Musique
La musique est gravée sur des planches d’étain de 2 à 3 mm. d’épaisseur, planées et polies. L’çuvrier fait d’abord son plan et détermine le nombre de lignes et le nombre des mesures qu’il veut mettre par ligne. Il grave les portées avec une sorte de couteau à cinq lames. La plupart des signes musicaux sont obtenus au moyen de poinçons gravés, enfoncés à coups de marteau dans la planche posée sur une plaque dure. Seules les queues des notes, les pauses,... se gravent après coup avec un espèce de burin appelé échoppe.
Pour corriger les erreurs commises, on est obligé de repousser le métal par derrière, ce qui bouche le trou; d’où la nécessité de déterminer au dos avec un compas à branches courbes la place qu’occupe la fausse note.
Anciennement le travail se faisait sur cuivre.
On emploie parfois le zinc.
REPRODUCTION ET IMPRESSION EN CREUX 471
Bien que la musique soit gravée en creux, on ne la tire pas sur les presses en taille-douce. On effectue un report sur pierre (§406) et on tire avec des presses lithographiques.
? 0n compose et on imprime aussi la musique typographiquement, c est-à-dire avec des caractères mobiles; chacun d’eux constitue une fraction de portée avec les notes. La casse de musique est extrêmement compliquée, aussi le procède typographique n’est-il guère employé.
Photogravure en creux.
Nous allons passer en revue les divers procédés photographiques qui pei mettent d obtenir automatiquement la réserve , c’est-à-dire de recou- \iii cei taines parties de la plaque a graver (métallique ou vitreuse) d une substance qui la protège contre l’action des mordants.
381. Procédé au bitume de Judée (héliogravure de Nicéphore Niepce).
^ méthode est basee sur la modification par la lumière du
bitume de Judee , substance qu on trouve dans le sol au voisinage de la
mer Morte. Les autres bitumes (de-la Trinité, du Pérou) sont moins sensibles.
Le bitume de Judée est noir, à cassure brillante, très friable. Il est soluble dans 1 essenee de terebenthine, la benzine, le chloroforme. Expose en couche mince à la lumière , il devient insoluble dans l'essence de terebenthine : cette propriété est la cause de son emploi. Sur la gélatine et 1 albumine bichromatées, il a l’avantage de résister aux acides : mais il a le désavantage d’être beaucoup moins sensible à la lumière. Ces deux faits expliquent une série de procédés que nous verrons.
En particulier, il est impossible d’utiliser des couches épaisses de bitume sans rendre excessive la durée d’exposition.
Par dissolution fractionnée on sépare du bitume une portion plus sensible à la lumière; mais les résultats n’ont pas grand intérêt pratique. Le bitume vulcanisé est également plus sensible.
Poui protéger les métaux, on utilise souvent comme vernis la solution de bitume dans la benzine ou l’essence de térébenthine.
~° — Héliogravure au trait.
Au bain-marie à 50°, on dissout 5 grammes de bitume dans 100 centimètres cubes de benzine; on filtre. On ajoute 3 grammes d’essence de cition. Le mélange se conserve dans un flacon rouge bien bouché. ^
Poui s en servir, on 1 étend comme du collodion sur la plaque de zinc, de cuivre ou du corps quelconque qu il s’agit de graver.
On fait sécher dans l'obscurité.
On insole sous un dessin à l’encre de Chine ou sous un cliché positif, au trait. Partout où passe la lumière, le bitume devient insoluble dans
1 essence de térébenthine ; là où elle ne passe pas, le bitume reste soluble.
Après une exposition suffisante (de l’ordre d’une heure), on plonge la plaque dans l’essence, on agite : le métal est mis à nu dans les parties qui étaient protégées par le dessin. Il ne reste plus qu’à faire agir sur les parties dégarnies un mordant quelconque.
On obtient ainsi l’équivalent d’une planche gravée qu’on tire en tailledouce. C’est, en définitive, le procédé de l’eau-forte où la lumière se charge d’enlever par endroits la couche protectrice de vernis.
Au lieu d’utiliser un acide, on peut employer la galvanoplastie, en prenant la plaque pour anode et comme bain une solution de sulfate de cuivre : le cuivre est attaqué et la plaque creusée.
382. Décoration photographique de substances diverses (Héliographie).
La méthode précédente se prête à d’innombrables applications.
1° — Décoration de surfaces métalliques.
Supposons la plaque recouverte d’une couche de bitume, insolée et développée à l’essence de térébenthine. Il s’agit de conserverie dessin.
Si la plaque est en cuivre, on peut passer dessus un tampon de coton imbibé d’un sel de platine : il attaque le cuivre mis à nu sous les traits du dessin et le noircit. On dissout dans la benzine le bitume (insoluble dans l’essence) qui servait de réserve ; le dessin apparaît en noir sur fond rouge de cûivre.
Si la plaque est en argent, on peut l’exposer aux vapeurs d’iode. Après dissolution du bitume, le dessin apparaît en noir sur fond blanc d’argent; l’iodure blanc est en effet attaqué parla lumière et vire au noir.
2° — Emploi des couleurs d’aniline.
L’ivoire, la nacre, le celluloïd fixent énergiquement les couleurs d’aniline en solution aqueuse ou alcoolique, à froid ou à une température peu élevée. On utilise par exemple l’éosine, la fuchsine (rouge), la safranine (jaune), la cyanine, les bleus B (bleu), le violet de méthvlaniline.
Ceci posé, recouvrons la plaque à décorer d’une couche de bitume; insolons; développons à l’essence de térébenthine. Lavons, séchons. II ne reste plus qu’à passer avec un pinceau la couleur d’aniline sur les parties découvertes, à laisser sécher et dissoudre dans la benzine le fond de bitume.