‹ Viscéralgies, douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses, maladies de la circulation lymphatique. Guérisons obtenues par la méthode curative externeChapitre 6 sur 14 · De-cli . ne me consultait que pour la forme, et, bien · texte numérisé non relu

De-cli . ne me consultait que pour la forme, et, bien

inspiré, il était d’avance décidé à mettre en usage la méthode curative externe. Je ne crus pas devoir l’en dissuader; il n’y avait aucun inconvénient à en faire l’essai. Je ne croyais pas à la guérison radicale du mal, mais j’en attendais une grande diminution des douleurs, et dans cet unique but je permis de l’employer. 31. Descli.. ..fut livré à luimême; il pratiqua seul la vaporisation et les frictions, et je n’entendis parler de lui que pour apprendre sa guérison qui fut presque complète en moins de quinze jours. Le 5 avril, il m’envoya un de ses amis qui m’assura que 31. Des-

ch . marchait fort librement, par précaution appuyé sur

une canne, et le pied chaussé d’une pantoufle. 31ais comme il restait une sorte d’engourdissement et de raideur dans

(1) Une deuxième expédition a seulement eu lieu.

l’arliculation, il désirait continuer de faire quelques applications des remèdes; sa visite n’avait d’autre but que de me prier de lui en faire parvenir.

J’ai su depuis que M. Descli . est complètement guéri.

J’ai appris ce résultat définitif par des personnes qui l’ont connu malade, et qui, par suite des bons effets qu’elles lui ont vu obtenir de l’emploi de la méthode curative externe , sont venues réclamer mes soins pour des accidcns moins graves, mais analogues à ceux dont M. Descli . s’était en¬

tièrement débarrassé sans te secours d’aucun médecin , ainsi qu’il s’en glorifiait et qu’il se plaisait à le raconter. Il est vrai que je n’ai jamais vu ce monsieur, et que tout le mérite du traitement lui appartient ; il n’y a que le garçon de laboratoire qui pourrait réclamer sa part du succès, pour la peine qu’il a prise à préparer les remèdes; pour moi, je n’ai revendiqué que le droit de constater le fait.

Madame L., mère de M. le secrétaire des c o mm an de m e n s de S. A. U. Madame Adélaïde, est atteinte depuis plusieurs années d’une affection rhumatismale nerveuse avant son siège dans la profondeur des articulations des épaules et des bras. Il existe un engourdissement douloureux habituel de ces membres, qui ne se dissipe un peu que lorsque la malade leur imprime un exercice forcé; mais la pesanteur et rengourdissement ne tardent pas à reparaître accompagnés de douleurs très vives, et qui, dans certains mouvemens, arrachent des cris.

Madame L. ne se mettait au lit qu’avec une grande répugnance ; car, dans la position horizontale, le corps appuyant même légèrement sur les épaules, les douleurs devenaient atroces et ne laissaient pas un instant de repos; elles excitaient de tels gémissemens, que les voisins en furent quelquefois éveillés. L’état de Mme L. m’inspira la plus vive compassion; elle montrait une résignation qui faisait naître la plus tendre pitié pour elle. Si quelques inslans de sommeil lui permettaient de recouvrer des forces, elle s’estimait encore heureuse ; mais à peine sa paupière était-elle fermée pendant quelques minutes, qu'une crise violente venait la rappeler à ses souffrances. Tous les remèdes imaginables internes et externes avaient été mis en usage sans succès; les caïmans, les anti-phlogistiques , les révulsifs les plus énergiques, parmi eux le moxa , n’ont aucunement modifié l’état de la malade, qui enfin est venue réclamer

mes soins. Mais, sur l’exposé des symptômes, je n’hésitai pas à déclarer que je croyais à une altération organique, contre laquelle il ne pouvait y avoir de moyens curatifs.

Mme L. m’était adressée*par une de ses amies qui lui avait assuré que je la guérirais. Je n’avais point cette espérance; cependant elle insista tant, que je me décidai à essayer quelques applications méthodiquement faites sur les régions alfectées. J’opérai la vaporisation et les frictions tous les soirs pendant une demi-heure sur chaque épaule. Le premier jour, il n’y eut aucun effet appréciable ; le second jour, la malade n’osait croire à une amélioration qui existait déjà; mais le troisième jour, la majeure partie des accident disparurent, le sommeil fut parfait pendant toute la nuit qui suivit, et Mme L. se leva animée de l’espoir d’être bientôt radicalement guérie. Ces avantages furent soutenus par deux applications successives. En tout j’en avais pratiqué cinq lorsque Mme L. me pria de suspendre mes visites, étant, disait-elle, à même de se faire continuer les soins que son état exigeait; mais ces soins lui manquèrent.

Au bout de quelques jours, quelques accidens s’étant montrés de nouveau, Mme L. me pria de lui faire une nouvelle application; ce fut la dernière; dès lors elle se contenta de l’allégement que j’avais apporté à ses souffrances, et persuadée qu’elle ne pourrait jamais guérir radicalement, elle ne voulut pas s’astreindre à un traitement prolongé. Mmc L. est venue me voir il y a quelques mois; elle est dans un- état satisfaisant, comparativement à celui où elle se trouvait lorsque je lui donnai des soins; mais elle souffre encore, et d’une manière qui serait insupportable pour toute autre qu’elle, qui s’est en quelque sorte familiarisée avec la douleur.

L’observation que je viens de rapporter, bien qu’ciie ne justifie pas d’un succès complet et durable, établit toute la puissance de la médication externe, même dans les cas audessus des ressources de fart. Sous son influence, les accidens les plus rebelles à tous les moyens thérapeutiques jusqu’alors employés cédèrent presque subitement , et les résultats obtenus par les premières applications furent si extraordinaires et si inattendus, que la malade criait déjà au miracle, et montrait une volonté de persévérer dans le traitement, qui malheureusement ne s’est pas soutenue, et à notre avis l’a privée des avantages multipliés sur lesquels elle avait droit de compter, et qu’on ne rencontre jamais en changeant sans cesse de remèdes.

En admettant, comme je l’ai fait ( voyez page 9)', qu’il peut se présenter un cas sur dix contre lequel ma méthode curative est tout à fait impuissante, et sur le même nombre trois autres cas contre lesquels elte n’a qu’un effet salutaire borné, il reste toujours établi, par l’expérience souvent renouvelée, que les malades les plus gravement atteints ont neuf chances contre une que leur état sera notablement amélioré, et six chances contre quatre qu’ils obtiendront une guérison complète. Certainement on a droit de me dire que ma méthode curative n’est pas infaillible ; aussi ne l’aije pas présentée comme telle, mais comme d’une efficacité bien au-dessus de tous les moyens thérapeutiques connus, et donnant des résultats inouis comparés à ceux déterminés par les trahemens ordinaires.

Je vais bientôt rapporter plusieurs observations de succès complets et soutenus, obtenus après une seule, deux ou trois applications au plus des remèdes externes qui constituent ma méthode curative. En existe-t-il une autre dont l’action bienfaisante puisse être mise en parallèle? Eh bien ! n’est-ce pas une heureuse thérapeutique que celle qui donne constamment de pareils résultats!

Voici comment il convient d’apprécier et de calculer les effets que l’on doit obtenir par l’emploi de ma méthode :

Son usage ne pouvant jamais être nuisible (je dis jamais, et je défie qu’on m’oppose une seule exception ), elle peut être d’abord pratiquée de manière à produire un effet qui serve de point de départ. Si après cinq ou six applications' au plus, mais convenablement faites, il ne s’est point manifesté une modification favorable, notable, il y a lieu de craindre l’existence d’une altération de tissus, toujours audessus des ressources de l’art. Cependant il serait bon alors de suspendre le traitement pendant quelque temps, et de le reprendre ensuite pour faire un nouvel essai qui pourrait être favorisé par des circonstances différentes de celles où l’on se trouvait d’abord, ces circonstances ayant pu être défavorables en raison de l’état de l’atmosphère, delà disposition particulière du sujet, de l’inhabitude ou du peu de zèle et d’intelligence des personnes préposées à soigner le malade. Enfin moi-même je me suis plusieurs fois fort bien trouvé d’avoir suspendu un traitement pour le reprendre après quelques jours ou quelques semaines écoulés.

Mais lorsqu’on obtient de prime-abord un avantage marqué, il ne faut pas interrompre ùn seul jour le traitement ; il faut, au contraire, persévérer dans son emploi, pour ac-

croître la modification déjà acquise. On n’atténue pas une lésion vitale d’un seul coup ; c’est par une succession d’effets surajoutés les uns aux autres et multipliés, que l’on arrive au but. Ne pas reculer, c’est avancer : la résistance morbide peut être forte ; la persistance thérapeutique doit lui être proportionnée, si l’on veut agir rationnellement et selon les lois rigoureuses de la physiologie.

Qui ne sait avec quelle facilité on dénature la sensibilité des tissus vivans de manière à en changer l'impressionnabilité et à les rendre pour ainsi dire invulnérables par l’action de certains agens ordinairement destructeurs. L’opium n’empoisonne ni ne porte au sommeil les Orientaux, qui le prennent avec délices, comme les Européens le café ou le thé : voilà un exemple entre mille pour les sensations internes. Mais ces jongleurs qui se sont habitués à supporter la température d’un four fortement chauffé, et à tremper leurs membres dans de l’huile bouillante ou du plomb fondu, ne sont-ils pas parvenus à modifier profondément la sensibilité de la peau, puisque, en examinant ce tissu, on n’y remarque aucune particularité d’organisation ?

Les enfansdu riche et ceux du pauvre sont identiquement organisés en venant au monde. Au bout de huit jours, ils ne sont plus impressionnables de la même manière.

L’enfant du pauvre, que l’on n’a pas pris soin de garantir contre les variations de la température, a bien vite acquis une remarquable force de résistance à leur influence; l’enfant du riche, au contraire, que l’on a immédiatement soustrait aux vicissitudes atmosphériques, ne peut déjà plus y être exposé, même accidentellement, sans danger. Cependant les deux enfans sont restés identiquement organisés, mais sont devenus différemment impressionnables par l’action d’un même agent physique dans des conditions opposées, l’air, privé ou chargé de calorique. Enfin s’il existe des maladies qui se manifestent par la perversion des sens et des goûts dépravés, n’est-ce pas la preuve que la sensibilité organique peut être modifiée profondément par des causes physiques? Cette vérité reconnue, il suffisait donc, pour combattre avec avantage les affections résultant d’un trouble nerveux, de trouver des agens modificateurs de la sensibilité en rapport avec l’effet qu’il est nécessaire de produire; et dans ce cas est-on autorisé à dire que les névroses sont au-dessus des ressources de l’art, c’est-à-dire de l’observation .et de F expérimentation ? Cette contradiction m’a frappé et m’a encouragé dans la recherche, sinon des eau-

ses, qu’il importe fort peu de reconnaître, mais des effets d’une médication curative rationnellement dirigée contre ces maladies; l’expérience a fait le reste.

A l’appui des préceptes qui viennent d’être énoncés, je vais immédiatement rapporter quelques observations de cas graves dans lesquels la méthode curative a été suivie des plus heureux succès, dus surtout à la persévérance et à la régularité qui ont été mises dans son emploi. Ces résultats, d’une haute importance, n’auraient pu être acquis si l’on avait compté sur des effets aussi prompts que ceux que l’on peut obtenir dans des affections pour ainsi dire superficielles, et qui ne nécessitent pas une profonde modification des fluides lymphatiques ou nerveux.

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