A MADAME, A VITRÉ
Madame, tous mes parents et meilleurs amis m'obligèrent hier de prendre unne bague, en nom de mariage, du sieur de Thuré, dont ilz ont jugé la naissance et la condition convenables à la mienne. Il doit ce matin partir pour aller au Mans, quérir dispense des bans : autrement il n'auroit manqué. Madame, d'aller offrir à Vostre Excellance son très humble service, qu'il m'a protesté de vous rendre tous ses jours par unne entière obéissance ; ce qui m'a plus obligée de consentir à l'intention de mes parents. Je vous suplie très humblement, Madame, me vouloir pardonner sy je n'ay attendu voslre commandement en ceste action *; Tocasion et la saison ont précipité mes parents, qui n'ont pas trouvé bon que j'attendisse après Pasques. J'espère la bénédiction de Dieu en mon mariage, sy Vostre Excellance le daigne aprouver. Je vous en suplie très humblement, Madame, et de croire que j'ay en cela cherché un ayde au service très humble que je désire rendre à Vos Excellances, comme je m'y sens obligée, et de rester tous mes jours, Madame, vostre très humble et très obéissante servante,
LEZINE DUCHEMIN.
De vostre chasteau de Laval, le xviiio febvrier mvf trente cinq. Lettre signée.
taire de la duchesse a écrit au dos : Madame Bergeon. Une personne des plus compétentes, M. Victor Duchemin, archiviste de la Sarthe, et précédemment de la Mayenne, n'a pu préciser à laquelle des nombreuses branches de la famille dont il porte le nom appartenait Lezine.
« Ces excuses étaient rendues plus nécessaires par le peu de distance (37 kilomètres) qu'il y a entre Laval et ViU*é, où se trouvait alors la duchesse.
NantM. — Imp. Vincent FormtM Emile Grimaad, place da Commerce, 4.
Extrait de la Revue de Bretagne et de Vendée, (Tome XLV de la collection) et tiré à cent exemplaires.
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