Irradiation photographique
1° — L’expérience montre que si l’on photographie des objets très lumineux , la plaque sensible donne leurs images agrandies.
Il y a empiétement des clairs sur les noirs. Le fait n’est pas contestable, seule l’explication du fait est matière à discussion.
L’expérience consiste à photographier deux bandes lumineuses parallèles, uniformément éclairées, séparées par une bande obscure. Sur le cliché, les images correctes devraient avoir les largeurs / et l ; la largeur de la bande devrait être e. On trouve au contraire des largeurs /- (-2),, /’ + 2X, e — 2X, l’accroissement de largeur des images lumineuses amène en effet une diminution égale de la bande qui les sépare.
On trouve que, pour de grandes intensités, X est de l’ordre du dixième de millimètre; X croît régulièrement avec l’intensité, avec le temps de pose, avec la sensibilité de la plaque.
Ces résultats pourraient être la conséquence d’un cheminement de l’action chimique, d’une irradiation proprement dite. Mais une autre explication, sinon de la totalité, au moins d’une partie du phénomène est imposée par le fait que l’ouverture de l’objectif influe notablement sur sa grandeur : X croît quand on diminue l’ouverture de l’objectif; conséquemment la diffraction intervient. L’accroissement de l’image tient à ce qu’elle n’est pas géométriquement correcte. Alors même que les aberrations seraient corrigées autant qu’il est possible, la diffraction borde l’image de franges; dans l’ombre géométrique la lumière est encore assez intense pour impressionner la plaque. Corrélativement l’intensité commence à décroître dans la partie géométrique de l’image : pour de très petites intensités on trouve effectivement que X est négatif.
Il est donc certain que la majeure partie de ce qu’on appelle irradiation est due à l’imperfection des images.
2° — Faut-il conclure de là que l’irradiation proprement dite n’existe pas? Ce serait résoudre trop vite un problème singulièrement complexe.
Nous savons que la matière sensible se présente sous forme de grains dont les dimensions peuvent atteindre 40 microns. Même en posant que
l’action ne se transmet jamais d'un grain à l’autre, il est difficile de •soutenir que la réduction commencée au bout d’un grain ne chemine pas jusqu’à l’autre bout. Alors même que l’irradiation ne s’étendrait qu’aux points d’un grain, elle serait largement suffisante pour rendre illusoire la précision qu’on prétend obtenir dans l’étude des clichés dormant la carte du ciel.
3° — Mais un troisième phénomène se superpose aux précédents. La préparation sensible joue le rôle de source secondaire par diffusion où réflexion. Alors même qu’on n’admettrait pas le cheminement de l'action chimique, force est bien d’admettre la diffusion de sa cause, •c'est-à-dire la dissémination de la lumière parles points de l’émulsion directement éclairés.
Plaçons au contact parfait de l’émulsion un réseau de traits noirs et transparents tels que ceux employés pour la similigravure (§ 400).
Un objectif photographique projette sur la couche sensible l’image -d’un trou uniformément éclairé; on peut de cette manière réaliser sur la même couche un certain nombre de clichés, et faire varier de l'un à l’autre soit l’éclairement en diaphragmant l’objectif, soit le temps de pose. On trouve que les traits noirs du cliché sont de plus en plus larges, à mesure que croissent l’intensité ou le temps de pose.
Ici l’on ne peut plus incriminer l’imperfection des images, puisque l'image est produite par contact.
L’élargissement (qui est de l’ordre de quelques centièmes de millimètre) croît proportionnellement au logarithme de l’intensité, comme il résulte de l’hypothèse d’une absorption exponentielle.
A partir des sources secondaires, l’éclairement latéral est de la forme ;
I = I0e-r/*, logl0 — log I — acc,
'OÙ x mesure la distance à une certaine origine, parallèlement à la •couche et normalement aux traits noirs.
L’intensité I devant dépasser un certain minimum pour que la décomposition ait lieu, l’intensité I0 et l’élargissement x sont liés par l'équa- ■tion : aæ = logl0 — A.