CHAPITRE I\. liT
il'onuagor (le nouvt'llos recrues fjiii pussent l'ormer sa lète de colonne : Policr, Boufl'é, Lalonl, Vulnys et Déjazel furtMif appelés à col honneur.
Je passerai rapidement sur le séjour de Déjazel au théâtre des Nouveautés ; il dura troi:ans ; je ne citerai que ses principales créations, entre autres celle du dauphin dans Henri IV en l'(i)niUcy ouvrage de MM. de Villeneuve, Kniilc Vanderburch et Desforges, représenté pour la première fois le 2G juin 1828. MM. Dartois, Brunswik et Lhérie écrivirent ensuite pour DCjiXACi la Suite d'un Mariatjede raison, afin de lui fournir l'occasion de jouer cette Madame Pinchon qu'elle avait tant désirée, tant regrettée. Elle prouva a M. Scribe que son infidélité n'était point motivée. Mais est-il besoin de
motifs pour être infidèle? On est infidèle à
(elle qu'on aime le plus, et c'est là sans doute rexcusc de M. Scrih(\
Déjazct fut encore très-remarquable dans le Fils (le l' Nomme, souvenir de 1821, j)ar M. Paul (le Lussan, rcpréscnlt^ le 28 décem-
n?< VllU.lMi: DKJAZKT.
luv ISnO. Dans ce n)l(^ du duc d»^ nolrlisladl,
ollo louoliail loii> les auurs, clic clail di^no,
(dli* t'iail ncihlc, clic clail inlt'n^ssniUc cl
celle civalion lui lit d'aiilant ])lns (riiomiciir (ju'ellc sorlail de son genre ordinaire. Qnand
elle disail : « Mo}i jHnivrc pire ! // est lUmc
» vrai^ tu in'appclma à ton lit de mort, et je
» n'étais pas là ! » Ions les spcclatenrs
picnraienl. (jnand elle disail à la dernière scène : nMidutcudut, tnessicurs^ entrons ù la » chapelle. . . Allons prier pour mon j)ère ! . . . » rémolion était ^^Miérale.
Dans les Trois Calherines avec Bnnffé, Volnys et madame Alherl, dans Valentine on la Chute (les feuilles, dans VKnraijre, le Mur- (hand de la rue Saint-De)ùs , la Femme, le Mari et l'Amant, Jovial en jnisfni, le Mari aux neufs femmes ci i]nï\s llimajmrtcà llCeole de Urienne surtout, ellcî laissa des souvenirs i ]>récieux aux amateurs. Mais j(; m'arrête; s'il fallait ici énumérer toutes les pièces qui doivent leurs succès a Déjazet , et tous les rôles qu'elle a créés, je n'en fmirais pris.
CIIAPITKK 1\. [[\\
Je ciuîstalrrai scuKmiumiI nu fait, cVst cpie le lliéàlrcdcs Nouvcaulcs l'ut pour Déjazcl le ilornicr (legro «juclle eut à francliir pour se poser sur le piédestal (pie M. Doruieuil eut le hou esprit (Fériger à sou taleuL syinpalliiipie. — Ce piédestal fut la scène du Palais-Royal.
En efîet, l'administration des Nouveautés ayant sombré , et malj^ré le procès que lui lirenL, pour la retenir, les artistes ([ui avaient pris les rênes direetoriales, Déja/.et (juitta le liiéàlH' de la place de la Bourse (qui garnissait si mal la sienne) pour celui de M. Dormeuil.
Ici je touche à l'époque la plus brillante de la carrière dramatitpie de Yir^^inie Déjazet. Nous sommes au 6 juin 1831, jour de l'ouverture du théâtre du Palais-Uoyal. Une troupe improvisée, et cependant délicieuse, se heurte, se presse dans le petit local de ce petit théâtre.
Samson, Rep^nier, les s[>iriluels sociétaires de la Comédie Francaised'aujourd'hui; Lepein-
150 VlUr.IMK DLJAZl::!.
tro aînt%Sainvillt\ inadanm Raroyor, niadcmoiiclK' Mloiniio. nuulaine Couturier, M. J>orii!t'iiil lui-uuMuc, cl D6jazcl, la charmante Dt^azel, >out là, derricro le rideau, iuquiels, liévreux, impatients.
Enfui on commence //.v ii'oiirriroul j)as , prologue crouverturc, et bientôt les rires, les applaudissements rendent le calme et le sangfroid à tous ces pauvres artistes. Ce prologue de MM. Mélesville, Brazier et Bayard est fort bien accueilli, et quand Déjazet s'avance pour chanter au public le couplet fmal...
M Un premier pas est si glissant,
» Que nous tremblons d'avance ; » Cliaquc théâtre en commençant
» A besoin d'indulgence
» Applaudissez au dénoùment
» Pour que cela commence n Gai ment,
» Pour que cela commence. »
Le public ne se fait pas prier et répond par d'unanimes bravos à la gracieuse actrice. Mais la soirée n'était pas terminée pour Dcjazct :