CHAPITRE VI
— Lo rapport qu'on vous a fait?... Vous n'avez donc pas vu, de vos yeux vu?
^ — Je ne vais jamais au Tliéàtre-Franrais, mademoiselle ; je n'aime que l'opéra.
— Vous aimez l'opéra, monsieur le commissaire, Dieu soit loué ! alors vous me comprendrez. . .
— Comment?
— Moi aussi, j'adore la musique, et c'est mon amoiir pour Kreutzer qui m'a rendue coupable du délit que vous m'imputez.
— Je ne vous comprends pas, mademoiselle.
— Sachez, monsieur le commissaire, qu'on jouait hier soir au grand théâtre...
— La Princesse de Babyloîie, — s'écria vivement et avec un gros soupir le fonctionnaire public. . . — Hélas ! ... je n'ai pu assister à cette représentation, et je le regrette bien; mais une importante affaire...
— Ah! c'était une soirée magnifique... vous avez perdu, monsieur.
on VlHl.INIK niJAZET.
— Vraiment ? Cumment a cliaiilé Cccile?
— Qui ça, Cécile? La princesse de Rabylone?
— Oniî
— Aliî monsieur, comme un anL-^e. Quelle voix! (jucllemétliodc! quel goùl!...
— NVst-cc pas?... — (lit le commissaire tout ému. — Mais asseyez-vous donc , mademoiselle, asseyez-vous.
Déjazct s'assit, il s'approcha d'elle; le sévère magistral avait déride son front, la jubilation était répandue sur tous ses traits, il était radieux. •»
— N'est-ce pas, reprit-il, qu'elle a un véritable talent?
— Elle ! Ah ! monsieur un talent de premier ordre...
— N'est-ce pas qu'elle devrait être à Paris? N'est-ce pas que l'Académie royale de Musique n'a pas un sujet pareil ?
— Assurément.