A MON TRÈS CHIER COUSIN JEHAN BEUSELIN
Très chier cousin, je suy venu à Cheteaugontier * en la compaignie monsKr de Beaumonl ', et suy demouré à la ville pour ses besongnes, quar ge ne puis estre aie à Craon, et si m'en convient retourner au Maine ' haslivement. Si parleroie volontiers o ceulx à qui le bail de la terre du Bois aparlient ; si vous pri que vous leur facez savoir, s'il veullent parler à moy, que il soient cest geudi matin à Cheteaugontier, et il m'i troueront. Et vous pri tant comme ge puis, que s'il viennent, que i vêliez venir ausi, quar je achevéroie volontiers o eulx de mon rachat *, et ge aroie bien chier que vous i fusez et parleroie volontiers à vous. Si vous pri que vous ne m'en fallez pas. Et venés vous et eulx devers le matin sans atendre naux segneurs, quar il n'aresteront jà à Cheteaugontier; et si vous les atendiés, nous ne pourion besongner quant ilz seroient venuz. Requeraandez moy à mon oncle.
Que Nostre Seigneur soit guarde de vous.
Lettre olographe *.
Guillaume de Gourceriers.
* Châteaugontier et Craon, en Anjou, font aujourd'hui partie du département de la Mayenne.
* Louis II de Beaumonl, qui fut tué à la bataille de Cocherel, 23 mai 1364, sans avoir eu d'enfant d'Isabelle de Bourbon, et qui eut pour principale héritière sa sœar aînée Marie, femme de Guillaume Chamaillart. s" d'Anthenaise. Dans une charte du 4 février 1367, ce dernier parle de l'auteur de notre lettre, à propos des garde* qu'il devait faire au château de Sablé sur Sarlhc : . Et Os entrer ledit jour, pour , faire les dictes guardes de troys moys, messire Guillaume de Courceriers, s" de « Coursereilz. . V. Revue historique du Maine, vol. IV, p. 231.
* Son lief de Courceriers éUit situé prés de Mayenne, et sa terre du Bois prés de Craon.
* Droit dû à chaque mutation de seigneur comme de vassal. Louis de Beaumonl n'était majeur que depuis deux ou U-ois ans lorsqu'il mourut.
» Ainsi que les suivantes, cette lettre est écrite sur papier.
No 4. — U AOUT 1364 ou 1365.
Léon Duval, Olivier et Philippoî Patris et Olivier de la Chappelle,
gens d'armes du sire de Rays,
au duc de Guyenne, le célèbre prince Noir.
Sur la foi des trêves, et pour le service de leur maître, ils se rendaient paisiblement de l'un à l'autre de ses châteaux, lorsque, rencontrés par le sëoéchal de Poitou, ils ont été faits prisonniers, sur parole, et dépouillés de tout ce qu'ils avaient, chevaux, armes, etc., etc., valant 4,000 pièces de la monnaie dite Mouton, parce qu'elle représentait VAgnus Dei, A titre de représailles, ils viennent d'arrêter, corps et biens, un chevalier anglais, débarqué audit pays de Rays; et ils notifient respectueusement au duc de Guyenne ne vouloir s'en dessaisir qu'après avoir été relevés de leur serment et réintégrés dans ce qu'on leur a pris. Suit la liste des objets à restituer audit chevalier.