‹ Virgile Marron vaudeville en un acteChapitre 18 sur 27 · J AMR OSA, BRANCHU · texte numérisé non relu

J AMR OSA, BRANCHU

BRANCHU, à pari.

O amour!., tu es entré subito dans mon cœur!

JAMROSA, le regardant.

Il a des yeux très-expressifs.

BRANCHU, à part.

La Montangraine ne lui irait pas à la cheville.

JAMROSA. V

Pauvre esclave!., sans moi... tu souffrirais maintenant.

BRANCHU, » part. 1 7

Mais pas trop!., je me la donnais assez bien sur le paind’épice.

JAMROSA.

Tu ne réponds rien... Voilà pourtant ce qu’en fait l’esclavage !.. des brutes!..

BRANCHU, à part.

O Dieu!., une brute!., le poêle des Scabieuses!

JAMROSA.

Si je t’ai pris à mon service, c’est que tu comprends et parles un peu notre langue.

BRANCHU, » part.

C’est vrai!., j’oubliais, moi! (Haut.) Oui... oui... moi heureux avec petite maîtresse; petite maîtresse s’appelle..?

JAMROSA.

Jamrosa.

Oh! beau petit nom !... fleur comme petite maîtresse : bien belle et sentir bien bon...

JAMROSA.

Tiens!., c’est drôlet ce qu’il me débite là.

BRANCHU, i part.

Crcdié !.. si elle me regarde longtemps comme ça, je redeviens blanc. Ses prunelles me font voir trente-six soleils.

. I '.-jamrosa.. ■

Tu seras à mes ordres.

BRANCHU

Ya! (a part.) La jubilation me fait parler allemand.

' .,v.„ jamrosa.

Tu as une bonne tête.

BRANCHU

Oh ! ya ! ya!

jamrosa.

Je ne commanderai qu’à toi.

VIRGILK MARRON.

BRANCHU, à psrt. ,

Je suis écrasé de bonheur sous ton toi... (Haut.) Oui.... oui!... moi ton esclave... à jamais... dévoué... (s« menant à genoux.) Prenons garde de déteindre sur elle, (il prend du bout de* doigts U main de Jamrosn qu'il pose sur se tête.) Je Suis ton bien, ta chose... à toi pour la vie!..

JAMROSA, lui caressant la tète.

11 a une bonne petite laine!

BRANCHU, à part.

De la laine!., elle appelle cela de la laine!... Oh!., elle me chatouille!., elle passe sa main dans mes cheveux ... bi elle pouvait m’appeler Arthur !

Air du Camp des Révoltées.

Sa main me rend l’humeur allègre,

Je me sens tout électrisé.

JAMROSA.

tl est très-gentil ; quoique nègre,

Il a l’air bien civilisé.

BRANCHU

Je veux bien rester indigène Des bords où fleurit le moka,

Si j’ai la promesse certaine Que tu seras mon Ourika...

Ah! ah!

JAMROSA.

Ah! ah!

• Mon Ourika !

JAMROSA.

Son Ourika !

Que dit-il là?

Il me plaira, j’en suis certaine ; - ■

Quel drôle d'esclave j’ai là !

BRANCHU

Pour cheveux j’aurai de la laine,

Quand tu seras mon Ourika.

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