Dénomination des couleurs
1° — Le blanc objectif est la lumière qui nous vient du soleil, lumière supposée non modifiée par le passage à travers notre atmosphère. Nous avons toutes sortes de raisons de croire que sa composition est invariable : les quantités d'énergie transportées par les diverses radiations sont dans des rapports toujours les mêmes.
Le blanc subjectif est la sensation produite sur l'œil par le blanc objectif. Nous verrons qu’il est assez mal défini : du reste il peut résulter d’une infinité de lumières n’ayant pas la composition du blanc objectif.
Le gris objectif esi du blanc objectif dont on diminue l'intensité; il a pour limite le noir qui est l’absence des radiations visibles.
Le gris subjectif est la sensation de blanc dont on diminue l’intensité. ^
2° — Pour dénommer les matières colorées, on suppose qu elles sont éclairées par du blanc objectif, c’est-à-dire par la lumière solaire, soit directe, soit diffusée par les nuages. L’expérience vulgaire montre en effet que les matières colorées changent de couleur quand on modifie l’éclairage. La lumière qu’elles diffusent, n’a évidemment plus la composition de la lumière blanche objective éclairante; de plus elle n’est jamais simple.
VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS
La sensation de blanc est fournie par une foule de mélanges différents ; il ne suffit donc pas, pour dénommer correctement une couleur, de 1 éclairer par une lumière donnant la sensation du blanc : il faut que l’éclairage soit du blanc objectif.
Les substances blanches sont celles qui diffusent une lumière donnant la sensation de blanc. Mais c’est un fait d’expérience que les matières blanches usuelles émettent une lumière qui a la composition même du blanc objectif : autrement dit, elles diffusent toutes les radiations dans le même rapport. D’où résulte que ces matières ont toujours la même couleur que le faisceau de composition quelconque qui les éclaire.
Les matières noires sont celles dont le pouvoir diffusant est quasi nul; il est rare qu’il soit rigoureusement nul. Les noirs rouges,... bleus, violets, sont des matières extrêmement peu diffusantes, mais diffusant un léger excès de rouge,... de bleu, de violet, quand on les éclaire par du blanc objectif.
On obtient une surface à peu près rigoureusement noire en la recouvrant du noir de fumée, à la condition de ne pas fixer avec du vernis ou de la gomme (§ 154); le fixatif rend toujours la surface plus ou moins brillante.