‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 116 sur 392 · Phénomène de Purkinje · texte numérisé non relu

Phénomène de Purkinje

1 ~ Avant de comparer les pouvoirs éclairants des radiations simples cherchons si cette comparaison a un sens précis : est-il possible de dire que le bleu de telle longueur d’onde éclaire n fois moins que le rouge de telle autre longueur d’onde, les unités étant choisies comme au § 121?

v u elle que soit la définition des pouvoirs éclairants, la comparaison inconditionnée est impossible en raison du phénomène de Purkinje dont voici énoncé : V intensité de la sensation est une fonction de l’intensité lumineuse I qui dépend de la longueur d’onde X.

Si, par exemple, on double toutes les intensités, les sensations ne varient pas dans le même rapport. Nous ne pouvons pas écrire :

s = So/(I),

où /(I) est la même fonction pour toutes les radiations.

Nous avons plus généralement :

2» — Voici l’expérience fondamentale établissant la réalité du ohénoniène de Purkinje. J

Avec le photomètre à baguette décrit au § 107, fïg. 101, comparons

eux sources, l’une S, rouge, l’autre S. bleue. Ce sont, par exemple, des lampes a petrole portant des verres colorés. On les dispose, tant bien que mal, de manière que les ombres paraissent également noires : soient alors d, et d, leurs distances à l’écran. Augmentons les distances dans le même rapport : .la source rouge semble perdre de l’intensité par rapport à la bleue. Diminuons les distances dans le même rapport : la source bleue semble devenir moins intense que la source rouge.

Pour les faibles éclairements, l’œil est donc plus sensible aux bleus

qu aux rouges; pour les forts éclairements, il est plus sensible aux rouges qu’aux bleus.

Contrairement à ce qui précède, lorsque les sources ont même teinte 1 égalité des éclairements se maintient, quand on remplace les distances d, et d, par les distances W, et kd„ k élant un facteur quelconque.

3" - Conséquence de cette propriété de l’œil : tout éclairement faible Parab plus bleu qu’il n'est; tout éclairement intense paraît plus rouge

VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS

qu’il n’est. Le lecteur sera surpris d’apprendre que la lumière de la lune es/, d'après sa composition, plus rouge que celle du soleil ; l’expérience directe le prouve; d’ailleurs une lumière diffusée est toujours plus riche en radiations rouges que la lumière incidente.

Cependant la lumière de la lune parait bleue, parce qu’elle est faible.

Réciproquement, quand on veut donner l’impression d’une lumière éclatante, on la prend rouge; quand on veut donner l’impression d’une lumière faible, on la prend bleue : procédé couramment employé au théâtre. De même lorsqu’on séjourne quelque temps- dans une chambre noire éclairée par un verre rouge, on a la sensation qu’il fait dehors un beau soleil; on est déçu quand on retrouve en sortant un temps sale et gris.

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