‹ Vingt neuf degrès à l'ombre; comédie en un acteChapitre 6 sur 20 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, COURTIN, ADOLPHE. *

couRTiN, entrant.

Lo voici... Il est désolé !

{Adolphe entre, l'air penaud et confus.)

PO.MADOUR.

Approcliez, Monsieur.

ADOLPHE, à part.

Mon Dieu! que c'est donc bête de se laisser pincer comme ça !

poMAuouR, à part, regardant Adolphe.

En effet, je le crois plus fort (jue moi. {[laut.) J'attends vos cxplicalions, Monsieur... Comment se fait -il que vous vous soyez comporté de la sorte avec une dame... que vous vo\o/ pour la première fois?

ADOLPIIi:.

Monsieur, c'est un malen'endu, un simple malentendu. Mais d'abord, je tiens à vous dire que j'appartiens à une bonne famille... Mon père était receveur à Poitiers, et mon grand -père...

POMADOUR .

Je ne vous demande pas votre généalogie... je vous demande une explication.

ADOLPHE, très-gêné.

Oui, voilà toute la vérité... Je rentrais pour me r<>po.>oiun peu... parce que votre petit vin blanc m'avait frappé sur lalélo...

poM\DOLR, froissé.

Ce que vous appelé; ^^■'<n netit vin blanc est du chaMi-. Monsieur ! Continuez .

*■ PlLïPt. Ponindoiir, Adolplio, Coiirtin.

ADOLPHE

Oui... Où en élais-je? [Au public.) Cerluincmonl^ le ne suis pas gris... mais je suis un peu emméché.

POMADOUR.

Vous êtes donc sourd, je vous dis de continuer.

AUOLPIIK.

M'y voici, {A part.) J'ai une soif! (Haul.) En rentrant, j'aperçois madame Pomadour... je m'avance pour la saluer... mais comme votre cljabiis {se reprenanl) votre parquet est extrêmement bien ciré. . . c'est une glace. . . mon pied glisse... je me rattrappe à elle... et ma joue s'est trouvée, par hasard... contre la sienne.

P0M\D0UR, ironiquement.

Par hasard?

piCET, à part.

Elle est raide!

ADOLPHE

Mais croyez bien que je n'ai jamais eu l'intention de manquer de respect de madame Pomadour... Je suis un homme du monde... Demandez à monsieur Courtin. couRTiN, sèchement.

Ne me parlez pas, Monsieur!

POMADOl'R.

Ainsi, voilà votre dire : Votre pied a glissé, et c'est par accident que vous avez rencontré la joue de madame Pomadour?

ADOLPHE

Tout à fait.

POMADOUR.

Et vous croyez nous faire avaler ça?

ADOLPHE

Je suis incapable de faire une plaisanterie : non est hic lociis. {A part.) Tiens je rends du latin. POMADOUR, à Piget.

Qu'est-ce que c'est que ça?

PIGET.

C'est du latin.

POMADOUR.

El ri\ \cul dire?

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PIGET.

Ilic locus? Ça veut diro qu'il est désolé.

POMADOUR.

A la bonne heure... Nous allons maintenant vous confronter avec votre victime.

ADOLPIIK.

Oli ! ma victime!

Voudriez-vous insinuer que ma femme est votre complice?

ADOLPHE

Oh! non, mais une victime suppose toujours un sacrifice... et il n'y a pas eu de sacrifice.

POMADOLR. sécèremenl.

Assez !

piGET, à part.

Il me fait rougir.

POMADOUR.

Piget?

PIGET.

Mon ami?

POMADOUR.

Ayez l'obligeance de prier ma femme de venir un moment.

PIGET.

Tout de suite. [U se dirige vos la maison. Pomadour V accompagne jusqu'à la porte.)

couRTiN, bas à Adolphe.

Animal I Je le conduirai dans le monde une autre fois!

ADOLPHE, bas.

Qu'est-ce que tu veux? J'ai perdu la tète... C'est la chaleur... Vingt-neufdegrésà l'ombre! (.4 part.) Mon Dieu, que j'iii soif !

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