P HO T OMÊ TRIE CHR O AI A TIQ UE
121. Définition du blanc. Unités relatives pour les intensités des couleurs simples.
1°. — Définition du blanc.
Lorsque les diverses radiations sont superposées, avec certains rapports d'intensités , on obtient du blanc; il y a d’ailleurs une infinité de mélanges différents qui donnent du blanc. Le blanc est l’indice d’une composition certainement complexe, il faut donc préciser sa définition.
Par convention le blanc objectif est la lumière envoyée par le soleil .
Immédiatement une objection se présente. La lumière que nous recevons du soleil, n’est pas celle qu’il nous envoie. Nous avons lieu de croire que cette dernière est d’une composition immuable; nous savons cependant que les soirs sont rouges et les aubes pâles. Cette variation tient à l’absorption par l’atmosphère.
Le blanc objectif est par convention la lumière solaire non modifiée par l'atmosphère.
Conséquemment il faut user de cette lumière par un beau jour, au voisinage de midi (la couche traversée est moindre et les rayons sont moyennement plus éloignés du sol); il est préférable d’opérer sur une montagne, ce qui diminue considérablement la masse d’air traversée et supprime la couche la plus absorbante.
2°- — Définition de l’intensité relative d’une radiation.
Une lumière est complètement déterminée quand on donne l’intensité
de toutes les radiations qu’elle contient :
i =fW-
Il s’agit de définir l’unité d’intensité pour chaque radiation.
Par convention les intensités relatives égales pour les diverses radiations sont leurs intensités dans la constitution du blanc objectif.
Ainsi nous prenons le blanc, c’est-à-dire la lumière solaire, comme système de comparaison.
A la vérité, on peut définir l’intensité d’une radiation par l'énergie transportée en une seconde; mais on bute contre une quasi impossibilité expérimentale, lenergie transportée par les radiations de petites longueurs d’onde, même dans un faisceau intense, étant extraordinairement faibles. De plus on se trouve amené à des expériences qui n’utilisent plus les procédés de l’Optique.
3°. — Détermination pratique des unités relatives d'intensité.
Dès lors voici comment on obtient les unités pratiques d’intensité des diverses radiations. Éclairons une fente F avec du blanc objectif (lumière solaire); recevons le faisceau sur un objectif achromatique et sur un réseau : nous réalisons un spectre pur.
C'est un spectre normal , c’est-à-dire où les distances des radiations sont proportionnelles à la variation des longueurs d’onde.
Dans ce spectre déplaçons une fente <î> de largeur invariable. Nous
VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS
déterminons ainsi des faisceaux dont la longueur d’onde moyenne correspond au centre de la fente.
Par convention , les intensités de ces faisceaux sont égales.
Évidemment les faisceaux ainsi obtenus ne sont pas monochromatiques; ils le sont d’autant plus exactement que la largeur de la fente <1> est plus faible. Mais pourvu que cette largeur soit petite, le faisceau semble monochromatique; ce qui suffit pour la suite.
Élargissons la fente F (celle-ci restant toujours assez étroite pour que la pureté de spectre subsiste à la précision des expériences actuelles) : nous augmentons toutes les intensités dans le même rapport; elles restent égales par convention.
De même quand nous élargissons la fente <ï>.
Pour effectuer des mesures absolues, il faut remplacer les rayons solaires par les rayons d’une source aussi blanche que possible et dont nous puissions déterminer a priori l’intensité. L’opération est extrêmement difficile à cause des absorptions inévitables dans l’appareil disperseur.