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Sensitomètre. Photomètres à papier

1 0 — Le lecteur est maintenant à même de comprendre l’incorrection foncière de la très grande majorité des photomètres basés sur les actions pbotochimiques.

Les seuls qui puissent avoir quelque valeur scientifique se bornent à dire si deux intensités sont égales; ils appliquent des variantes de la méthode du § 361. On peut évidemment remplacer la pile thermo-électrique par un des photomètres décrits au § 114; mais on fait intervenir les propriétés de l’œil : la précision est moindre. Quant à déterminer directement l’intensité lumineuse par la valeur du noir obtenu après un temps de pose connu, c’est une entreprise chimérique dans l'état actuel de la fabrication des plaques sensibles.

Dans mon Cours d' Astronomie, je parlerai de la p-hoto métrie stellaire et des efforts tentés pour y employer les plaques photographiques, efforts vains autant qu’on peut en juger par la discordance des résultats.

Je dirai seulement quelques mots des sensitomètres et photomètres ci papier , parce qu’ils sont encore très employés et fixeront les idées du lecteur.

2° — Sensitomètre.

Voici le principe de la méthode.

Disposons contre une plaque photographique un coin prismatique de verre fumé, de couleur neutre, d’angle petit; son pouvoir absorbant croît de l’arête à la base. Eclairons avec une bougie placée à un mètre ou une lampe carcel placée à quelques mètres : nous réalisons sur la face d’incidence du prisme un éclairement connu en valeur absolue, et à l’émergence du prisme des éclairements E qu’on peut supposer également connus, si la lame est étalonnée.

Posons un temps connu t\ développons. Déterminons jusqu’à quelle distance de l’arête le noircissement delà plaque est appréciable.

Pour augmenter la facilité de cette constatation, supposons la face

LOIS DES ACTIONS P IIO TOCHIMIQ UES

d’émergence du prisme quadrillée de traits opaques; déterminons jusqu’où le quadrillage devient visible sur la plaque insolée et développée. Il est clair que nous pouvons classer les plaques d’après le résultat obtenu : reste à savoir si cette classification correspond à quoi que ce soit d’absolu.

Dans notre expérience, nous disposons de deux variables : l’éclairement E, le temps de pose t. Si le noircissement ne dépendait que du produit E/, si de plus il était la même fonction de ce produit pour toutes les plaques, la méthode aurait un sens. Elle n’en a pas, parce que le noircissement est une fonction de E et de t , fonction qui varie d’une plaque à l’autre; de sorte qu’en modifiant soit l’éclairement, soit le temps de pose, nous faisons généralement varier l’ordre dans lequel se rangent les sensibilités des plaques.

En Astronomie nous retrouverons cette méthode du coin employée pour la détermination des grandeurs des étoiles. On détermine à partir de quelle épaisseur l’étoile devient invisible. Nous verrons comment la méthode est perfectionnée.

3° — Photomètres a papier.

Le photomètre à papier répond à de moindres ambitions; nous l'avons utilisé au § 318. Il s’agit simplement de déterminer quelle est approximativement la valeur actinique actuelle de la lumière qui sert à obtenir une épreuve au charbon, par exemple. On utilise cette lumière pour noircir du papier sensible dont on compare le noir à des noirs types, imprimés sur une bande de papier. A la condition de se servir toujours du même papier pour le photomètre, on peut évidemment tirer de précieux renseignements delà rapidité avec laquelle il noircit. On raccorde par l’expérience les effets sur le papier du photomètre et les effets sur le papier mixtionné. Il n’est plus question de mesures absolues; l’expérience est parfaitement raisonnable.

Le lecteur m’en voudrait de lui décrire les photomètres à papier qu’on trouve dans le commerce; il en construira lui-même d’aussi bons.

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