila lui ayant dit ainsi ; et l'àme s'étant envolée des membres, alla dans la demeure de Pluton, pleurant son destin, ayant laissé vigueur et jeunesse.
Achille divin dit-à lui quoique étant mort:
« Aie péri :
et moi je recevrai la Parque alors lorsque certainement Jupiter voudra avoir fini, lui et les autres dieux immortels. »
Il dit donc, et il arracha du cadavre sa lance d'-airain ; et il plaça elle loin, et lui, il enleva de ses épaules ses armes ensanglantées; et d'autres fils des Achéens coururent-autour, qui examinèrent et l'extérieur et la beauté admirable d'Hector ; et personne certes ne vint à lui sans-blessure du moins.
Mais quelqu'un ayant regardé disait ainsi à un autre voisin :
« 0 dieux, oui certes Hector est beaucoup plus doux à manier que lorsque il incendia les vaisseaux par un feu brûlant. »
Or on parlait ainsi, et on le frappait en s'approchant.
Mais après que Achille divin aux-pieds-puissants eut dépouillé lui, se tenant-debout parmi les Achéens, il dit des paroles ailées :
« 0 amis, chefs et gouverneurs des Argiens.
3^5 nous ont donné de vaincre ce guerrier, qui nous a fait plus de mal à lui aeul que tous les autres ensemble, il faut marcher sur la ville avec nos &rmes, afin de reconnaitre les dispositions des Troyens, et de savoir si Hector une fois mort ils abandonneront la citadelle, ou s'ils persis-tent à la garder encore, quand il n'est plus. Mais pourquoi mon cœur me suggère-t-il ces pensées ? Le cadavre de Patrocle est là-bas étendu près des vaisseaux, sans larmes et sans sépulture : je ne l'oublierai pas tant que je serai parmi les vivants, et que mes genoux pourront me porter. EL si l'on perd aux enfers la mémoire des morts , je veux même aux enfers me souvenir de mon cher compagnon. Allons à présent chanter l'hymne d'allégresse, jeunes Grecs , eL traînons ce cadavre vers nos vaisseaux creux. Nous nous sommes couverts de gloire en immolant le divin Hector, que les Troyens invoquaient tomme un dieu par la ville. »
il dit, méditant quels outrages il allait faire subir au divin Hector. 111 loi transperça les deux tendons des pieds, depuis la plante jusqu'à ILUDE XXIL. 4 puisque les dieux ont donné d'avoir dompté cet homme, qui a fait des maux nombreux, autant que non tous les autres, mais si, allons, nous avions éprouvé autour de la ville avec les armes, afin que nous ayons reconnu l'esprit des Troyens lequel ils ont ; si ils abandonneront la ville haute, celui-ci étant tombé, ou si ils désirent tcnir-bon, même Hector n'étant plus.
Mais pourquoi mon cœur a-t-il entretenu moi de ces-choses?
Patrocle gît près des vaisseaux, cadavre/non-pleuré, non-enseveli ; et ie n'oublierai pas lui, tant que moi du moins je serai-parmi les vivants, et que mes genoux remueront à moi* Mais si même on oublie les morts dans la demeure de Pluton, pourtant moi même là je me souviendrai de mon ami chéri.
Mais à présent, allons, jeunes gens des Achéens, chantant un hymne, allons vers les vaisseaux creux, et emmenons celui-ci.
Nous avons remporté une gloire grande ; nous avons tué Hector divin, que les Troyens imploraient comme un dieu par la ville. »
Il dit donc, et il méditait des actions indigner contre Hector divin.
Il lui traversa par-derrière les deux-tendons des deux pieds
IfOh
4o5 laclieviile, et l'attacha à son char avec des courroies de cuir de bœuf, en laissant traîner la tête. Puis montant sur le char et élevant en l'air les armes glorieuses du vaincu, il aiguillonne ses coursiers qui volent pleins d'ardeur. Un nuage s'élève derrière le corps traîné dans la poussière ; et ces cheveux noirs, et cette tête auparavant si belle, pendent et traînent à terre. Alors Jupiter permettait aux enne-- 'mis d'Hector de profaner ses restes sur le sol même de sa patrie.
Ainsi était souiilée sa belle tète. Sa mère s'arrachait les cheveux, rejetait loin d'elle son voile magnifique, et redoublait ses sanglots à la vue de son fils. Son père gémissait d'une voix lamentable, et tout le peuple se livrait aux pleurs et aux lamentations par la ville. On eût dit que l'altière ville d'Ilion croulait de fond en comble, ruinée par l'incendie. Ce n'est qu'avec peine qu'on parvint à retenir le vieil-depuis la plante jusqu'à la cheville, et il y adapta des lanières de-peau-de-bœuf, et le lia à son char; et il laissa la tête être traînée ; et étant monté sur le char, et ayant élevé en-haut les armes glorieuses, il fouetta pour faire-avancer, et les-deux chevaux volaient non à-regret.
Or un tourbillon-de-poussière était de lui traîné ; et ses cheveux sombres s'approchaient de la terre autour, et la tête entière gracieuse auparavant, gisait dans la poussière; et alors Jupiter donna à ses ennemis de l'avoir déshonoré sur sa terre patrie.
La tête à la vérité entière de lui avait été souillée-de-poussière ainsi :
et certes donc sa mère s'arrachait les cheveux, et rejeta loin son voile brillant ; et elle gémit très grandement, ayant regardé son fils.
Or son père chéri se lamenta pitoyablement, et les peuples à l'entour étaient-en-proie par la ville aux lamentations et aux gémissemens; et c'était certes très semblable à cela, comme si Ilion entière élevée fût consumée par le feu de-fond-en-comble.
Les penses certes retenaient à peine le vieillard étant affligé, 52 ~IAIAΔOΣ X.
42C lard , qui, dans sa douleur, veulait sortir des por'.es de !a ville de Dardanus. l! implorait tout le monde, en ss roulant dans la fange, P.t appelant chacun par son nom
c: Arrêtez, mes amis, laissez-moi. malgré votre douleur, sortir seul de la ville; je veux aller aux vaisseaux des Grecs, et supplier cet homme funeste et cruel: il respectera mon grand âge, il prendra pitié de ma vieillesse. Il a un père comme moi : c'est Pélée qui lui donna le jour et l'éleva pour être le fléau des Troycns. Mais c'est sur-tout à moi qu'il a fait du mal ; il m'a tué tant de fils dans la Reur de i'age! Et malgré ma douleur, je les pleure tous moins amèrement qu'un seul, que mon Hector, dont le chagiin me fera descendre aux enfers! Ah! que n'est-il mort dans mes bras ! Nous l'aurions à loisir abreuvé de nos sanglots et de nos larmes , sa malheureuse mère et moi! » ILlADE. XXII- 53 désirant-vivement être sorti des portes Dardaniennes.
Or il les suppliait tous, se roulant dans le fumier, appelant chaque homme par-son-nom :
« Arrêtez, amis, quoique étant affligés, et ayez laissé moi seul étant sorti de la ville, être allé aux vaisseaux des Achéens, que je supplie cet homme, funeste, commettant-des-violences, si en quelque sorte il respectera mon âge, et aura pris-en-pitié ma vieillesse.
Et en effet aussi un père tel est à celui-ci, Pélée qui engendrait et nourrissait lui, pour être devenu fléau auxTroyens.
Et il a placé dcs douleurs à moi au dessus de tous :
tant en effet de fils florissants il a tués à moi !
Quoique étant affligé, je ne pleure pas eux tous comme un seul, Hector, dont la douleur aiguë emportera moi dans la demeure de Pluton.
Comme il aurait dû être mort dans mes mains !
Par là nous nous serions rassasiés et pleurant et nous lamentant, et sa mère malheureuse qui enfantait lui,) et-aussi moi-même. » 54 ~IAIAΔOΣ X.
Mo Il parlait ainsi, et pleurait. Autour de lui, les citoyens se lamen-taient aussi. Hécube mena le deuil des Troyennes : « Mon fils, pourquoi vivrai-je dans le malheur et la peine, main-tenant que tu es mort ? Toi qui faisais nuit et jour mon orgueil et ma joie ; toi, l'appui des Troyens et des Troyennes, qui te montraient comme un dieu par la ville! Tu faisais leur gloire, quand tu vivais ; mais à présent, tu es devenu la proie de la mort et du Destin! » Elle parlait ainsi à travers ses larmes. L'épouse d'Hector n'avait rien appris encore. Il n'était pas venu de fidèle messager pour lui an-noncer que son mari restait en dehors des portes. Elle filait, retirée dans sa haute demeure , une robe de pourpre à double tramé, où elle semait différentes broderies. Elle ordonna à ses femmes aux cheveux bien bouclés de placer un grand trépied devant le feu, et de préparer un bain pour Hector de retour du combat : insensée ! Elle ne savait (LIAnE, XXII. 55 Il dit ainsi pleurant; et les citoyens pleuraient-en-outre.
Or Hécube commença parmi les Troyennes un gémissement incessant :
« Mon enfant, pourquoi donc moi malheureuse vivrai-je, ayant souffert des choses-terriblea, toi ayant péri?
Toi qui étais à moi un sujet-d'orgueil par la ville et les nuits et le jour, et un secours à tous et Troyens et Troyennes dans la ville, lesquels avaient reçu toi comme un dieu :
car certes tu serais pour eux une gloire très grande, étant vivant; maintenant au contraire la mort et la Destinée t'atteint. »
Elle parla ainsi pleurant ; et l'épouse d'Hector n'avait encore appris rien ; car personne étant venu messager véridique n'annonça à elle, que certes l'époux à elle restait en dehors des portes ; mais celle-ci tissait, au fond de sa maison haute, une trame, robe-de-pourpre double, et y entremêlait des reliefs divers.
Or elle avait ordonné aux suivantes aux-belles-boucles d'avoir placé un trépied grand dans la maison près du feu, afin que des bains chauds fussent à Hector étant revenu du combat: 56 ~IAIAΔOΣ X.
pas que, bien loin de ce bain qu'on lui préparait, Minerve aux yeux bleus l'avait abattu sous les coups d'Achille. Elle entendit les gémis-sements et les sanglots qui partaient du haut de la tour. Ses membres chancelèrent, et la navette lui tomba des mains. Elle dit alors à ses femmes aux belles tresses :
« Venez ici ; que deux d'entre vous me suivent. Je veux voir ce qui se passe ; j'ai entendu la voix de ma vénérable belle-mère. Mon cœur bondit dans ma poitrine et semble vouloir s'échapper par ma bouche; mes genoux fléchissent. Quelque malheur menace les fils de Priam. Oh! que semblable nouvelle ne frappe jamais mon oreille. Mais je crains bien que le divin Achille ne coupe la retraite au vail-lant Hector , et, le poursuivant par la plaine, n'abatte ce grand cou-rage , qui l'animait. Car il ne reste jamais confondu dans la foule des guerriers; mais il court toujours en avant, et ne le cède à personne en valeur. »
Elle dit, et s'élance hors de sa demeure comme une folle, le cœur insensée ! et elle n'aperçut pas que Minerveaux-y eux-bleus dompta lui par les mains d'Achille, bien loin des bains.
Mais elle entendit du-haut de la tour plainte et gémissement; et les membres d'elle furent ébranlés, et la navette tomba à elle par-terre; et elle dit aussitôt aux servantes aux-belles-tresses :
« Yenez-ici, que deux suivent moi, que j'aie vu quelles œuvres sont faites :
j'ai entendu la voix de ma belle-mère respectable ; et le cœur bondit à moi-même dans ma poitrine en haut jusqu'à ma bouche, et mes genoux s'engourdissent dessous :
quelque malheur certes est près des enfants de Priam.
Plût-au-ciel que ce mot fùt loin de l'oreille de moi !
Mais je crains certes terriblement que Achille divin ne poursuive à moi par la plaine Hector audacieux, l'ayant coupé seul loin de la ville, et que certes il n'ait fait-cesscr lui d'exercer le courage pernicieux qui possédait lui ; car jamais il ne restait dans la foule des hommes, mais i! courait-en-avant beaucoup, ne le-cédant à personne quant à sa vigueur. »
Ayant parlé ainsi, elle s'élança de son palais, semblable à une furieuse. palpitant de crainte. Ses femmes la suivent. Arrivée sur la tour, au milieu des guerriers, elle promène ses regards par-dessus les murail-les. Elle aperçoit Hector traîné devant la ville par de rapides cour-siers, qui l'emportent impitoyablement vers les vaisseaux creux des Grecs. Les ombres de la nuit voilent ses yeux : elle tombe à la ren-verse et s'évanouit. De sa tête s'échappent bandeaux magnifiques bandelettes qui nouent les cheveux, filet et réseau qui les retiennent, ainsi que le voile dont lui fit présent Vénus dorée le jour qu'Hector au casque étincelant l'emmena loin du palais de son père Éétion , en lui prodiguant ses trésors. Autour d'elle s'empressent les sœurs de son mari et les femmes de ses frères, qui la soutiennent anéantie , mou-rante. Lorsqu'elle eut repris ses sens et recueilli son courage , elle s'écria, toute en pleurs , au milieu des Troyennes :
a Hector, que je suis malheureuse! Nous sommes tous deux nds sous •étant secouée quant au cœur; et les suivantes allaient avec elle.
Mais lorsque elle arriva et à la tour et à la foule des hommes, elle se tint sur le mur ayant-promené-ses-regards ; et elle aperçullui traîné devant la ville; et les chevaux rapides traînaient lui sans-pitié vers les vaisseau x creux des Achéens.
Or une nuit sombre voila elle sur les yeux et elle tomba en-arrière, et exhala l'âme.
Et elle laissa-tomber loin de sa tête les liens magnifiques, les bandelettes, et le réseau qui retenait ses cheveux et le filet tressé et le voile, que certes Vénus dorée donna à elle-le jour que Hector au-casque-étincelant emmena elle de la maison d'Eétion, lorsque il donna des cadeaux infinis Mais autour d'elle et les sœurs-du-ma) i et les femmes-des-frères se tinrent-debout en-abondance, lesquelles tenaient parmi elles elle effrayée à avoir péri.
Or donc lorsque elle eut respire, et que le sentiment fut recueilli dans son esprit, gémissant vivement, elle dit parmi lesTroyenncs :
« Hector, moi malheureuse !
Nous naquîmes certes tous-deux d'une seule et même destinée, 60 IAIAAO- X.
49c la même étoile; toi dans le palais de Priam, à Troie ; moi à Thèbes, à l'ombre des forêts du Placus , dans la demeure d'Éétion, qui éleva mon enfance ; père infortuné d'une malheureuse fille ! Pourquoi m'a-t-il donné le jour! Toi tu descends maintenant aux enfers, dans les sombres abîmes de la terre , et me laisses , avec mon triste deuil, veuve dans nos palais. Et cet enfant, notre fils à tous deux , malheu-reux que nous sommes ! tu ne seras pas son appui, Hector, puisque te voilà mort, ni lui le tien. Car s'il survit à cette cruelle guerre que nous font les Grecs , ce ne sera que pour travailler et souffrir. D'au-tres viendront lui ravir son héritage. Le jour qui le tait orphelin lui enlève tous ses amis. Il ira les yeux baissés et les joues baignées de larmes. Enfant, il ira mendier chez les amis de son père, tirant l'un par son manteau, l'autre par sa tunique. Par pitié, ils lui présenteront ILIADE, XXI!. 61 toi à la vérité dans Troie dans la maison de Priam, mais mQi à Thèbes sous le Placus boisé, dans la maison d'Eétion, lequel malheureux nourrissait moi misérable, étant toute-petilo :
comme il devait ne m'avoir pas engendrée !
Mais maintenant toi tu vas dans les demeures de Pluton, sous les cachettes de la terre, cependant tu laisses moi veuve dans les palais dans un deuilodieux ; et l'enfant encore sans-parole tout-à-que nous engendrâmes [fait et toi et moi malheureux :
tu ne seras pas non plus utilité à celui-ci, Hector, puisque tu es mort, ni celui-ci à toi.
Car si certes il a fui du moins la guerre aux-nombreuses-larme$ des Achéens, fatigue et douleurs seront toujours certes à celui-ci dans la suite; car d'autres ôteront-lcs-bornes à lui à ses champs.
Et le jour qui-fait-l'orphelin place l'enfant prive de-tous ses-amis ; et il a les yeux baissés en-tout, et ses joues ont été noyées-de-larmes.
Et l'enfant étant-dans-le-besoin monte chez les amis de son père, tirant l'un par le manteau l'autre par la tunique;
5oo
5io une petite coupe, où il trempera ses lèvres sans mouiller son palais. Quelque enfant de son âge, fort de l'appui de son père et de sa mère, le chassera de la salle du festin, en le frappant et en le poursuivant de cet outrage : «Va-t'en, maudit; ton père n'est pas admis à notre table. » Et l'orphelin s'en ira pleurer sur le sein de la veuve, lui, As-tyanax, qui naguère, assis sur les genoux de son père, ne mangeait que la moelle et la graisse délicate des brebis ; lui qui, lorsque le sommeil le prenait et qu'il cessait de jouer, reposait dans les bras de sa nourrice ou dans une couche moelleuse, et s'endormait le cœur plein de joie. Maintenant il va bien souffrir, abandonné de son père, mon fils Astyanax, comme l'appellent les Troyens ! C'est qu'à to. seul tu soutenais les portes et les grandes murailles d'Ilion! A présent tu vas près des navires recourbés, loin de tes parents , devenir la proie des vers qui fourmillent, quand les chiens auront à loisir dé-chiré ton cadavre. Des vêtements de fine et gracieuse étoffe filés par les mains des femmes, t'attendaient dans nos palais; mais nous lc) et quelqu'un de (eux ayant eu-pitié tendit à lui une coupe petite, et il mouilla ses lèvres à la vérité, mais il ne mouilla pas son palais.
Et celui-qui-a-père-et-mère chassa-rudement lui du repas, l'ayant frappe de ses mains, et le réprimandant avec des outrages « Va-t'en-maudit ainsi ; ton père certes n'est pas admis-au-repas-avecnous." Et l'enfant éploré monte chez sa mère veuve, Astyanax, qui auparavant à la vérité sur les genoux de son père mangeait la moelle seule m' 101 sraisse grasse des brebis ; mais iorsque le sommeil l'cut pris,, et qu'il cessait de jouer-enfant, il dormait dans son lit, dans les bras de sa nourrice, dans une couclie moelleuse , ayant rempli son cœur de délices :
mais à présent il pourra-souffrir beaucoup, manquant de son père chéri, Astyanax, que les Troyens appellent de ce nom; car tu défendais seul pour eux les portes et les murailles grandes.
Mais à présent les vers toujours-en-mouvement mangeront toi nu près des vaisseaux recourbés, loin de tes parens, après que les chiens seront rassasiés ; or dans les palais gisent à toi des vêtemens et fins et gracieux faits par les mains des femmes. livrerons tous à la flamme dévorante: et puisqu'ils ne peuvent plus te servir, et que tu ne les porteras plus, nous t'en ferons hommage au Mm des Troyens et des Troyennes ! »
Elle dit en fondant en larmes; et ses femmes gémissent autour d'elle. ILlADE XXIl , t Mais certes je brûlerai par le feu ardent ces-choses entières, n'étant d'aucune utilité à toi, puisque tu ne coucheras-pas dans elles, mais, elles doivent être gloire à toi.
de la part des Troyens et des Troyennes. »
Elle dit ainsi pleurant :
et les femmes se lamentaient-aussi