‹ Virgile Marron vaudeville en un acteChapitre 20 sur 27 · BRANCHU, COQUILLARD · texte numérisé non relu

BRANCHU, COQUILLARD

COQUILLARD

Nous sommes seuls, jeune Cafre !.. commentez votre mèche.

BRANCHU

Mais vous êtes un Cartouche ! et je ne parle pas de moi dont vous faites un Bug-Jargal; sans vergogne... d’un coup de torchon je me débugjargalise... Mais cette jeune fleur?

COQUILLARD

Quelle fleur ?

BRANCHU

Jamrosa. v

La petite colonne?..

BRANCHU

Qu’en voulez- vous faire?

COQUILLARD

Mon épouse, pardieu!..

• ’ ■> BRANCHU

Mais, malheureux!., sommes-nous à Stamboul?., et votre femme?.. »

COQUILLARD

Quelle femme ?

BRANCHU

Quelle femme!., mais la vôtre... insensé!., vous n’êtes pas arrêté au bord de l’abîme par l’exemple fameux du postillon de Ifàijumeau? (n ch»nie.) Pendu! pendu! pendu!..

® r * COQUILLARD.

Ce trio ne m’est pas inconnu... mais l'application ne m’en paraît pas logique.

BRANCHU

Comment ! mais vous êtes marié?

COQUILLARD

Pas du tout ! fiancé !

Marié!..

Fiancé !..

BRANCHU

Mais c’est moi qui suis fiancé! ...

COQUILLARD

Vous? qui ?..

BRANCHU

Moi? qui?.. Théodose Branchu parbleu!

COQUILLARD

Voilà où nous tombons dans le gâchis. . e’ed moi qui suis Branchu !

BRANCHU

Bah! dirait-il vrai 1 ? oh! je m’abêtis à vue d’œil!..

Mais, comme l’a dit La Bruyère... la générosité est à l’âme ce que la truffe est à l’estomac... jusqu’à mou mariage vous serez bien traité... logé... nourri... pas blanchi par exemple !.. bigre!., le père Vend-des-machins n’adopterait pas la couleur... et, quand je serai maître de céans, je vous affranchirai.

BRANCHU

Je deviens timbré!..

COQUILLARD

Vous pourrez alors, recouvrant votre libre arbitre , prendre le nom qui vous plaira... hors le mien!., j’y tiens!., quand on a fait les Scabieuses! ..

BRANCHU

Il me vole ça aussi !..

COQUILLARD

Tiens!., je viens d'en voir un exemplaire sur la console de ma future...' .1

BRANCHU

Elle m’a lu! ■ ' : '■

COQUILLARD, se pavanant.

Quand elle saura que c’est moi...

BRANCHU

Il me floue mes lauriers!.. Mais, sacrebleu!., c’est une cascade de cour d’assises que vous eommelti z à mon égard!., vos preuves ?

COQUILLARD, tirant son portefeuille.

Voici! :i . s

BRANCIIU.

Mon portefeuille ! • - -

COQUILLARD

Non... pardon... le mien... là... dans ma petite popoche.

BRANCHU, suffoquant de colère.

Mais cette po... poche... elle est à moi... elle est cousue à ma jaquette!

COQUILLARD, à part.

Allons, allons, le soleil lui tape trop sur le plafond! (Haut.) Calmons-nous, mon bonhomme!., à l'impossible nul 11’est tenu!.. Pascal l’a dit... Virgile ou Coquillard, à votre choix!., mais Branchu!.. des navets!

BRANCHU

Tiens, va-t’en, misérable!

SCÈNE XUI.

ENSEMBLE

Ah- de fa Reine d'un jour (Un monsieur Et une dame). BRÀNCHU. .

La moutarde me monte •

/ • Pour toi, (ils dé Caïn, .

Puisqu’il faut étro un Africain, '• •* „**

- - - ' La fuite la plus prompte

D’un châtiment nouveau

1 ; ’ ' Seule pourra sauver ta peau. » - ' • ••

' COQÜILL ARD. ; - v v ' ' ‘ ? -

Ko dépit de cette rage folle,

. Je .sais doux... vous serez affranchi ! U' - “

Vous pouvez compter sur ma parole.

' • ", - BRANCBU, aiee rage. '

(Mi».. ’

COQÜHXARD.

Logé, nourri... mais pas blanchi !..

La moutarde lui monte, \ yj

Montrons un cœur humain :

Pardonnons à cet Africain; ,

Je comprends son mécompte :

Ce changement de peau .

Peut bien lui troubler le cerveau.

Rranchu.

. . La moutarde, etc., etc.

(CoipiillarAsort.)

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