‹ Vingt neuf degrès à l'ombre; comédie en un acteChapitre 11 sur 20 · SCÈNE X PIGET, POMADOUR · texte numérisé non relu

SCÈNE X PIGET, POMADOUR

Sapristi ! dans quelle afîaiie m'avez- vous fourré là ?

PIGET.

Ce n'est pas moi.

POMADOUR.

Mais sil... tu m'as dit que le tien ne s'était pas défendu.

* Piget, Pomadour.

PIGET.

C'est vrai. . . il n'a fait que parer. . . Par exemple, je a'ai jamais pu le toucher.

POMADOUR.

Gomment?

PlGET.

Nous sommes allés cinq jours de suite au Vésinet... Le premier jour, il y a eu vingl-liuit reprises... j'avais amené un médecin... c'était horrible!... le second, dix-neuf... le troisième seize... j'avais lâché le médecin... il me prenait vingt francs par séance; ma foi, quand j'ai vu que je ne pouvais pas le toucher, je n'y suis plus retourné ! Tu comprends, j'ai mes affaires, moi !

POMADOUR.

Parbleu! moi aussi !... Mais voyons, sacreblou ! qu'est-ce qu'il faut faire? Il faut prendre un parti... il est là dans l'orangerie.. . qui attend. . .

PIGET.

Moi, à ta place, j'accepterais ses excuses.

C'est que. .. j'aurais l'air de reculer.

PIGET.

Tu ne recules pas, puisque c'est lui qui te fait des excuses!

POMADOUR.

C'est juste !... De quoi s'agit-il, au bout du compte?.. . d'un baiser?... Ah! s'il s'agissait... comme pour toi... d'une de ces injures qui déshonorent un homme à tout jamais. . .

PIGET.

Hein?

POMADOUR.

Mais pour un simple baiser !... Nous serions au jour de l'an... on se la souhaite... je n'aurais rien à dire !,.. et parce que nous sommes au mois d'août, le préjugé... le stupide préjugé exige que je me fasse transpercer I... Allons donc! ...Va me chercher ce .Monsieur.

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