‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 125 sur 392 · Lampe à l’huile · texte numérisé non relu

Lampe à l’huile

Dans la lampe à l’huile il faut considérer deux parties : le bec où l’huile brûle, le mécanisme qui amène l’huile.

1° — Bec.

Il se compose d’un tube annulaire T fermé à sa partie inférieure, dans lequel se trouve la mèche plongeant dans l’huile. Autour de la paroi extérieure du tube entre à frottement dur un double tube A qui supporte le verre V et permet de placer son rétrécissement plus ou moins haut par rapport à la flamme. L’espace entre les tubes A est libre, sauf aux endroits des entretoises qui maintiennent les tubes A solidaires.

La mèche est enroulée autour d'un bout de tube porte-mèche B supporté par une crémaillère G logée dans un tube t soudé à la base du tube T; on la manœuvre avec un pignon P.

Trois lames métalliques flexibles G sont fixées par leurs extrémités au tube porte-mèche. Leurs extrémités supérieures dentelées et recourbées forment des griffes. On amène le tube B au-dessus du tube T; on insère la mèche entre le tube B et les griffes; lorsque avec la crémaillère on abaisse le tube, les griffes se rapprochent et saisissent la mèche.

L’huile est amenée en excès par le tube t; elle refroidit le tube T ; une partie brûle sans carboniser la mèche; l'excès retombe extérieurement au tube T dans le réservoir inférieur, abstraction faite du peu qui revient par le tube t.

ÉCLAIRAGE

Ce système est dit à, double courant d'air , l’air arrivant librement des deux côtés dé la mèche. La combustion est activée par l'appel d’air que produit le tube de verre. L’expérience montre qu’un verre rétréci {coudé) est favorable à une bonne combustion; le rétrécissement est au niveau de la flamme : sa position est du reste réglable.

Les fils de coton dont se compose la mèche, laissent entre eux des

intervalles assez petits pour que le liquide y monte par capillarité, comme entre deux fils métalliques parallèles. Le tissu ne doit être ni trop lâche, ni trop serré. Trop lâche, il donne lieu à des espaces capillaires d’une trop grande section droite : l’huile s’élève peu et mal. Trop serré, il arrête l’huile, les espaces capillaires se trouvant interrompus par les croisements

Fig. 133.

des fils. En principe la mèche ne doit pas brûler; effectivement son usure est minime si l’alimentation est convenable. Quand elle est insuffisante, la mèche charbonne. On peut remplacer les mèches de coton par des mèches d’amiante qui ne s’usent pas.

2° — Procédés pour amener l’huile.

Je décrirai les plus importants.

a) Lampe a modérateur.

Le réservoir d’huile est un cylindre qui constitue le pied de la lampe

Physique. — H. Bouasse. a q

Dans ce cylindre se meut un piston formé d’une plaque métallique PP et d’un cuir embouti EE que la pression de l’huile applique contre le cylindre. Grâce à ce cuir, le piston sert en même temps de soupape.

Un ressort à boudin de tapissier (tel qu’on en trouve dans les sommiers ; il n’est pas représenté) pousse le piston vers le bas. On élève le piston, on monte la lampe, au moyen d’une tige à crémaillère C fixée au milieu de la plaque PP et sur laquelle on agit avec un pignon (non

représenté).

La partie vraiment curieuse de l’appareil est le modérateur.

Au piston est fixé un tube T qui entre à frottement doux dans le tube t d’alimentation (voir fig. 132); le piston chasse l’huile dans les tubes t et T, et de là sur la mèche. Si le mécanisme ne se composait que de ces deux tubes, l’alimentation serait irrégulière, parce que la hauteur à laquelle l’huile doit s’élever, augmente à mesure que le ressort se détend. Il faut donc créer une résistance supplémentaire qui diminue quand le piston s abaisse : c’est F office du modérateur.

Le modérateur est une aiguille à tricoter fixe dans l’axe du tube t et qui ne laisse qu’un étroit passage à l’huile dans la partie du tube T qu’elle occupe. Mais précisément la longueur de cette partie diminue quand le piston s’abaisse. Par tâtonnement on donne au modérateur un diamètre et une longueur telles que l’alimentation soit régulière.

Pour monter la lampe, on agit sur le pignon. On soulève le pisfôn ce qui bande le ressort; l’huile écarte le cuir embouti et passe sous le piston. Quand on abandonne le pignon, la pression de l’huile rend étanche la fermeture de l’espace qui se trouve sous le piston.

b) Lampe Garcel.

On ne l’utilise plus dans l’éclairage; elle n’en reste pas moins classique par son importance historique et son rôle en photomélrie (c’est pour cela qu’on ne la décrit jamais).

La figure 134 représente schématiquement le mécanisme.

Un mouvement d’horlogerie (c’est-à-dire un train d’engrenages mû par un large ressort spiral et réglé par une roue à ailettes) fait tourner un arbre coudé AB qui impose à une bielle BGun mouvement alternatif. La bielle est articulée sur un levier DC normal à un arbre DE qui par suite est animé d’un mouvement alternatif de rotation. L’arbre passe à frottement doux dans un tube soudé normalement dans la paroi inférieure 1K du réservoir à huile.

En définitive le mouvement d’horlogerie placé dans l’air entretient

ECLAIRAGE

au sein de V huile le mouvement alternatif de rotation d’un arbre DE. Un levier EF, fixé normalement sur cet arbre, est articulé à l’extré¬

mité de la tige GH du piston d représente schématiquement.

Cette pompe immergée dans l'huile est aspirante, foulante et à double effet. Elle prend l'huile dans le réservoir R et la refoule dans le tube d’alimentation t. Le piston, de 6 millimètres de diamètre, a enviroii 6 millimètres de course; il accomplit une période en 7 secondes environ. Les soupapes très légères sont maintenues par des ressorts filiformes.

Le. piston envoie donc dans le

’une petite pompe que la figure 135

tube d’alimentation environ 0cm,34 d’huile toutes les 7 secondes, soit un débit de 174 centimètres cubes à l’heure.

Comme la lampe normale Carcel doit brûler 42 grammes à l’heure d’huile de colza, soit environ 46 centimètres cubes (la densité de l’huile de colza est 0,913), il y a grand excès d’alimentation; d’où refroidissement du tube et combustion de l’huile avec mèche à blanc.

L’excès d’huile retombe dans le réservoir R,

c) Lampe Gagneau.

La pompe Carcel est d’une construction délicate; on a cherché à en simplifier la construction (fig. 130).

Dans la lampe Gagneau, les corps de. pompe et les pistons sont remplacés par deux tambours TT de fer blanc, dont les fonds flexibles sont en taffetas gommé ou caoutchouté. Les soupapes S et s sont des petits morceaux de taffetas. La pompe fonctionne grâce au mouvement oscillatone du balancier R obtenu par la rotation d une roue dentée formant came, sur le pourtour de laquelle repose le nez N.

Pour rendre régulier l’écoulement de l’huile en A est un matelas d’air comme dans les pompes à incendie.

VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS

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