‹ Viscéralgies, douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses, maladies de la circulation lymphatique. Guérisons obtenues par la méthode curative externeChapitre 3 sur 14 · COURBATURES. — COLIQUES · texte numérisé non relu

COURBATURES. — COLIQUES

Aussitôt que, par le succès obtenu et relaté dans l’observation qui précède, je fus à même d' apprécier le mode d’action et la puissance thérapeutique de la méthode curative externe, je cherchai avec avidité toutes les occasions de la mettre en pratique, certain d’ailleurs que dans aucune circonstance elle ne pouvait être abusivement employée, de manière à oceasioner le plus léger accident.

Il est tout naturel de comprendre que mes premières perquisitions pour découvrir des affections qui pouvaient être avantageusement combattues par la nouvelle médication,

(1) On conçoit que je devrai restreindre mes observations à l’exposé sommaire des symptômes caractéristiques des maladies, et que je ne puis ici leur donner les développemens dont elles seraienfsusceptihîcs, surtout sous le rapport du traitement.

durent être faites dans ma nombreuse famille, sur moimême, puis dans ma clientelîe particulière.

D’abord quelques-uns de mes parens et de mes cliens furent traités avec un succès Irè -prompt pour des douleurs peu intenses, mais qui existaient habituellement et depuis long-temps, soit dans les articulations, soit dans les muscles ( chairs ). Mon père, fort avancé en âge, et qui était dans un état de débilité telle qu’il quittait à peine le lit, à de rares et courts intervalles, fut presque subitement débarrassé de douleurs vagues dans les bras, les épaules et le tronc, ainsi que de crampes dans les jambes qui l’incommodaient beaucoup. Cependant, vu son grand âge et son état de faiblesse générale, mon père ne fut pas soumis à un traitement actif; j’eus donc lieu de m’étonner de le voir si promptement soulagé.

lésion vitale du coEüiu — Pour moi, j’étais sujet à des douleurs fréquentes assez fortes, entre les épaules, que toutefois je me réjouissais de ressentir et de voir fixées dans cette région, parce que lorsqu’elles n’existaient pas, j’éprouvais un malaise général résultant d’un trouble des fonctions du cœur. La coïncidence que je remarquai toujours entre la présence des douleurs aux épaules et la diminution des accidens de la circulation sanguine y me faisait regarder avec raison la lésion de la sensibilité musculaire comme un moyen révulsif précieux de la lésion du cœur.

Cependant, comme j’avais à ma disposition un mo}ren curatif direct, dont je ne pouvais aucunement redouter un etfet contraire à celui que j’en attendais, je me décidai à le mettre en usage : dès les premières applications les douleurs disparurent, et ne se sont jamais manifestées depuis. Ma santé s’est améliorée sous tous les rapports, et je ne suis actuellement sujet, comme autrefois, qu’aux effets de la fatigue ( voy. plus loin ) que m’occasionenl souvent des travaux aussi prolongés que pénibles et multipliés; fatigue que néanmoins je supporte avec une énergie dont j’eusse été incapable il n’y a pas trois ans. J’ai actuellement l’apparence et la réalité d’une très-bonne santé : les accidens que j’ai éprouvés au cœur m’occupent même si peu, que je brave l’avenir et ne me soumets à aucun régime; la tempérance est chez moi habitude et non vertu, mais je satisfais pleinement et régulièrement mon appétit, qui est très-vif et proportionné aux perles journalières que m’occasione l’exer-

cice de mon art dans une nombreuse cîientelle. Mes confrères et amis, MM. les professeurs Marjolin et Andra!, peuvent attester dans quel état fâcheux je me suis trouvé, particulièrement dans le courant des années 1831 et 1832; combien de craintes leur inspirait alors le trouble des fonctions du cœur, et les efforts impuissans qu’ils ont faits pour me soustraire à la pénible contemplation du danger qui, je le croyais, menaçait incessamment mon existence : car tout en me prodiguant les conseils les plus consolans et les plus affectueux, ils corroboraient l’opinion que je m’étais formée, que je deviendrais bientôt la proie d’une affection organique.

Cependant ces phénomènes formidables furent dissipés par quelques applications des moyens qui constituent la méthode curative externe, et aujourd’hui je redoute d’autant moins l’ennemi, que, s’il se montre encore, ie suis plus que jamais eu mesure de l’anéantir..

Courbature. — J’ai dit plus haut, qu’actuellement en possession de la plus belle santé, je n’étais plus sujet qu’aux effets de la fatigue. Quels sont ces effets? des courbatures fréquentes. Eh bien, c’est ici que l’axiome : « Qui peut plus peut moins , » reçoit son application dans toute son extension. Par les moyens ordinaires ou en les laissant aux soins de la nature, ces indispositions durent de un à trois jours. Je me débarrasse d’une courbature en trois quarts d’heure, une heure au plus, et je reprends immédiatement mes travaux habituels. —-Comment expliquer un tel résultat ? C’est que la courbature est réellement une lésion vitale des muscles, que l’on peut considérer comme le premier degré du rhumatisme aigu.

Coliques. — J’ai un parent très-sujet â des douleurs abdominales, sans évacuations alvines. Ces douleurs [pincement r, ainsi qu’il les appelle) ont toujours été considérées et traitées comme des inflammations de la membrane muqueuse intestinale. Moi je les regarde comme des lésions nerveuses accidentelles, déterminant des convulsions fibrillaires de la membrane musculeuse des intestins (1). Aussi je n’ai jamais conseillé de prolonger le traitement au-delà de la durée des

(1) J’adopte la même théorie pour les douleurs de l’estomac et de la vessie, dites crampes de l'estomac, contractions anormales de la vessie. Le traitement curatif établit ma théorie, ou tout au moins ia justifie.

douleurs; lorsquelles se manifestent, je soumets le malade à la médication externe, et le calme revient comme par enchantement.

J’ai recueilli plusieurs observations de succès obtenus dans des cas analogues : elles trouveront place dans d’autres chapitres.

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